samedi 30 mars 2019

Expo : Génération en révolution, dessins français du musée Fabre - Musée Cognacq-Jay - Jusqu'au 14 juillet 2019



Au cours de la période révolutionnaire, entre 1790 et 1815, la transition rapide entre l’ancien monde et la modernité à venir du XIXème siècle se traduit par de profonds bouleversements sociétaux et politiques. Cette période de grandes mutations mais également d’instabilité et de violence s’affirme comme le terreau d’un souffle artistique novateur, d’une sensibilité renouvelée. L’exposition Génération en révolution, dessins français du musée Fabre au musée Cognacq-Jay donne à penser cette époque aussi riche que mouvementée à travers le regard des grands maîtres et une sélection de 80 dessins issus des collections du musée Fabre de Montpellier dont certains inédits, et d’autres acquis de fraîche date.  Réflexion autour de la production artistique entre 1790 et 1815, le parcours interroge les choix et les itinéraires d’une génération d’artistes qui a atteint sa pleine maturité au cours de la période révolutionnaire. 

vendredi 29 mars 2019

Paris : Passage Vendôme, décrépitude d'un passage couvert parisien laissé à l'abandon - IIIème



Le passage Vendôme, propriété d’une personne privée, a été livré à la déliquescence au point de n’être plus qu’un pigeonnier nauséabond. Abandonné par ses commerçants qui ont peu à peu fermé boutique, il est envahi par les volatiles qui y nichent et s’y protègent des intempéries, profitant du calme de cette percée couverte. Ouvert sur la place de la République, le passage a de nos jours bien triste allure. Les murs sont recouverts de graffitis et de fiente. Le sol de béton brut également. Pourtant, sous le délabrement, l’élégance de l’architecture perdure. L’ensemble du passage ainsi que les façades et les toitures sont inscrits aux Monuments historiques depuis le 13 avril 1987. Les rares commerces persévérants semblent bien piteux. Les micro-cantines qui s’y trouvent encore pâtissent de l’atmosphère crasseuse des lieux. Une minuscule cordonnerie fait de la résistance. Mais les vitrines aveugles se multiplient. Seules les échoppes ayant une entrée principale sur la place de la République ou sur la rue Béranger s’en sortent encore. Malgré son potentiel, le passage Vendôme connaît depuis sa création des revers de fortune. Malaimé du public, boudé par les riverains, laissé à l’abandon, ce lieu est aujourd’hui d’une rare tristesse voire tout à fait sinistre.

jeudi 28 mars 2019

Music : Juliette - Madame



Je me permets de convoquer
Les quelques muses que je taquine
J'en profiterai pour évoquer
Les éternelles pas féminines
Les grosses, les moches mal fagotées
Qu'on voit pas dans les magazines
Boulets des canons de la beauté
Les éternelles pas féminines

mercredi 27 mars 2019

Expo : Océanie - Musée du Quai Branly Jacques Chirac - Jusqu'au 7 juillet 2019



L’exposition Océanie au musée du Quai Branly Jacques Chirac, créée en collaboration avec la Royal Academy of Arts de Londres, avec la participation du Museum of Archeology and Anthropology de Cambridge, aborde l’histoire plurielle des peuples du Pacifique relatée à travers cinq cents ans de créations artisanales et artistiques. De la Nouvelle-Guinée à l’Ouest à Rapa Nui (île de Pâques) à l’Est, d’Hawaï à la Nouvelle Zélande, Mélanésie, Micronésie, Polynésie, les populations insulaires, d’archipel en archipel, ont développé d’innombrables spécificités. L’événement au Quai Branly évoque l’identité du continent océanique composé de plus de 25 000 îles, par le biais de thématiques soulignant les points de convergences entre ces civilisations, vaste panorama de cultures méconnues. L’exposition fait escale à Paris après avoir été présentée à Londres en 2018, à l’occasion des deux-cent-cinquante ans de la première des trois expéditions dans l’Océan pacifique du capitaine James Cook (1728-1779), explorateur et navigateur britannique. Issus de collection privées et publiques, plus de deux-cents chefs-d’œuvre illustrent le savoir-faire ancestral des artistes de l’Océanie. Si l’exposition célèbre la tradition et la mémoire, elle donne également la parole aux artistes contemporains qui portent un regard critique sur la société, le reste du monde et s’engagent pour alerter les citoyens sur les enjeux environnementaux actuels. 

