mercredi 20 mars 2019

Cinéma : Résistantes. Tes cheveux démêlés cachent une guerre de sept ans - de Fatima Sissani



Trois femmes, trois militantes au sein du FLN, témoignent après des décennies de silence. Devant la caméra de Fatima Sissani, elles prennent la parole pour évoquer leur combat et le prix à payer pour leur engagement. Lorsqu’en 1954 la guerre d’indépendance éclate en Algérie, Eveline Lavalette-Safir, issue d’une famille de colons français installés en Algérie depuis deux générations, choisit de prendre le parti des opprimés, rejoint les rangs de la résistance algérienne. Arrêtée en 1956, torturée, elle est emprisonnée dans les geôles françaises pendant trois ans. Elle y rencontre Zoulikha Bekaddour, étudiante originaire de Tlemcen, militante pour l’indépendance, également arrêtée en 1956. Sœurs de combat, les deux femmes ne se sont jamais quittées. A la même époque, Alice Cherki, née dans une famille juive algéroise, étudie la psychiatrie et travaille avec Frantz Fanon. Engagée auprès du FLN, elle va connaître le même sort que ses deux camarades.

lundi 18 mars 2019

Lundi Librairie : Les étrangers sont nuls - Pierre Desproges



Les étrangers sont nuls - Pierre Desproges : « Si tous les étrangers étaient méconnaissables, on ne pourrait même plus faire de guerre, faute de pouvoir reconnaître l’ennemi. » Recueil de textes paru en 1992, cette anthologie de chroniques publiées en 1981 dans l’hebdomadaire satiriste Charlie Hebdo est l’oeuvre du très regretté Pierre Desproges. Passant au crible de son terrible mauvais esprit une trentaine de nationalités, peu sont épargnés. Dans ce savoureux opus, le grand provocateur prend à rebrousse-poil les discours d’ostracisme afin de désamorcer toutes les formes de xénophobie et de racisme. Par le prisme du second degré, mise à distance salvatrice, il ne craint ni sujets brûlants, ni questions sensibles. Les cas épineux sont son dada. Il les traite à grand renfort de calembours et autres contrepèteries. Sous sa plume libertaire, les incongruités se mêlent aux exagérations, taquinent la cocasserie. En inversant les réalités, Desproges, volontiers rosse, souvent fantaisiste, se fait pourfendeur du politiquement correct. Dans une veine de pure dérision, sur le fil d’un pacte humoristique passé avec le lecteur, il se désespère de l’absurdité des conflits qui gangrènent le monde, de la vanité de la condition humaine.  

samedi 16 mars 2019

Paris : Galerie de la Madeleine, atmosphère surannée, élégance préservée de l'un des passages couverts les plus récents - VIIIème



La galerie de la Madeleine, l’un des derniers passages couverts édifié à Paris, témoigne du développement, à partir de 1835, du quartier de la Madeleine, rendez-vous des élégances. Alors que les travaux d’agrandissement de la place de la Madeleine débutent, est initiée en 1840 une opération immobilière menée par la Société du passage Jouffroy à l’origine des passages Verdeau et Jouffroy. Les promoteurs achètent les terrains à l’angle de la place de la Madeleine, de la rue Royale jusqu’au boulevard Malesherbes. A partir de 1842, l’édification d’un ensemble d’immeubles de rapport élégants est confiée à l’architecte Théodore Charpentier. Très satisfait de son ouvrage, il grave son nom sous la clé de voûte de l’arcade de l’entrée principale de la galerie de la Madeleine qui voit le jour à cette occasion.

vendredi 15 mars 2019

Expo : Georges Dorignac, corps et âmes - Musée de Montmartre - Jusqu'au 8 septembre 2019



