mardi 17 septembre 2019

Cinéma : Kusama : Infinity, la vie et l'oeuvre de Yayoi Kusama - Un documentaire de Heather Lenz



« Ma vie est un pois perdu parmi des millions d'autres pois ». Icône de l’art contemporain, personnalité aussi émouvante qu’énigmatique, à 90 ans ans aujourd’hui, Yayoi Kusama est l’artiste femme la plus reconnue au monde. En 2006, elle se voit décerner le prix Praemuim Imperiale pour sa peinture par l’association japonaise des Beaux-arts. La grande rétrospective de 2007 au Centre Pompidou replace son travail au cœur de la pratique artistique contemporaine dans l’esprit des Français. Yayoi Kusama est l’artiste ayant attiré le plus de visiteurs dans ses expositions en 2014. Les pois et les citrouilles sont les motifs emblématiques d’un acte de création vécu comme un véritable sacerdoce. Elle vit recluse depuis 1977 dans un établissement psychiatrique spécialisé, l’institut Seiwa où elle dispose d’un atelier. Dans cet univers singulier, elle poursuit son oeuvre loin du monde. La réalisatrice Heather Lenz rend hommage cette plasticienne avant-gardiste, artiste féministe, investie pour les droits des homosexuels, dont l’engagement politique notamment contre la guerre du Vietnam a marqué le parcours.

lundi 16 septembre 2019

Lundi Librairie : Par les soirs bleus d'été - Franck Pavloff



Au cœur des Cévennes, Détélina, singulier prénom bulgare pour une jeune femme du cru, vit seule avec son fils Léo. Ce petit garçon spécial qui ne se laisse approcher par personne entretien une relation particulière avec la nature, les formes et plus particulièrement les couleurs par lesquelles il communique avec sa mère. La journée de Détélina et Léo est rythmée par les rituels. Mais ce lien fusionnel les isole. D’autant que la jeune femme doit aussi veiller sur sa mère, pensionnaire d’un établissement spécialisé, qui a peu à peu perdu la mémoire et ne la reconnaît plus. Elle l’appelle désormais mademoiselle. Détélina travaille dans un gîte mais sa véritable passion est la photographie. Elle est fascinée par l’histoire des anciens mineurs, le courage et la fierté des générations sacrifiées au fond des mines désormais désaffectées. La vie bien cadrée de Détélina et Léo va être bouleversée par l’arrivée d’un étranger qui débarque sur un side-car militaire hors d’âge. Stépan vient de la région du Donbass en Ukraine, un bassin houiller dévasté par la guerre. Il porte les cicatrices physiques et morales du traumatisme de cette violence, de la mort omniprésente. De son père d’origine française, il a hérité un volume de poésie de Rimbaud et une carte postale à peine déchiffrable. Celle-ci représente le lieu-dit la Montagne Perdue. En quête de cet endroit et de ses origines, il va trouver autre chose. Avec une facilité déconcertante, Léo, le farouche, se laisse approcher par Stépan. 

vendredi 13 septembre 2019

Art : Bassin Takis, oeuvre majeure de l'artiste grec Vassilakis Panayotis Takis, poésie aquatique à La Défense



Le Bassin Takis, oeuvre poétique énigmatique aux portes de la Défense, contraste par sa dimension ludique avec le sérieux des transactions qui se déroulent dans les hautes tours glacées du quartier des affaires. Créée in sitù par l’artiste grec Vassilakis Panayotis Takis (1925-2019), cette installation a vu le jour en 1988. Au pied de la tour Athéna et de l’hôtel Melia, à l’extrémité Nord de l’Esplanade de la Défense, le bassin rectangulaire de 2500m2 déploie le foisonnement d’arborescences aquatiques nées de la main de l’homme. La surface miroitante de l’eau est intégrée à la perspective dans l’axe historique du quartier d’affaires. Ces nymphéas synthétiques, joncs artificiels convoquent les puissances cachées d’un singulier territoire minéral. Le geste artistique révèle et donne sens à un quartier si peu fait pour la nature. Jaillissant de l’eau, les 49 feux multicolores clignotants, Les Signaux, se démultiplient dans le reflet des tours qui grimpent jusqu’au ciel, parois de verre puissamment symboliques. Curieuses floraisons aux formes géométriques montées sur des tiges métalliques, ces sortes de phares intensifient la nuit l’émotion d’un spectacle hypnotique. Hauts de 3,5 à 9 mètres, ils forment un ballet doucement bercé par le vent visible de jour comme de nuit. En 1990, Takis a imaginé à l’extrémité Sud de la Défense un pendant terrien à ces étranges fleurs aquatiques en installant dix-sept nouveaux Signaux intitulés Les Arbres Lumineux.