lundi 25 mars 2019

Lundi Librairie : Frappe-toi le coeur - Amélie Nothomb



Frappe-toi le coeur - Amélie Nothomb : Au début des années 1970, Marie est la plus jolie fille d’une petite ville de province. Elle fait tourner les têtes et se prend pour le centre du monde. Elle n’est heureuse que lorsqu’elle suscite l’envie des autres. Elle rencontre Olivier, fils du pharmacien, futur pharmacien lui-même, le parti le plus convoité de la région. Et il s’éprend d’elle au plus grand dam des filles du coin. Seul incident de parcours, Marie tombe enceinte. Elle a dix-neuf ans et l’impression que sa jeunesse, son insouciance viennent de prendre fin bien trop tôt. Olivier, quant à lui enchanté, l’épouse tout de suite. Les deux familles sont ravies. Diane, le bébé qui né, est une merveille, si ravissante qu’elle provoque l’adoration de tous sauf de sa propre mère. Cette dernière développe à l’égard du nourrisson un violent sentiment de jalousie. Alors que Marie se comporte avec la plus grande froideur envers son enfant, Diane doit se construire en absence de tendresse maternelle. Elle trouve toutes les excuses à ce cœur froid jusqu’à la naissance d’un frère puis d’une sœur qui eux vont être aimés. Révoltée par cette injustice, Diane choisit de suivre sa propre voie en décidant très tôt de s’investir totalement dans la poursuite d’un rêve, devenir médecin cardiologue. Celui qui répare les cœurs.

samedi 23 mars 2019

Spectacle : Constance - Pot-pourri - Théâtre des Deux Ânes



Dans un spectacle à sketchs, rafraîchissant en ces temps de tout stand-up, Constance s’attaque aux névroses de l’époque. Grimée, elle change de costume à chaque récit, l’humoriste interprète une galerie de personnages féminins déjantés, neuf femmes représentatives d’un sujet de société. Sous ses allures de jeune fille sage, elle pratique un humour cru, cynique et lucide, aussi loufoque que décalé. Elle a l’art d’incarner les histoires les plus abominables avec ingénuité. L’écolière psychopathe préfère devenir "alcoolo parce que comptable, ça a l’air chiant". La bonne sœur d’un nouveau genre nous assure que "la sainte verge veille sur nous ainsi que sur son fist bien aimé". L’amoureuse des mots érotomane aime "les mots, tous les mots, les longs, les courts, les sales, les durs" elle aime "avoir des mots plein la bouche". La mère castratrice traumatise son enfant de huit ans en le culpabilisant. Constance questionne le statut des femmes, interroge les travers de ses contemporains et l’absurdité de la condition humaine.

vendredi 22 mars 2019

Mes Adresses : Le Bistrot de Madeleine, cuisine d'émotions, bistronomie radieuse au pied de Montmartre - Paris 9



