vendredi 31 mai 2019

Paris : Arènes de Lutèce, vestiges gallo-romains à Paris - Vème



Les Arènes de Lutèce, vaste lieu de spectacle en plein air, ouvrage mixte, scène et arènes, ont été pensées dès l’origine pour accueillir à la fois des représentations de théâtre, de danse et des jeux du cirque, chasses, combats de gladiateurs, d’animaux. L’amphithéâtre, édifié entre le Ier et le IIème siècle sur le flanc de la future Montagne Sainte Geneviève, a longtemps été considéré comme définitivement perdu. Dès le IIIème siècle, son souvenir peu à peu s’étiole alors que le site est absorbé par le temps. Néanmoins, la mémoire de cette construction gallo-romaine perdure dans la tradition géographique jusqu’au Moyen-âge où il est fait mention dans un document officiel d’un clos des arènes. Avec le nivellement des sols, l’érosion des structures et les pierres enlevées pour servir à d’autres constructions, notamment l’enceinte Philippe-Auguste, l’idée de l’emplacement se fait de moins en moins précis jusqu’à sombrer tout à fait dans l’oubli. En 1869, à l’occasion des travaux d’aménagement de la rue Monge percée en 1860, la mise à jour de vestiges de la partie nord des Arènes de Lutèce sonne comme une redécouverte inespérée. Cependant, il faudra la ferme intervention de la Commission du Vieux Paris, intervention menée par Victor Hugo et Victor Duruy, pour qu’elles soient classées au titre des monuments historiques par arrêté du 31 mars 1884. Aujourd’hui, elles sont avec les thermes de Cluny, le dernier témoignage émouvant de la période gallo-romaine à Paris.

jeudi 30 mai 2019

Music : Little Simz - Offence



Me again
Allow me to pick up where I left off
The biggest phenomenon and I’m Picasso with the pen
Niggas always talk shit until I hit them with the realness
Figured I should say some' but you don't wanna hear me vent

mercredi 29 mai 2019

Paris : Fontaine Jussieu, la Bouche de la Vérité, une fontaine-sculpture signée Guy Lartigue - Vème



La Bouche de la Vérité, une fontaine-sculpture imaginée par l’artiste Guy Lartigue a été inaugurée en 1994 place Jussieu à l’entrée principale du campus universitaire. Au centre d’un large bassin circulaire, un disque en granit clair est percé d’un trou. L’eau est censée le traverser d’une gerbe jaillissant à la base du bloc. Il semble que le débit soit actuellement un peu faible pour mener à bien le projet. La démarche de Guy Lartigue s’inscrit dans un désir de dynamiser l’espace. Il joue sur les propriétés des matériaux, lumière du métal, chaleur du cuivre, réflexion de inox, matité du granit afin de composer avec l’architecture.

lundi 27 mai 2019

Lundi Librairie : La personne de confiance - Didier Van Cauwelaert



La personne de confiance - Didier Van Cauwelaert : Maximilien Médard, vingt-trois ans, enfant de la Ddass découvert bébé dans un local à poubelle, a grandi en Seine-Saint-Denis. Il y menait une existence modeste jusqu’au jour de sa rencontre improbable avec Madeleine Larmor Pleuben, richissime vieille dame dont il est devenu contre toute attente la personne de confiance. En garde à vue à la suite de la disparition inquiétante de celle qui est surnommée Mamie Larmor, il est interrogé par la police et revient sur les circonstances qui ont fait se croiser deux personnes aussi différentes. Un jour, Max, conducteur du camion-grue de la fourrière, enlève une Rolls Phantom garée sur un emplacement livraison avant de réaliser qu’une passagère se trouve sur la banquette arrière. Il s’agit de Madeleine Larmor-Pleuben, fondatrice des biscuiteries Larmor, égérie dont le portrait orne tous les paquets de gâteaux, grande résistante décorée de la Croix de Guerre par le général de Gaulle, femme d’affaires respectée, personne âgée diagnostiquée Alzheimer. Boulette. Max risque d’être renvoyé pour cette faute professionnelle. D’autant que la vieille dame qui a tourné de l’œil semble faire une attaque. Il décide de la conduire aux urgences de l’hôpital de le plus proche. En pleine confusion mentale, Madeleine le prend pour son grand amour, Victor, échappé des griffes de la Gestapo en 1944. A la recherche d’une carte vitale, Max découvre l’existence d’un neveu peu scrupuleux qui convoite l’héritage et tente de prendre le contrôle de la société de sa tante tout en planifiant une prochaine euthanasie. Pour sortir de cette situation, il demande l’aide de Samira, sa voisine étudiante en pharmacie, catcheuse amatrice, dont il est secrètement amoureux. 

