lundi 21 mai 2018

Lundi Librairie : Lolito - Ben Brooks



Durant les vacances, Etgar, quinze ans, est livré à lui-même alors que ses parents sont allés rendre visite à l'oncle Michael. Sa seule mission est de garder en vie, Amundsen, le chien, en le promenant et en le nourrissant. Etgar est déprimé parce que sa petite amie, Alice est également loin, à Antigua. Alors qu'il s'ennuie, il pirate le compte Facebook de celle-ci et se fait passer pour la jeune fille auprès de ses copines afin de tirer au clair une histoire de garçon plus âgé et tatoué. Il trouve la preuve de son infidélité et s'envoie en douce toutes les bouteilles d'alcool de ses parents pour se remonter le moral. Il s'inscrit aussi sur un forum pour adultes où il prétend être un agent en assurance de vingt-six ans. Etgar ne tarde pas à rencontrer virtuellement Macy, une mère célibataire de trente-six ans aussi paumée que lui qui ne se doute pas qu'elle est en train de tomber sous le charme d'un adolescent. 

jeudi 17 mai 2018

Music : Brigitte - Opium




Dans le port de Saïgon gong
Est une jonque chinoise
Mystérieuse et sournoise
Qu'on ne connait pas le nom

Et le soir dans l'entrepont
Quand la nuit se fait complice
Les Européens se glissent
Cherchant des coussins profonds

mercredi 16 mai 2018

Cinéma : Manhattan Stories, de Dustin Guy Defa - Avec Abbi Jacobson, Michael Cera, Tavi Gevinson



New York en automne, la ville a des accents d'éternité, celle des films de Woody Allen. Benny qui collectionne les vinyles rares et les chemises hawaïennes vient d'apprendre par son revendeur favori qu'un particulier souhaite céder une édition rare d'un disque de Charlie Parker. Mais son colocataire, Ray est dans un sale état. Après une dispute avec sa petite amie, il a publié des photos d'elle nue sur internet et ne sait plus comment rattraper son imbécillité. Claire, toute jeune stagiaire dans un quotidien passe son premier jour aux côtés de Phil, journaliste d'investigation aux méthodes se rapprochant de celles des tabloïds, à enquêter sur la mort d'un homme retrouvé une balle dans le crâne. Jimmy, un vieil horloger pourrait bien détenir malgré lui la solution de ce mystère. Wendy l'étudiante misanthrope affirme avec conviction sa détestation du monde, déjà désabusée. Mais elle est troublée par les sentiments naissants à l'égard de sa meilleure amie. 

lundi 14 mai 2018

Lundi Librairie : La folle du logis - Rosa Montero



Rosa Montero, romancière, journaliste, essayiste, s'interroge sur les rapports avec ce que Sainte Thérèse d'Avila appelait la folle du logis, c'est à dire l'imagination. "Etre romancier, c'est cohabiter harmonieusement avec la cinglée du dernier étage". Texte jubilatoire qui mêle l'autofiction, l'autobiographie romancée à l'essai pointu, ce récit interpelle l'essence même du romancier, cette expérience de la création littéraire, enfance perpétuelle du toujours possible, du "et si" infini. De ses expériences personnelles à celles de ses auteurs fétiches, Rosa Montero ausculte l'inattendu, sonde avec tendresse et curiosité les créateurs de cet art qui valse si souvent avec la déraison. "Dans la courte nuit de la vie humaine, la folle du logis allume des chandelles". L'auteur décrypte ces curieuses manifestations que sont la célébrité, l'adulation, les aigreurs, les jalousies et le retour du naturel. 

samedi 5 mai 2018

Théâtre : Providence, de Neil LaBute - Avec Marie-Christine Letort et Xavier Gallais - Les Déchargeurs



Le 11 septembre 2001, Ben devait se rendre à un rendez-vous d'affaires au World Trade Center. Mais il a préféré rejoindre chez elle, Abby avec qui il entretient une liaison mouvementée depuis trois ans, maîtresse qui est également sa supérieure hiérarchique. Tous les deux ont réchappé à la tragédie des tours jumelles et ils sont les seuls à le savoir. Ben est marié, père de deux enfants, Abby célibataire. Alors que les heures avancent, dans la ville traumatisée, les survivants se manifestent. Les sirènes retentissent au loin. Et le téléphone de Ben ne cesse de sonner. Sans qu'il réponde. Car lui vient une idée, une tentation sordide, comme une impulsion, celle de se faire passer pour disparu pour recommencer sa vie, aux Bahamas ou dans le Midwest, avec Abby. Elle est troublée, tentée par la proposition de cet amant plus jeune qu'elle. Elle résiste, le provoque. Seule la confiance mutuelle absolue pourrait rendre possible ce projet de tout abandonner. C'est l'heure des vérités cruelles, des règlements de compte qui soulignent la dépendance amoureuse.

vendredi 4 mai 2018

Expo : Zeugma - Gérard Garouste - Galerie Templon - Paris 3



Trois événements parisiens composent l'actualité foisonnante de Gérard Garouste. Le premier qui se tient aux Beaux-Arts s'inspire de Rabelais et Dante tandis que dans le cadre du deuxième, au musée de la Chasse et de la Nature dont je vous parlais ici, l'artiste revisite sous l'intitulé Diane et Actéon le mythe gréco-romain. A la galerie Templon, l'exposition Zeugma, dans un registre de folie douce, de loufoquerie un peu à côté de la sérénité, joue sur l'intertextualité et les double-sens, mêlant les champs d'inspiration, parfois ésotériques pour mieux renverser les interprétations. Le zeugma, figure de style (un même verbe utilisé pour plusieurs compléments sans rapport, dans un registre différent, qui créée un effet de surprise et apporte une dimension poétique à la phrase par ce décalage) signifie également en grec, le pont, le lien. Flirtant avec l'absurde, la drôlerie du pastiche, Gérard Garouste cherche à créer le lien entre les œuvres d'un point de vue à la fois pictural, philosophique et sémantique. Références à histoire de l'art, aux grands textes fondateurs de la Bible à Cervantès et dimension autobiographique, dans le cadre de l'exposition il ne déploie ses obsessions que pour mieux explorer l'exégèse talmudique qu'il considère comme l'inconscient de la philosophie occidentale. 

jeudi 3 mai 2018

Music : Alain Chamfort - Les microsillons



Passe ton doigt sur les microsillons
Autour de mes yeux le long de mon front
Les entends-tu bien toutes les chansons
Que le temps a gravées au plus profond
Les entends-tu bien toutes les chansons?

De rides heureuses en fines pattes d'oie
Il y a des berceuses sous tes doigts
Ballades amoureuses, ineffables joies
Que les années creusent malgré moi
Tu verras avec l'âge tout est sur le visage