samedi 23 mars 2019

Spectacle : Constance - Pot-pourri - Théâtre des Deux Ânes



Dans un spectacle à sketchs, rafraîchissant en ces temps de tout stand-up, Constance s’attaque aux névroses de l’époque. Grimée, elle change de costume à chaque récit, l’humoriste interprète une galerie de personnages féminins déjantés, neuf femmes représentatives d’un sujet de société. Sous ses allures de jeune fille sage, elle pratique un humour cru, cynique et lucide, aussi loufoque que décalé. Elle a l’art d’incarner les histoires les plus abominables avec ingénuité. L’écolière psychopathe préfère devenir "alcoolo parce que comptable, ça a l’air chiant". La bonne sœur d’un nouveau genre nous assure que "la sainte verge veille sur nous ainsi que sur son fist bien aimé". L’amoureuse des mots érotomane aime "les mots, tous les mots, les longs, les courts, les sales, les durs" elle aime "avoir des mots plein la bouche". La mère castratrice traumatise son enfant de huit ans en le culpabilisant. Constance questionne le statut des femmes, interroge les travers de ses contemporains et l’absurdité de la condition humaine.

vendredi 22 mars 2019

Mes Adresses : Le Bistrot de Madeleine, cuisine d'émotions, bistronomie radieuse au pied de Montmartre - Paris 9



Entre Pigalle et Barbès au pied de la Butte Montmartre, le Bistrot de Madeleine, ouvert en octobre dernier, a fait son nid dans un quartier vivant où il s’est ancré le plus naturellement du monde. Dans cet établissement parisien tout neuf mais tellement dans le ton, la convivialité est de mise et l’on en vient très vite à adresser la parole aux voisins. Le Bistrot de Madeleine, nommé en l’honneur d’un indéfectible amour filial, raconte l’histoire d’une reconversion radieuse. Juste avant de passer le cap de la cinquantaine, François Charpentier, le maître des lieux, décide de changer de vie. Il rêve depuis vingt ans d’ouvrir un restaurant. Après des cours de cuisine, diverses formations, façon pour lui d’appréhender le métier dans ses dimensions les plus techniques, il se lance enfin pour se réaliser. Afin de donner corps à ses envies de bistronomie, de beaux produits et de générosité, François Charpentier fait appel au chef Julien Kerwien, disciple de Guy Martin et de Joël Robuchon, passé aux commandes de l’Istr. Ensemble, ils imaginent pour le Bistrot de Madeleine une spécialité ancestrale, la cuisson à la braise qui confère à la viande une tendreté exceptionnelle et des notes fumées ébouriffantes. Cuisine d’émotions, belles évidences, accords aux reliefs pointus, au Bistrot de Madeleine, la créativité s’exprime avec limpidité. Authenticité et savoir-faire s'associent à la faveur d’une expérience épicurienne.

jeudi 21 mars 2019

Music : Saulo Duarte - Flor do Sonho



Lanço-me agora nesse salto
Eu já não tenho medo do escuro
Escolho um caminho confortável
E mostro o meu lado mais seguro

mercredi 20 mars 2019

Paris : Le Messager, une oeuvre monumentale d'Ossip Zadkine - Quai d'Orsay - VIIème



Le Messager, le Porteur de présents, le Navigateur, ces trois titres désignent une même oeuvre signée Ossip Zadkine (1890-1967), figure majeure de l’Ecole de Paris. A l’angle du pont des Invalides et du quai d’Orsay, cette sculpture figurative d’inspiration cubiste porte dans ses bras un bateau, qui rappelle à la fois le Navire des Nautes de Lutèce, symbole de Paris, et les ascendances de l’artiste lui-même, héritier d’une famille de constructeur de barges en bois. L’épreuve en bronze, aujourd’hui exposée dans les rues de Paris, a été réalisée par la Fonderie Susse Frères d’après un original en bois. Ce dernier ornait, lors de l’Exposition internationale des arts et technique de 1937, la terrasse sur Seine du Pavillon des bois exotiques. Imaginé par les architectes Michaud et Trottin, l’édifice éphémère s’ouvrait vers le fleuve en un majestueux portique où Le Messager de Zadkine accueillait les visiteurs. Si Le Porteur de présents a retrouvé le quai d’Orsay en édition bronze, il a néanmoins, de nos jours, troqué le pont Alexandre III pour celui, un peu plus loin, des Invalides. 

mardi 19 mars 2019

Cinéma : Résistantes. Tes cheveux démêlés cachent une guerre de sept ans - de Fatima Sissani



Trois femmes, trois militantes au sein du FLN, témoignent après des décennies de silence. Devant la caméra de Fatima Sissani, elles prennent la parole pour évoquer leur combat et le prix à payer pour leur engagement. Lorsqu’en 1954 la guerre d’indépendance éclate en Algérie, Eveline Lavalette-Safir, issue d’une famille de colons français installés en Algérie depuis deux générations, choisit de prendre le parti des opprimés, rejoint les rangs de la résistance algérienne. Arrêtée en 1956, torturée, elle est emprisonnée dans les geôles françaises pendant trois ans. Elle y rencontre Zoulikha Bekaddour, étudiante originaire de Tlemcen, militante pour l’indépendance, également arrêtée en 1956. Sœurs de combat, les deux femmes ne se sont jamais quittées. A la même époque, Alice Cherki, née dans une famille juive algéroise, étudie la psychiatrie et travaille avec Frantz Fanon. Engagée auprès du FLN, elle va connaître le même sort que ses deux camarades.

lundi 18 mars 2019

Lundi Librairie : Les étrangers sont nuls - Pierre Desproges



Les étrangers sont nuls - Pierre Desproges : « Si tous les étrangers étaient méconnaissables, on ne pourrait même plus faire de guerre, faute de pouvoir reconnaître l’ennemi. » Recueil de textes paru en 1992, cette anthologie de chroniques publiées en 1981 dans l’hebdomadaire satiriste Charlie Hebdo est l’oeuvre du très regretté Pierre Desproges. Passant au crible de son terrible mauvais esprit une trentaine de nationalités, peu sont épargnés. Dans ce savoureux opus, le grand provocateur prend à rebrousse-poil les discours d’ostracisme afin de désamorcer toutes les formes de xénophobie et de racisme. Par le prisme du second degré, mise à distance salvatrice, il ne craint ni sujets brûlants, ni questions sensibles. Les cas épineux sont son dada. Il les traite à grand renfort de calembours et autres contrepèteries. Sous sa plume libertaire, les incongruités se mêlent aux exagérations, taquinent la cocasserie. En inversant les réalités, Desproges, volontiers rosse, souvent fantaisiste, se fait pourfendeur du politiquement correct. Dans une veine de pure dérision, sur le fil d’un pacte humoristique passé avec le lecteur, il se désespère de l’absurdité des conflits qui gangrènent le monde, de la vanité de la condition humaine.