samedi 25 mai 2019

Paris : Statue de Mihai Eminescu, poète roumain célébré par le sculpteur Ion Vlad, son compatriote - Vème



Hommage au poète roumain Mihai Eminescu (1850-1889), une statue de bronze dresse sa silhouette singulière à l’angle des rues Jean-de-Beauvais et des Ecoles. Oeuvre post-moderniste du sculpteur Ion Vlad (1900-1992), artiste roumain naturalisé français, sa création a été initiée par l’Eglise orthodoxe roumaine de Paris (église orthodoxe des Saints Archange) voisine et la Ligue culturelle roumaine. Ce bronze patiné réalisé à la Fonderia artistica Versiliese Pietrasanta, prestigieuse fonderie d’art italienne, a été inaugurée à Paris le 15 juin 2009 à l’occasion du centenaire de la mort du poète. Il représente Mihai Eminescu dans une pose lyrique, visage expressif tourné vers le ciel et l’inspiration, livres sous un bras, pieds nus symbolisant son humilité. Eléments plus inhabituels, son vêtement évoque une armure fracturée ou les lambeaux de la pauvreté, de la bohème, tandis qu’une corde ceint sa taille. Les deux longues branches qui encadrent la sculpture renvoient à l’idée de nature, motif récurrent de l’oeuvre de Mihai Eminescu.

vendredi 24 mai 2019

Théâtre : Kean, d'Alexandre Dumas - Adaptation Jean-Paul Sartre - Mise en scène Alain Sachs - Avec Alexis Desseaux, Sophie Bouilloux - Théâtre de l'Oeuvre



A Londres au XIXème siècle, Kean brûle les planches, adulé par les foules, accueilli au sein de la plus haute société. Cabotin mondain, libertin excessif, il est le camarade de débauche du prince de Galles. Il passe ses nuits à offenser les bonnes mœurs, creusant toujours plus ses dettes. Entre l’homme et l’artiste, parfois Kean se perd et ne sait plus trop où finit le jeu, où s’arrête le personnage. Charismatique séducteur qui se laisse parfois rattraper par la tendresse, les femmes se jettent à son cou. Mais c’est la très sage comtesse Elena, épouse de l’ambassadeur du Danemark, qui attire son attention. Anna Damby, piquante ingénue, rêve de devenir comédienne. Elle supplie Kean de devenir son mentor. Sous les apparences d’une vie dissolue le comédien, en proie à ses démons, est tenaillé par le doute, miné par des failles sensibles. Un soir lors d’une représentation d’Othello, sur scène, il perd le contrôle, une histoire de coeur, et provoque un scandale, véritable suicide social.

jeudi 23 mai 2019

Music : Koffee - Burning



Come wid di fyah di city burning
Now mi jus a tun it up higher and keep it burning
It a bun like a tire mi have a burning sound
And if wi try fi retire mi leave dem yearning
Nuttn cyaah out my flame, no it cyaah quench, cyaah cool, cyaah tame
Since the devil nuh like it, him say fi turn it down
So mi jus give him the fyah and mek it burn him

mercredi 22 mai 2019

Paris : Vertebrata, une oeuvre de Quentin Garel, curieux vestiges d'un cétacé imaginaire - Jardin des Plantes - Vème



Vertebrata, oeuvre en fonte de fer, imaginée en 2016 par l’artiste français Quentin Garel figure une vertèbre de baleine aux mensurations hors normes. Installée sur l’esplanade du Muséum national d’Histoire naturelle à l’occasion de l’exposition organisée en 2016 sous le titre le Magicien d’os, cette sculpture semble établie de manière plus pérenne. Le plasticien s’est penché sur l’idée de confrontation et de dialogue entre ses propres projections fantasmatiques, bestiaire onirique surdimensionné et la réalité des squelettes de l’institut eux aussi monumentaux. Cet ensemble d’œuvres suggère un croisement interdisciplinaire et lance des passerelles entre art et science. La mise en scène au cœur même du Muséum met en exergue la recherche plastique d’une corrélation, d’une évidence.