Entre Pigalle et Barbès au pied de la Butte Montmartre, le Bistrot de Madeleine, ouvert en octobre dernier, a fait son nid dans un quartier vivant où il s’est ancré le plus naturellement du monde. Dans cet établissement parisien tout neuf mais tellement dans le ton, la convivialité est de mise et l’on en vient très vite à adresser la parole aux voisins. Le Bistrot de Madeleine, nommé en l’honneur d’un indéfectible amour filial, raconte l’histoire d’une reconversion radieuse. Juste avant de passer le cap de la cinquantaine, François Charpentier, le maître des lieux, décide de changer de vie. Il rêve depuis vingt ans d’ouvrir un restaurant. Après des cours de cuisine, diverses formations, façon pour lui d’appréhender le métier dans ses dimensions les plus techniques, il se lance enfin pour se réaliser. Afin de donner corps à ses envies de bistronomie, de beaux produits et de générosité, François Charpentier fait appel au chef Julien Kerwien, disciple de Guy Martin et de Joël Robuchon, passé aux commandes de l’Istr. Ensemble, ils imaginent pour le Bistrot de Madeleine une spécialité ancestrale, la cuisson à la braise qui confère à la viande une tendreté exceptionnelle et des notes fumées ébouriffantes. Cuisine d’émotions, belles évidences, accords aux reliefs pointus, au Bistrot de Madeleine, la créativité s’exprime avec limpidité. Authenticité et savoir-faire s'associent à la faveur d’une expérience épicurienne.

jeudi 21 mars 2019

Music : Saulo Duarte - Flor do Sonho



Lanço-me agora nesse salto
Eu já não tenho medo do escuro
Escolho um caminho confortável
E mostro o meu lado mais seguro

mercredi 20 mars 2019

Paris : Le Messager, une oeuvre monumentale d'Ossip Zadkine - Quai d'Orsay - VIIème



Le Messager, le Porteur de présents, le Navigateur, ces trois titres désignent une même oeuvre signée Ossip Zadkine (1890-1967), figure majeure de l’Ecole de Paris. A l’angle du pont des Invalides et du quai d’Orsay, cette sculpture figurative d’inspiration cubiste porte dans ses bras un bateau, qui rappelle à la fois le Navire des Nautes de Lutèce, symbole de Paris, et les ascendances de l’artiste lui-même, héritier d’une famille de constructeur de barges en bois. L’épreuve en bronze, aujourd’hui exposée dans les rues de Paris, a été réalisée par la Fonderie Susse Frères d’après un original en bois. Ce dernier ornait, lors de l’Exposition internationale des arts et technique de 1937, la terrasse sur Seine du Pavillon des bois exotiques. Imaginé par les architectes Michaud et Trottin, l’édifice éphémère s’ouvrait vers le fleuve en un majestueux portique où Le Messager de Zadkine accueillait les visiteurs. Si Le Porteur de présents a retrouvé le quai d’Orsay en édition bronze, il a néanmoins, de nos jours, troqué le pont Alexandre III pour celui, un peu plus loin, des Invalides. 

mardi 19 mars 2019

Cinéma : Résistantes. Tes cheveux démêlés cachent une guerre de sept ans - de Fatima Sissani



Trois femmes, trois militantes au sein du FLN, témoignent après des décennies de silence. Devant la caméra de Fatima Sissani, elles prennent la parole pour évoquer leur combat et le prix à payer pour leur engagement. Lorsqu’en 1954 la guerre d’indépendance éclate en Algérie, Eveline Lavalette-Safir, issue d’une famille de colons français installés en Algérie depuis deux générations, choisit de prendre le parti des opprimés, rejoint les rangs de la résistance algérienne. Arrêtée en 1956, torturée, elle est emprisonnée dans les geôles françaises pendant trois ans. Elle y rencontre Zoulikha Bekaddour, étudiante originaire de Tlemcen, militante pour l’indépendance, également arrêtée en 1956. Sœurs de combat, les deux femmes ne se sont jamais quittées. A la même époque, Alice Cherki, née dans une famille juive algéroise, étudie la psychiatrie et travaille avec Frantz Fanon. Engagée auprès du FLN, elle va connaître le même sort que ses deux camarades.

