samedi 16 novembre 2019

Paris : La Moisson, une oeuvre de Léon Deschamps - Place Rhin-et-Danube - XIXème siècle



La Moisson, dite aussi Monument en moisson ou La Moissonneuse dresse sa silhouette décidée sur le terre-plein central de la place Rhin-et-Danube, ilot abondamment fleuri. La figure austère de cette paysanne au travail, oeuvre de Léon Deschamps (1860-1928), trouve un écho savoureux dans l’exubérance de ce petit jardin urbain. Visage fermé, traits élégants, la femme est tendue dans un mouvement de marche énergique, une abondante gerbe de blé sous le bras gauche, dans la main gauche une faucille brisée. L’oeuvre, copie en pierre d’un original créé en 1891, a été inaugurée sur la place en 1933. Elle illustre le goût d’une époque et des édiles pour le réalisme dans la statuaire publique, une idée un peu figée de la monumentalité. La représentation du vêtement, le plissé du tablier noué sur les hanches, le corsage défait, souligne un souci du détail naturaliste que le visage idéalisé, emprunté à la représentation des sujets allégoriques, semble contredire.

vendredi 15 novembre 2019

Expo : Jules Adler, peintre du peuple - Musée d'art et d'histoire du Judaïsme - Jusqu'au 23 février 2020



Oublié malgré ses succès, l’estime de ses contemporains, les honneurs du Salon, Jules Adler (1865-1952) est, de nos, jours très largement méconnu. Ce peintre franc-comtois né à Luxeuil-les-Bains, dans une famille juive d’origine alsacienne, a pourtant poursuivi une carrière parisienne confortable. Au musée d’art et d’histoire du Judaïsme, une rétrospective d'envergure lui est consacrée. Elle rassemble une grande partie des œuvres conservées dans les collections publiques ainsi que des prêts de collections privées. Cet important corpus comprend 170 pièces, peintures, dessins, gravures, documents. Le parcours thématique illustre la diversité de son travail. Influencé par le mouvement esthétique inspiré de l’oeuvre littéraire d’Emile Zola, Jules Adler, indifférent aux avant-gardes artistiques de son temps, impressionnisme, cubisme, demeure fidèle à l’idée de la figuration, de la narration. Naturaliste, sa démarche s’inscrit dans une veine documentaire confinant au réalisme photographique. Entre modernité, académisme et art officiel, il propose une alternative qui séduit les édiles. L’exposition parisienne propose de redécouvrir une oeuvre qui témoigne avec force et sensibilité des conditions de vie du peuple sous la Troisième République.

jeudi 14 novembre 2019

Music : Cigarettes after sex - Heavenly



Wanting your love to come into me
Feeling it slow, over this dream
Touch me with a kiss
Touch me with a kiss

mercredi 13 novembre 2019

Coup de Coeur : La Winerie Parisienne installe un chai éphémère au premier étage de la Tour Eiffel



Début octobre 2019, la Winerie Parisienne a vendangé pour la première fois son propre vignoble dans les Yvelines, une parcelle de trois hectares plantés en merlot. Afin de fêter cet événement, la jeune entreprise s’est lancée dans une expérience inédite, une aventure authentiquement parisienne, en installant un chai éphémère au cœur du monument le plus célèbre du monde, la Tour Eiffel. Jusqu’au mois d’avril, la Winerie Parisienne investit le premier étage de la Dame de fer afin d’y vinifier, perché à 57 mètres de hauteur et sous les yeux des 15 à 30 000 visiteurs qui arpentent l’impressionnante structure, son millésime exclusivement francilien. Pressage du raisin, mise en cuve puis en barrique, élevage, chaque étape de la création s’inscrit sur place dans la continuité d’un lieu riche d’histoire, symbole de l’excellence à la française.  Ce cru Tour Eiffel sera disponible au printemps 2020. 

mardi 12 novembre 2019

Cinéma : L’âme du vin, un documentaire de Marie-Ange Gorbanevsky



Vision idyllique de carte postale, L’âme du vin qui emprunte son titre à un poème de Baudelaire, invite au voyage à travers les plus beaux vignobles de Bourgogne, Romanée-Conti, Gevrey-Chambertin, Chambolle-Musigny, Meursault, Volnay, où sont créés les très grands crus souvent inaccessibles. Marie-Ange Gorbanevsky, la réalisatrice qui assume un émerveillement sincère, une candeur de boétienne avec grâce met en lumière un terroir, une passion partagée, des familles. L’expérience de la splendeur des terroirs, la beauté des petits matins dans les vignes se prolonge auprès des artisans comme le tonnelier aux gestes millénaires. La lenteur de cette initiation poétique, au rythme du labour des chevaux, évoque le temps nécessaire à la maturation d’un vin comme à la dégustation d’un grand cru, une certaine nostalgie face à un monde immuable qui fait figure d’exception.

lundi 11 novembre 2019

Lundi Librairie : Anatomie de l'amant de ma femme - Raphaël Rupert



Anatomie de l’amant de ma femme - Raphaël Rupert : Raphaël, le narrateur, a tout plaqué afin de trouver le temps et l’énergie d’écrire un premier roman longtemps fantasmé. D’autant que cet architecte désabusé est le mari de Laetitia, elle-même écrivaine publiée connaissant un certain succès d’estime et soutenue par un noyau dur de fans enthousiastes. Mais alors que sa femme produit avec une rigueur de métronome ses huit mille mots par jour, Raphaël peine à la tâche. Son histoire de nazi pétomane, d’un mauvais goût assumé, ne semble plus l’inspirer. Il procrastine toujours plus. Un jour de flemme, il décide de feuilleter le journal intime de son épouse. Il découvre avec effarement qu’elle le trompe avec un certain Léon doté de mensurations hors norme. Blessé dans sa virilité, bien plus vexé que jaloux et soudain obnubilé par la taille de ses propres attributs, Raphaël décide de traquer les potentiels amants de sa femme. Entre ses nombreuses séances devant Youporn et ses grandes interrogations littéraires autour de l’adultère au féminin, il invente des stratagèmes absurdes pour tenter de comprendre la débandade de son ménage.