mardi 21 mai 2019

Cinéma : The Dead don't die, de Jim Jarmusch - Avec Bill Murray, Adam Driver, Tilda Swinton, Chloë Sevigny



L’humanité toujours en quête d’énergie fossile a lancé des opérations de forage à la recherche de gaz de schiste sur les pôles. Ce qui a désaxé la planète. Les scientifiques s’inquiètent. A Centerville, 738 habitants, bourgade américaine à la frontière de la Pennsylvanie et l’Ohio, les phénomènes étranges se multiplient. Il fait grand jour à 23h, la nuit tombe en plein milieu de la journée. Les animaux adoptent des comportements insolites. C’est alors que les morts s’échappent de leurs tombes. Les revenants pas aimables obsédés par leurs passions d’antan, le café, le wifi, les bonbons, le Chardonnay, envahissent la ville pour dévorer les vivants. Cliff Robertson, chef de la police flegmatique et son adjoint Ronnie Peterson tout aussi placide, tentent de remédier à cette invasion.

lundi 20 mai 2019

Lundi Librairie : Héloïse, ouille ! - Jean Teulé



Héloïse, ouille ! - Jean Teulé : En 1113, Pierre Abélard, philosophe et théologien dont la renommée s’étend dans toute la chrétienté, est mandé par le chanoine Fulbert pour devenir le précepteur de sa nièce Héloïse. La jeune femme, belle, lettrée, sensuelle et son célèbre professeur se prennent de passion aussi bien intellectuelle que physique. Lorsque Fulbert découvre le pot aux roses, Héloïse est enceinte. Abélard l’épouse aussitôt mais en secret et décide pour la protéger de son oncle de la cacher dans un couvent. Fulbert croit à une répudiation. En guise de représailles, il envoie trois sbires émasculer Abélard. Meurtri dans sa chair, ne pouvant plus enseigner à la suite de sa mutilation, ce dernier décide pour préserver son honneur d’entrer dans les ordres après avoir convaincu Héloïse de prendre elle-même le voile. Après des décennies sans contact, les lettres échangées à la fin de leur vie vont devenir un monument de la littérature amoureuse. 

samedi 18 mai 2019

Paris : Hommage à Saint-John Perse, une oeuvre signée Patrice Alexandre - Jardin des Plantes - Vème



Hommage à Saint-John Perse, l’une des rares oeuvres d’art contemporain présente au Jardin des Plantes, célèbre l’idée de processus créatif littéraire. En 1985, le sculpteur Patrice Alexandre reçoit commande de la part du ministère de la Culture. Il s’agit d’honorer la mémoire de Saint-John Perse, pseudonyme d’Alexis Léger (1887-1975), poète, écrivain et diplomate français, prix Nobel de littérature en 1960. Il imagine trois plaques de bronze patiné, gravées de trois versions différentes du poème Nocturne, une oeuvre aux accents testamentaires datant de 1973, qui convoquent par la reproduction monumentale de l’écriture manuscrites de l’auteur, le cheminement cognitif de la création. Ratures, annotations, brouillons jusqu’au texte final tapuscrit se déploient sur 2,7 mètres de haut et 1,26 mètres de large. Cette pièce appartenant aux collections du Centre national des arts plastiques a été exécutée en 1989 dans les ateliers de la fonderie d’art milanaise Mapelli. A première vue, la sculpture se compose de monolithes plantés dans le sol, tablettes gravées qui ne sont pas sans rappeler la pierre de Rosette. En regardant de plus près, le motif de la feuille d’arbre s’impose tandis qu’au verso de l’oeuvre se dévoile un curieux réseau de nervures.

vendredi 17 mai 2019

Théâtre : Les élucubrations d'un homme soudain frappé par la grâce - De et avec Edouard Baer - Théâtre Antoine



Il arrive de l’extérieur, manteau encore sur le dos, traverse l’orchestre du théâtre Antoine et monte sur scène. Ce comédien jouait dans le théâtre d’à côté et soudain, manque d’assurance, vague d’angoisse, regard agressif d’un spectateur, il a été pris de panique.  En fuite, il a trouvé refuge ici. Il est accueilli sur le plateau par le régisseur d’une pièce intitulé Dernier bar avant la fin du monde. C’est dans le décor de cet autre spectacle que le cabotin mélancolique, charmeur truculent, amuseur doué et artiste sensible se rêve autre. Il convoque ses idoles, écrivains, musiciens, acteurs, Boris Vian, Georges Brassens, Thomas Bernhardt, Casanova, Charles Bukowski, Romain Gary, Jean Rochefort, Jean-Louis Trintignant, Jean-Pierre Marielle. Il interroge le sens de la vie et les paradoxes du métier de comédien, questionne le libre-arbitre et ses propres choix, évoque des souvenirs d’enfance.