lundi 18 mars 2019

Lundi Librairie : Les étrangers sont nuls - Pierre Desproges



Les étrangers sont nuls - Pierre Desproges : « Si tous les étrangers étaient méconnaissables, on ne pourrait même plus faire de guerre, faute de pouvoir reconnaître l’ennemi. » Recueil de textes paru en 1992, cette anthologie de chroniques publiées en 1981 dans l’hebdomadaire satiriste Charlie Hebdo est l’oeuvre du très regretté Pierre Desproges. Passant au crible de son terrible mauvais esprit une trentaine de nationalités, peu sont épargnés. Dans ce savoureux opus, le grand provocateur prend à rebrousse-poil les discours d’ostracisme afin de désamorcer toutes les formes de xénophobie et de racisme. Par le prisme du second degré, mise à distance salvatrice, il ne craint ni sujets brûlants, ni questions sensibles. Les cas épineux sont son dada. Il les traite à grand renfort de calembours et autres contrepèteries. Sous sa plume libertaire, les incongruités se mêlent aux exagérations, taquinent la cocasserie. En inversant les réalités, Desproges, volontiers rosse, souvent fantaisiste, se fait pourfendeur du politiquement correct. Dans une veine de pure dérision, sur le fil d’un pacte humoristique passé avec le lecteur, il se désespère de l’absurdité des conflits qui gangrènent le monde, de la vanité de la condition humaine.  

samedi 16 mars 2019

Paris : Galerie de la Madeleine, atmosphère surannée, élégance préservée de l'un des passages couverts les plus récents - VIIIème



La galerie de la Madeleine, l’un des derniers passages couverts édifié à Paris, témoigne du développement, à partir de 1835, du quartier de la Madeleine, rendez-vous des élégances. Alors que les travaux d’agrandissement de la place de la Madeleine débutent, est initiée en 1840 une opération immobilière menée par la Société du passage Jouffroy à l’origine des passages Verdeau et Jouffroy. Les promoteurs achètent les terrains à l’angle de la place de la Madeleine, de la rue Royale jusqu’au boulevard Malesherbes. A partir de 1842, l’édification d’un ensemble d’immeubles de rapport élégants est confiée à l’architecte Théodore Charpentier. Très satisfait de son ouvrage, il grave son nom sous la clé de voûte de l’arcade de l’entrée principale de la galerie de la Madeleine qui voit le jour à cette occasion.

vendredi 15 mars 2019

Expo : Georges Dorignac, corps et âmes - Musée de Montmartre - Jusqu'au 8 septembre 2019



Célèbre en son temps, injustement retombé dans l’oubli, méconnu de nos jours, Georges Dorignac (1879-1924) a marqué les champs esthétiques de son époque par une série de dessins au fusain ou à la sanguine, des monochromes d’une puissance expressive saisissante. Les figures au modelé contrasté de ces feuilles au noir font sa réputation et attisent l’admiration de ses contemporains. Rodin, en 1914, s’exclame "Dorignac sculpte ses dessins […] Regardez ces mains, ce sont des mains de sculpteurs." De nature indépendante, imperméable aux modes et aux courants dominants, il n’aura cessé toute sa courte vie d’expérimenter la liberté créatrice. Son travail s’illustre par la maîtrise absolue du trait, la radicalité des compositions, la variété des styles et des techniques employées. A la suite des expositions monographiques de Roubaix et Bordeaux en 2016 et 2017, le musée de Montmartre rend hommage aux multiples facettes de cet artiste par le biais d’une exposition qui regroupe 85 œuvres, réalisées de 1901 à 1924. Une grande partie de cet important corpus, disséminé dans des collections privées, des galeries notamment la galerie Malaquais, des musées, est présentée pour la première fois au public. Une occasion merveilleuse de découvrir un très bel artiste.

jeudi 14 mars 2019

Music : Anna Calvi - As a man



If I was a man in all but my body
Oh would I now understand you completely
If I was a man in all but my body
If I was walking and talking
As a man

mercredi 13 mars 2019

Coup de Coeur : Collection Gancini, les créations chocolatées de Sébastien Gaudard célèbrent le nouveau monogramme de la maison Salvatore Ferragamo