jeudi 12 septembre 2019

Music : Iggy Pop ft Faith Vern - James Bond



[Iggy Pop & Faith Vern]
She wants to be your James Bond
She wants to be your James Bond
Well, it's not for a price and it's not to be nice

mercredi 11 septembre 2019

Paris : Chalet insolite, des Alpes aux Carpates au coeur de la Ville Lumière - 103 rue de Meaux - XIXème



Le chalet du 103 rue de Meaux impose avec humour son incongruité architecturale au cœur d’un quartier radicalement modernisé dans les années 1970. Cette bicoque de bois haute d’une dizaine de mètres illustre la diversité patrimoniale du XIXème arrondissement. Depuis 150 ans, depuis sa construction à l’occasion de l’Exposition Universelle de 1867 et sa restauration rue de Meaux, le chalet joue les curiosités piquantes dans un paysage urbain pas toujours souriant. Volontiers qualifié de chalet alpin, son esthétique n’est pas exactement savoyarde. Le petit pavillon ressemble plutôt aux chalets roumains des Carpartes avec découpes et festonnages typiques. Il a été sauvé de l’avidité des bétonneurs par l’intervention des riverains et de la Mairie. Une jolie histoire. 

mardi 10 septembre 2019

Cinéma : Une joie secrète, de Jérôme Cassou - Avec la chorégraphe Nadia Vadori-Gauthier



A la suite des attentats contre Charlie Hebdo et le Bataclan en 2015, la chorégraphe Nadia Vadori-Gauthier, bouleversée par ces événements, décide de reprendre la rue à la violence. Chaque jour, elle arpente la ville afin de créer une nouvelle danse en prise directe avec le réel. Exercice de style et de liberté, elle saisit les bribes de la réalité qui l’entoure, y puise l’inspiration. Nadia Vadori-Gauthier imagine une performance sans cesse renouvelée intitulée Une minute de danse par jour dont le sous-titre Un acte de résistance poétique appelle à résister à la haine par la beauté, l’humour et la sensibilité. Le geste artistique spontané, inattendu et gratuit permet de réapprendre à arpenter la rue sans peur. Il s’agit de se réapproprier la ville, de lui redonner du sens et de susciter des émotions positives, optimistes. La chorégraphe, sympathique feu follet, intervient au cœur d’une foule compacte au pas pressé, dans ruelle déserte à l’écart des grandes artères, dans l’atmosphère singulière d’une gare, à l’abri un jardin de ville verdoyant. Sa danse, folie douce, pleine de vie, provoque l’étonnement joyeux, la surprise charmée, le sourire sincère. Et soudain le lien se renoue entre les solitudes et les blessures guérissent.

lundi 9 septembre 2019

Lundi Librairie : Journal d'un amour perdu - Eric-Emmanuel Schmitt



"Maman est morte ce matin et c'est la première fois qu'elle me fait de la peine", ainsi débute ce journal de deuil, hommage vibrant à sa mère qu’Eric-Emmanuel Schmitt ouvre par une singulière référence à Camus. A la mort, de Jeannine ancienne athlète de haut niveau, championne de sprint, l’être qui lui a appris la joie de vivre, lui a transmis sa flamme pour les arts, le théâtre, la littérature, la musique, l’humour, les voyages, l’écrivain est resté deux ans, replié sur lui-même, terrassé par la douleur. Il y a eu les proches que l’on repousse, les pensées délétères et pour seul confident son journal. Sans le regard aimant qui lui a donné confiance en soi et en la vie, Eric-Emmanuel Schmitt ne parvenait plus à avancer. Afin de surmonter l’incommensurable chagrin, il a lutté avec ses armes d’écrivain, de dramaturge, de comédien, en se noyant dans le travail, comblant le vide par sa passion du théâtre, par l’amitié aussi qu’il a peu à peu laissé le toucher à nouveau, par l’amour inconditionnel des animaux aussi.