mercredi 15 mai 2019

Paris : Fontaine Cuvier, hommage à la Science, bestiaire fantaisiste - Vème



La Fontaine Cuvier,  monumentale a été érigée entre 1840 et 1846 en hommage à Georges Cuvier (1769-1832), naturaliste, professeur d’anatomie comparée au Muséum d’histoire naturelle, père fondateur de la paléontologie. Et un sale type. Il fait partie des scientifiques qui ont soutenu les théories anatomistes racistes développées à cette époque. Fasciné par le cas de Saartjie Baartman, la Vénus Hottentote, esclave sud-africaine montrée dans des zoos humains à travers toute l’Europe, Cuvier a joué un rôle sordide lors du décès de celle-ci. Autopsie, moulages, prélèvement d’organes, reconstitution de son squelette dans le but de l’exposer, la dépouille objectivée de cette malheureuse victime, devenue pièce des collections du Muséum d’histoire naturelle, ne sera rendue à l’Afrique du Sud afin d’être décemment inhumée qu’en 2002. Ambitieux opportuniste politique, arriviste de la pire espèce, Cuvier a ralenti, du fait de sa mainmise sur le système universitaire, la diffusion en France des théories transformistes qui mèneront à la théorie de l’évolution. Etait-ce absolument nécessaire de conserver un monument en son honneur ?

mardi 14 mai 2019

Cinéma : Swing Time in Limousin, un documentaire de Dilip et Dominique Varma



En 1938, Jean-Marie Masse, dix-sept ans et originaire de Limoges, découvre le jazz, musique à laquelle il va dédier sa vie. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, les musiciens noirs américains trouvent en France, une terre d’adoption loin de la ségrégation et du racisme institutionnalisé des Etats-Unis. En 1948, Jean-Marie devenu peintre puis batteur organise le premier concert d’un grand nom du jazz, Rex Stewart, à Limoges. Il fonde la même année le Hot Club de la ville qui deviendra sous son impulsion un improbable bastion du jazz. Durant cinquante ans plus de mille artistes vont se succéder sur la scène du club, les plus grands de passage en France feront tous ce détour improbable dans le Limousin, Bill Coleman, Buck Clayton, Rex Stewart, Memphis Slim, Lionel Hampton, Illinois Jacquet, Rose Murphy, Liz McComb…

lundi 13 mai 2019

Lundi Librairie : Crépuscule Ville - Lolita Pille



Crépuscule Ville - Lolita Pille : Dans une ville sous bulle, privée de lumière naturelle par une pollution sans remède, l’hyperdémocratie promet à tous le bonheur. Fondée par les dirigeants de douze multinationales toutes puissantes, Clair-Monde, cité idéale, est accessible à ceux qui possèdent sous la peau un implant bancaire. Le Ministère de l’apparence garantit beauté et jeunesse éternelle. Claire-News unique chaîne d’information dont toute nouvelle négative est écartée préserve les citoyens de la souffrance et de l’angoisse. Des psychotropes divers et variés sont en vente libre car les citoyens ont le droit de « soigner leurs blessures morales » comme bon leur semble. L’injonction à consommer toujours plus est soutenue par la satisfaction des moindres désirs matériels. Le Traceur, appareil de mise en relation permet entre autres de trouver son âme sœur, de bénéficier d’une surveillance redoutable et de se libérer l’esprit en pratiquant obligatoirement la confession dix minutes par jour. 

samedi 11 mai 2019

Théâtre : Opening Night, d'après John Cassavetes - Mise en scène Cyril Teste - Avec Isabelle Adjani, Frédéric Pierrot, Morgan Lloyd Sicard - Théâtre des Bouffes du Nord