La collection Gancini signée Sébastien Gaudard, gamme inédite de chocolats frappée du nouveau monogramme de la maison de couture Salvatore Ferragamo, célèbre l'heureuse association de la griffe florentine et du chef pâtissier parisien. La rencontre de ces deux univers, apparemment très différents, révèle l’étendue des valeurs communes, respect de la tradition, transmission des savoir-faire artisanaux, culte de l’excellence et vision de la modernité. Parfums d’enfance et d’Italie, les créations exclusives de Sébastien Gaudard se parent du symbole patrimonial de Ferragamo, le monogramme Gancini réinterprété par Paul Andrew, le directeur artistique. Le motif originel de la fermeture à double crochets, "gancini" signifiant littéralement "les crochets" en italien, a été inspiré par les pièces de ferronnerie en fer forgé qui ornent le mur du Palazzo Spini Feroni à Florence. Ce palais gothique, siège historique de la maison depuis 1938, est désormais un musée dédié à la marque. Le motif Gancini représente la puissance de l’héritage, ses infinies richesses. Durant trois semaines seulement, la nouvelle collection d’accessoires Salvatore Ferragamo, abondamment parée de cet emblème, investit les vitrines des deux boutiques de Sébastien Gaudard. Elles y côtoient les boîtes de chocolats monogrammés créées à cette occasion. Elégance et gourmandise sont au rendez-vous !

mardi 12 mars 2019

Cinéma : McQueen, un documentaire de Ian Bonhôte et Peter Ettedgui



Précurseur subversif, génie créatif torturé, figure majeure de la mode de la fin du XXème siècle et du début du XXIème, Alexander McQueen s’est donné la mort en 2010 à l’âge de quarante ans. Fils d’un taxi londonien, cadet d’une fratrie de six enfants, rejeton d’une famille modeste typique de l’Est londonien, celui qui n’est encore que Lee quitte l’école à l’âge de seize ans. Il entre en apprentissage chez un prestigieux tailleur de Savile Row, Anderson & Sheppard, fournisseur notamment du prince Charles, poursuit son expérience à Milan. Mais il se sent à l’étroit dans les ateliers. Il est accepté à la Saint Martin’s school. En 1992, la première collection de la maison McQueen est financée par les allocations chômages. Il est alors repéré par Isabella Blow, rédactrice de mode excentrique qui le prend sous son aile et l’introduit dans le sérail. En 1996, il intègre la maison Givenchy à la tête de laquelle il prend la suite de John Galliano. Il a vingt-huit ans. Bridé par les impératifs commerciaux de cette vieille institution, il développe en parallèle sa propre griffe à travers des collections toujours plus impressionnantes, provocantes, spectaculaires. Itinéraire d’un talent brut.

lundi 11 mars 2019

Lundi Librairie : Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la culture - Woody Allen



Pour en finir une bonne fois pour toutes avec la culture - Woody Allen : L’analyse freudienne des listes de blanchissage de Metterling, les us et coutumes des membres de la mafia en quête de respectabilité mais pris dans l’engrenage de la vengeance, les mémoires de guerre du coiffeur d’Hitler, qui se souvient "J'ignorais totalement que Hitler fût un nazi. Pendant des années, j'ai cru qu'il travaillait pour la compagnie des téléphones", ces trois textes forment un préambule piquant à ce recueil de nouvelles parodiques. Ecrites par Woody Allen au cours des années 1970, elles ont été publiées notamment dans le New Yorker Magazine. Anthologie brillante et décalée, ces dix-sept textes de jeunesse forment un ensemble contrasté. Comme autant de variations autour des obsessions très personnelles du cinéaste, il met en scène ses interrogations existentielles dans des saynètes drolatiques irrésistibles. 