Célèbre en son temps, injustement retombé dans l’oubli, méconnu de nos jours, Georges Dorignac (1879-1924) a marqué les champs esthétiques de son époque par une série de dessins au fusain ou à la sanguine, des monochromes d’une puissance expressive saisissante. Les figures au modelé contrasté de ces feuilles au noir font sa réputation et attisent l’admiration de ses contemporains. Rodin, en 1914, s’exclame "Dorignac sculpte ses dessins […] Regardez ces mains, ce sont des mains de sculpteurs." De nature indépendante, imperméable aux modes et aux courants dominants, il n’aura cessé toute sa courte vie d’expérimenter la liberté créatrice. Son travail s’illustre par la maîtrise absolue du trait, la radicalité des compositions, la variété des styles et des techniques employées. A la suite des expositions monographiques de Roubaix et Bordeaux en 2016 et 2017, le musée de Montmartre rend hommage aux multiples facettes de cet artiste par le biais d’une exposition qui regroupe 85 œuvres, réalisées de 1901 à 1924. Une grande partie de cet important corpus, disséminé dans des collections privées, des galeries notamment la galerie Malaquais, des musées, est présentée pour la première fois au public. Une occasion merveilleuse de découvrir un très bel artiste.

jeudi 14 mars 2019

Music : Anna Calvi - As a man



If I was a man in all but my body
Oh would I now understand you completely
If I was a man in all but my body
If I was walking and talking
As a man

mercredi 13 mars 2019

Coup de Coeur : Collection Gancini, les créations chocolatées de Sébastien Gaudard célèbrent le nouveau monogramme de la maison Salvatore Ferragamo



La collection Gancini signée Sébastien Gaudard, gamme inédite de chocolats frappée du nouveau monogramme de la maison de couture Salvatore Ferragamo, célèbre l'heureuse association de la griffe florentine et du chef pâtissier parisien. La rencontre de ces deux univers, apparemment très différents, révèle l’étendue des valeurs communes, respect de la tradition, transmission des savoir-faire artisanaux, culte de l’excellence et vision de la modernité. Parfums d’enfance et d’Italie, les créations exclusives de Sébastien Gaudard se parent du symbole patrimonial de Ferragamo, le monogramme Gancini réinterprété par Paul Andrew, le directeur artistique. Le motif originel de la fermeture à double crochets, "gancini" signifiant littéralement "les crochets" en italien, a été inspiré par les pièces de ferronnerie en fer forgé qui ornent le mur du Palazzo Spini Feroni à Florence. Ce palais gothique, siège historique de la maison depuis 1938, est désormais un musée dédié à la marque. Le motif Gancini représente la puissance de l’héritage, ses infinies richesses. Durant trois semaines seulement, la nouvelle collection d’accessoires Salvatore Ferragamo, abondamment parée de cet emblème, investit les vitrines des deux boutiques de Sébastien Gaudard. Elles y côtoient les boîtes de chocolats monogrammés créées à cette occasion. Elégance et gourmandise sont au rendez-vous !

mardi 12 mars 2019

Cinéma : McQueen, un documentaire de Ian Bonhôte et Peter Ettedgui



Précurseur subversif, génie créatif torturé, figure majeure de la mode de la fin du XXème siècle et du début du XXIème, Alexander McQueen s’est donné la mort en 2010 à l’âge de quarante ans. Fils d’un taxi londonien, cadet d’une fratrie de six enfants, rejeton d’une famille modeste typique de l’Est londonien, celui qui n’est encore que Lee quitte l’école à l’âge de seize ans. Il entre en apprentissage chez un prestigieux tailleur de Savile Row, Anderson & Sheppard, fournisseur notamment du prince Charles, poursuit son expérience à Milan. Mais il se sent à l’étroit dans les ateliers. Il est accepté à la Saint Martin’s school. En 1992, la première collection de la maison McQueen est financée par les allocations chômages. Il est alors repéré par Isabella Blow, rédactrice de mode excentrique qui le prend sous son aile et l’introduit dans le sérail. En 1996, il intègre la maison Givenchy à la tête de laquelle il prend la suite de John Galliano. Il a vingt-huit ans. Bridé par les impératifs commerciaux de cette vieille institution, il développe en parallèle sa propre griffe à travers des collections toujours plus impressionnantes, provocantes, spectaculaires. Itinéraire d’un talent brut.