Un soir à la sortie du théâtre, la grande actrice Myrtle Gordon croise Nancy, une jeune fille de dix-sept ans qui lui voue une admiration sans borne. Elle est venue lui demander un autographe. Elle lui rappelle ses débuts. Mais juste après cette rencontre, Nancy est percutée par une voiture et meurt. Bouleversée, Myrtle ne peut se détacher de son souvenir. Alors que les répétitions de la nouvelle pièce dans laquelle elle doit jouer se poursuivent, elle peine à trouver un sens à son personnage. Submergée par les angoisses, la comédienne interroge ses choix, celui de privilégier sa carrière à sa vie personnelle, de ne pas avoir eu d’enfants. Et puis il y a la peur terrible du temps qui passe, celle de ne plus être désirée. Quand elle boit, le fantôme de Nancy lui rend visite. Myrtle dérive. Son partenaire de jeu, comédien sérieux mais complexé vis à vis de son statut de star, fait ce qu’il peut pour l’aider. Le jeune metteur en scène, exigeant, fasciné, la porte à bout de bras mais n’hésite pas à la bousculer afin d’obtenir plus d’elle.

jeudi 9 mai 2019

Music : Durand Jones & The Indications - Morning in America



It's still in San Diego
You can hear a baby cryin'
As the trains in New York City
Roll thunder down the line

mercredi 8 mai 2019

Paris : L'arbre bleu ou L'arbre des rues, une fresque de Pierre Alechinsky, un poème d'Yves Bonnefoy - Vème



L’arbre bleu ou L'arbre des rues de Pierre Alechinsky dresse sa longue silhouette céruléenne à l’angle des rues Descartes et Clovis, dans le quartier de la Sorbonne, derrière le Panthéon. Réalisée à l’occasion du projet Murs de l’an 2000, cette fresque célèbre la puissance de l’imaginaire et la sérénité d’une nature de plus en plus rare en ville. Au sommet de la montagne Saint-Geneviève, l’arbre d’un azur saturé trouve sous le pinceau de l’artiste belge une dimension onirique qui enchante le paysage urbain. Comme peint par un calligraphe dans l’élan du mouvement, le motif central principal est complété d’un ensemble de vignettes qui forment cadre et alimentent la narration en la complétant. Des mots gravés se déploient le long de la fresque. L’oeuvre graphique de Pierre Alechinsky dialogue avec un poème de son ami Yves Bonnefoy. Les vers et les images convoquent la force et les fragilités du vivant cerné par la réalité des cités de l’homme, invitent à préserver cette précieuse nature.

mardi 7 mai 2019

Cinéma : Lourdes, un documentaire de Thierry Demaizière et Alban Teurlai



Thierry Demaizière, Alban Teurlai, duo de documentaristes qui dernièrement avaient réalisé un film sur la danse Relève : histoire d’une création et Rocco portrait de l’ancienne star du porno Rocco Siffredi, ont posé leur caméra à Lourdes pendant dix mois. Trois millions de personnes se rendent sur le site où en 1858 Bernadette Soubirous affirme avoir assisté à plusieurs apparitions de la Vierge. Ce haut lieu de pèlerinage catholique fascine malgré une image de carte postale, le rocher de la grotte, les gourdes en plastique pour récolter l’eau miraculeuse, le kitsch des échoppes et l’aspect marchand de la ville dont les réalisateurs ne rendent pas compte. Ils ont centré leur propos sur la dimension humaine de la cité mariale en suivant le voyage entrepris par les pèlerins et leurs accompagnateurs. 

lundi 6 mai 2019

Lundi Librairie : Sérotonine - Michel Houellebecq



Sérotonine - Michel Houellebecq : Florent-Claude Labrouste, quarante-six ans, ingénieur agronome au ministère de l’Agriculture poursuit une carrière triste, désabusé par la perte de ses idéaux et le manque de succès de ses initiatives. Il entretient une neurasthénie rampante qui peu à peu le submerge. Lorsqu’il tombe sur une vidéo porno zoophile de sa compagne, une japonaise calculatrice, vingt ans de moins que lui et avec laquelle il ne couche plus depuis longtemps, il décide que sa vie ne lui convient plus. Et décide de disparaître. Il pose sa démission, résilie le bail de son appartement et s’évanouit sans laisser de trace pour s’installer à l’hôtel Mercure de la porte d’Italie, dernier hôtel fumeur de la ville. Il se fait alors prescrire du Captorix, un antidépresseur qui stimule la production de sérotonine, hormone liée à l’estime de soi, à la reconnaissance obtenue au sein d’un groupe. Si le médicament lui permet de supporter le monde, il inhibe totalement la libido et rend impuissant. Il fume, picole, se laisse dériver, revisite ses amours passées, repense aux femmes qu’il a aimées. Florent se rend en Basse-Normandie où il a été heureux un jour avec Camille. Là, il retrouve un vieux camarade d’école d’ingénieur devenu agriculteur. Il tombe en pleine révolte des producteurs de lait, exsangues, victimes des quotas laitiers et de la politique agricole commune décidée à Bruxelles. 

