samedi 14 juillet 2018

Paris : La Grisette de 1830, incarnation du vieux Paris populaire, statue de Jean-Bernard Descomps - XIème



La Grisette de 1830, figure anonyme du vieux Paris populaire, sourit aux passants au croisement du boulevard Jules Ferry et de la rue du Faubourg du Temple, là où le canal Saint Martin, souterrain depuis 1906 entre la Bastille et cet embranchement, réapparaît à la surface. Au bout du square Jules Ferry qui ferme la promenade plantée le long du boulevard, cette statue est l’oeuvre de Jean-Bernard Descomps (1872-1948), élève d’Alexandre Falguière (1831-1900), qui s’est illustré dans les styles Art nouveau et Art déco. L’installation de la Grisette en son square n’a pas été sans souci. En 1910, le terre-plein est réaménagé à la suite des travaux de recouvrement. Dans le square Jules Ferry tout neuf, un kiosque à musique est ajouté. La statue de la grisette, dont le modèle a été présenté par Jean-Bernard Descomps en 1909 au Salon, est réalisée en 1911 afin d’en orner l’extrémité. Placée exactement sur le tracé du désormais souterrain canal Saint Martin, son poids est tel qu’il risque d’entamer la solidité de la voûte. Il est alors nécessaire de renforcer les assises de la construction récente. Depuis, la Grisette de 1830 veille sur une circulation des véhicules qui a terriblement évolué.

vendredi 13 juillet 2018

Expo : Doze Green, Transmissions (Future, Recollections) - Galerie Openspace - Jusqu'au 28 juillet 2018



Les racines de la culture hip hop née dans le Bronx s’inscrivent au croisement des arts, là où se rencontrent musique, danse, graphisme et finalement muralisme. Graffeur historique de la scène new-yorkaise des années 1970-80, membre fondateur du Rock Steady Crew, Doze Green assume ce riche héritage avec panache. Artiste-citoyen dont la vision est portée par un sentiment altermondialiste profond, il est passé de la rue à la toile tout en développant une intense réflexion sociale. Ses oeuvres empreintes d’une forte dimension politique prolonge son engagement - comme son soutien auprès des Amérindiens dans leur lutte contre le pipeline du Dakota du Nord, ou plus généralement la protection de la nature. La troisième exposition de Doze Green à la galerie Openspace, Transmissions (Future, Recollections), ausculte le monde contemporain ultra-connecté tel qu’il est pour mieux dénoncer ses dysfonctionnements.

jeudi 12 juillet 2018

Music : Delgres - Mr President



Misié pwézidan
Ou entélijan
Fo ou espliké mwen sa ki ka pasé
Misié pwézidan
Séw ka gouvèwné
Fo espliké mwen pou ki rézon nou ka goumé

mercredi 11 juillet 2018

Théâtre : Darius, de Jean-Benoît Patricot - Avec Clémentine Célarié, Dominique Pinon - Comédie des Champs Elysées



Darius, dix-neuf ans, est atteint d’une maladie neurodégénérative qui peu à peu le prive de tous ses moyens. Lui qui aimait tant voyager est aujourd’hui cloué dans un fauteuil, aveugle, ne pouvant plus communiquer que par le toucher. Il lui reste aussi l’odorat. Claire, sa mère, chercheuse au CNRS, a une intuition. C’est par ce sens, sa puissance d’évocation, qu’elle va permettre à son fils de vivre une dernière aventure lointaine. Elle prend contact avec Paul, un grand parfumeur, le seul nez capable de retranscrire par les fragrances les lieux et les souvenirs. Mais ce dernier, retiré du monde après le décès de son épouse, a renoncé à la création, incapable de surmonter son deuil. S’il refuse tout d’abord d’apporter son aide à Claire, le projet fou de cette mère courage va le séduire comme un merveilleux défi olfactif. Ensemble, ils récréent les senteurs de Rochefort sous la pluie, l’odeur du métro parisien, l’émotion des parfums de Rome.

mardi 10 juillet 2018

Cinéma : Dogman, de Matteo Garrone - Avec Marcello Fonte, Edoardo Pesce, Alida Baldari Calabria - Par Didier Flori



Attention chien méchant ! On n’a pas vraiment envie de s’approcher de l’American Bully qui aboie avec férocité face caméra. Marcello doit pourtant le laver, et progressivement parvient à dompter la bête, avec un calme impressionnant. Toiletteur dans une banlieue déshéritée, il communique sa douceur à des animaux qu’il appelle ses "amours". Complice avec sa jeune fille, il s’entend bien avec les commerçants des boutiques voisines. Mais ces derniers s’inquiètent de plus en plus du comportement de Simone, une brute épaisse que personne ne semble en mesure de contrôler. Il oblige Marcello à lui fournir de la drogue, et le recrute un soir à son corps défendant comme chauffeur d’un cambriolage.

lundi 9 juillet 2018

Lundi Librairie : L'Idéal / Au secours pardon - Frédéric Beigbeder



Dans le confessionnal d’un prêtre orthodoxe, Octave Parango se confie. Transfuge de la pub, après la prison, après la télé, il se fait oublier. Le quadragénaire désenchanté s’est reconverti en talent scout, chercheur de jolies têtes, dénicheur de futurs mannequins pour des agences avides de chair fraîche. Et pour cela il s’est établi à Moscou car en Russie « la beauté est un sport national ».  Fête, alcool, drogue, nihilisme, il mène grand train grâce à ses amis, mafieux russes et oligarques sulfureux, pour qui il lui arrive d’accepter de jouer les rabatteurs. Abruti par cette vie facile de débauche, Octave accepte la mission que lui confie L’Idéal, le plus grand groupe de cosmétiques au monde. Il est chargé de découvrir la nouvelle égérie de la marque phare, visage de l’innocence, le plus jeune possible. Il faut bien imposer la tyrannie de la jeunesse pour vendre des crèmes anti-rides. Octave se lance dans une quête sous influence jusqu’au fin fond de la Russie. Lors d’une de ses escales, il croise Lena, quatorze ans, adolescente de Saint Pétersbourg qui pourrait bien être ce visage inédit. Fou amoureux, il se découvre au fil de cette relation platonique une âme de romantique.