samedi 9 mars 2019

Paris : Passage Choiseul, une galerie marchande aux charmes émoussés - IIème



Le passage Choiseul, fruit d’une opération spéculative d’envergure menée par la banque Mallet & Cie entre 1825 et 1827, a connu diverses fortunes. Lors de son inauguration, en 1827, il est l’un des plus modernes passages couverts parisiens et l’un des plus long avec ses 190 mètres. Mais son attractivité a toujours dépendu de ses résidents plutôt que de ses charmes fort maigres que Céline éreinte avec humour dans son roman autobiographique, Mort à crédit, publié en 1936. Les plans conçus par l’architecte François Mazois répondent à un ordonnancement sans fioritures, boutiques à l’entresol surmontées d’un unique étage d’habitation et verrière à deux pentes assez commune. Au décès de Mazois en 1826, un second architecte Antoine Tavernier mène à bien la construction sans dévier de la ligne. De nos jours, le passage Choiseul, s’il demeure pittoresque du fait de sa structure à travers le pâté de maison, n’a pas su développer d’attraits particuliers.

vendredi 8 mars 2019

Paris : Galerie Véro-Dodat, élégance nostalgique d'un passage couvert parisien - Ier



La galerie Véro-Dodat, passage couvert parisien inauguré en 1826, doit sa création à l’entregent de deux entrepreneurs qui donneront leur nom à leur oeuvre, Benoît Véro et François Dodat. Elle est le fruit d’une époque, la Restauration (1814-1830) qui permit aux opérations immobilières spéculatives de fleurir. Si le nom de son architecte n’est pas resté dans les annales, cette galerie marchande a connu un véritable succès lors de son lancement. Réputée pour son éclairage au gaz, modernité absolue en ce temps, et le raffinement de son décor, huisseries en cuivre, miroirs, bois imitant l’acajou, colonnettes peintes, elle s’impose comme l’une des belles promenades parisiennes. Mais malheureusement, supplantée par d’autres passages couverts à la pointe des techniques architecturales, plus lumineux, plus vastes, minée par des problèmes structurels d’aération notamment, la galerie Véro-Dodat est victime d’une profonde désaffection de la part du public. Au cours du XXème siècle, elle est même menacée de destruction à plusieurs reprises. A la fin des années 1970, les antiquaires qui l’investissent la sauvent définitivement. Objet d’une importante rénovation en 1997, la galerie Véro-Dodat a su séduire de prestigieux commerces par son charme nostalgique. Boutiques d’antiquités, d’ameublement, de décoration, d’instruments de musique, galeries d’art rivalisent d’élégance tandis que l’atelier-boutique de Christian Louboutin, tient le haut du panier.

jeudi 7 mars 2019

Music : The Raconteurs - Now that you're gone



What will you do
Now that you're gone?
On to somebody new
Well, that didn't take long

mercredi 6 mars 2019

Spectacle : Tania Dutel - La Nouvelle Seine - Jusqu'au 28 juin 2019



Dans la lignée de Blanche Gardin et Sarah Silverman, Tania Dutel appartient à une nouvelle génération d’artistes qui conjuguent le stand-up au féminin. Art de la cocasserie maîtrisé, de la rupture percutante, elle aborde frontalement de vrais sujets, machisme et misogynie ordinaire en tête. Pourfendeuse de tabous, caractère bien trempé, Tania Dutel sait désarçonner son auditoire par sa franchise, son ironie mordante. La démarche est militante, la parole libératoire. Cette féministe engagée pratique l’autodérision avec panache. Sur scène, plume décapante, sans filtre, elle dit tout haut ce que les femmes pensent tout bas. Et c’est hilarant.

mardi 5 mars 2019

Cinéma : Dans les bois, documentaire de Mindaugas Survila



Au fin fond des dernières forêts primaires de la Baltique, une nature sauvage préservée vit au rythme des saisons. Deux blaireaux jouent ensemble. Une délicate araignée traverse précautionneusement les dernières neiges. Une famille de chouettes rares s’abrite au creux d’un arbre. Un inquiétant serpent rampe en silence vers une minuscule souris. Au nid, des cigogneaux se repaissent d’un repas de grenouilles. Les loups rejoignent leur grotte. Des coqs de bruyère rivaux s’affrontent à la saison des amours. Et à la nuit tombante, la danse des lucioles éclaire les bois d’une lueur féerique.