samedi 4 mai 2019

Expo : Oracles - Jean-Michel Othoniel - Galerie Perrotin - Jusqu'au 8 juin 2019



Récemment élu à l’Académie des Beaux-Arts, Jean-Michel Othoniel présente sous l’intitulé Oracles un nouveau corpus à la galerie Perrotin. L’élément sériel répétitif au cœur de cet ensemble se fait brique après avoir longtemps été bulle. Briques de verre à l’iridescence de scarabée, au feu couvant d’ambre, au chatoiement soufré, briques d’acier à la matité glacée d’inox, au miroitement de métal poli, ces modules alimentent le propos architectural de son oeuvre. Par le biais de sculptures minimalistes, propositions ancrées dans une forme d’abstraction figurative, l’artiste explore l’espace, de l’intime au monumental. En lien avec le monde tel qu’il va, avec l’actualité, ses réalisations, résultats de cette imprégnation naturelle, procèdent d’une narration évocatrice puissante. Les idées prennent forme, intuition et révélation, s’incarnent dans la matière de la création. Inscrit dans son temps, Jean-Michel Othoniel questionne le politique, les grands enjeux de notre époque, la crise écologique et climatique, les conflits contemporains.

vendredi 3 mai 2019

Paris : Villa du Lavoir, naissance d'une cité artisanale dédiée aux métiers d'art et aux logements sociaux - Xème



La Villa du Lavoir doit son joli nom fleurant bon la Belle Epoque à la présence d’un ancien lavoir. Les fantômes d'un autre temps voguent sur les souvenirs de Nana ou encore L'assommoir de Zola.... Depuis la rue René Boulanger, courte incursion à travers le tissu urbain, cette voie longue d’à peine 54 mètres file en impasse, parallèle à la cour Riverin et à la rue Taylor. Intégrée à la voirie parisienne sous l’appellation provisoire de A10, elle ne devient la Villa du Lavoir par arrêté municipal que le 27 mai 1997. Cette courette a longtemps été la gardienne d’une sous-station électrique chargée d’alimenter les théâtres environnants. Aménagée, à partir de 2003, elle accueille l’association L’entreprise culturelle dont l’action vise à mettre en oeuvre des projets à caractère culturel, promouvoir et valoriser les arts et les artistes. L’espace de travail dont elle dispose, niché au cœur de la villa du Lavoir, demeure à disposition pour de courtes résidences. Cette initiative va donner des idées à la Régie Immobilière de la Ville de Paris. En 2012, la RIVP rachète la vaste bâtisse située au 4 villa du Lavoir afin de la reconvertir en cité artisanale, cité à laquelle sera associée des logements sociaux. Et cette belle entreprise qui investit dans les métiers d’art va se réaliser d’ici la fin du mois de mai 2019.

jeudi 2 mai 2019

Music : Vampire Weekend - Harmony Hall



We took a vow in summertime
Now we find ourselves in late December
I believe that New Year's Eve
Will be the perfect time for their great surrender
But they don't remember

mercredi 1 mai 2019

Paris : Cadran solaire signé Salvador Dali, heure approximative et grand cérémoniel - Vème



Un cadran solaire signé Salvador Dali aussi discret que son auteur était flamboyant se cache scellé dans un renfoncement de la rue Saint Jacques. Sur le flanc de l’immeuble du numéro 27, au niveau du 31, ce visage féminin en forme de coquille Saint-Jacques modelé dans le béton a été offert en 1966 à la Ville de Paris par celui qu’André Breton, grand manitou des surréalistes, surnommait méchamment Avida Dollars. L’oeuvre a été créée par Dali en l’honneur d’amis qui tenaient la boutique située juste en dessous. Depuis, le magasin a changé de mains à de nombreuses reprises mais cet instrument de mesure du temps est resté. Souvenir poétique, fugace apparition.