lundi 4 mars 2019

Lundi Librairie : Les Heures solaires - Caroline Caugant



Les Heures solaires - Caroline Caugant : Billie, artiste parisienne tourmentée, prépare sa nouvelle exposition dans la douleur. Elle est confrontée aux limites qu’elle s’est toujours imposée. Tourmentée, elle ne trouve pas l’épanouissement et la relation qu’elle entretient avec Paul, un homme marié, est une source de frustration supplémentaire. Billie apprend la mort soudaine de sa mère, Louise. Cette dernière atteinte d’Alzheimer s’est enfuie de la maison de repos où elle séjournait et s’est noyée dans la rivière voisine. Accident, suicide, le doute flotte. La nouvelle brutale fait remonter les souvenirs d’un passé que Billie pensait avoir définitivement éloigné. Vingt ans après avoir quitté précipitamment son village natal, dans le Sud de la France, elle est contrainte d’y retourner afin de prendre des décisions au sujet de la maison de Louise. A V., Billie cherche à éviter tous ceux qui l’ont connue, ceux qui la rattachent à un passé douloureux, au drame de la disparition de Lila, sa seule amie d’enfance, sa sœur de cœur. Mais peu à peu, ses découvertes et ses rencontres vont éclairer d’un jour nouveau l’histoire familiale, l’origine de son mal-être aussi peut-être. Qui était vraiment l’oncle Henri, cet homme roux qui venait les voir tous les étés ? Quel terrible secret, Adèle sa grand-mère a-t-elle révélé dans son journal soigneusement dissimulé ? Qu’est-il arrivé à Lila ? 

samedi 2 mars 2019

Paris : Musée de la Sculpture en plein air - Jardin Tino Rossi - Port Saint Bernard - Vème



Le Musée de la Sculpture en plein air, installé depuis 1980 dans le jardin Tino Rossi mais relativement méconnu, se cache au bord de l’eau derrière les imposants bâtiments de l’université de Jussieu. A ciel ouvert, ce musée de la Ville de Paris sort les œuvres de leur réclusion compassée pour les offrir sans filtre au public. Ici pas de gardien désagréable, ni d’exploration cérémonieuse, les visiteurs sont en contact direct avec les collections. Cette proximité, la possibilité d’approcher au plus près des sculptures, de les toucher, excite naturellement la curiosité intellectuelle. Les enfants s’approprient volontiers les pièces pour y jouer, un lecteur s’adosse à l’une d’elle sans plus de façon, une passante s’accoude sur une autre afin de profiter d’un rayon de soleil. Intégré au quotidien, cet art contemporain pas toujours bien perçu trouve dans cette proposition sensible et sensorielle un formidable moyen de promotion. Avec le musée de la Sculpture en plein air, l’art sort du cadre et envahit la ville. Visite originale hors les murs, cette promenade artistique se révèle à la fois bucolique et urbaine.

vendredi 1 mars 2019

Expo : Van Gogh, la Nuit étoilée - Atelier des Lumières - Jusqu'au 31 décembre 2019



Premier Centre d’art numérique à Paris, ouvert en 2018 par Culturespaces, l’Atelier des Lumières, après le succès de son premier opus consacré à Klimt, réitère l’expérience de l’exposition numérique  en proposant une nouvelle immersion dans l’univers pictural du peintre néerlandais culte, Vincent Van Gogh (1853-1890). Une vingtaine de tableaux, tous réalisés dans les dix dernières années de la vie de l’artiste, des débuts au Pays-Bas jusqu’à la maturité, composent la matière vive d’un périple visuel et sonore. Scénographie grandiose, jeu d’échelle dansant, dispositif spectaculaire, l’objet artistique dématérialisé devient matrice englobante. Ce son et lumière, film de trente-cinq minutes qui propulse Van Gogh à l’ère numérique, a été imaginé par quatre artistes italiens, le concepteur Gianfranco Iannuzzi, le metteur en scène Renato Gatto, le vidéaste Massimiliano Siccardi et le compositeur Luca Longobardi. Alternative aux événements muséaux classiques, l’exposition immersive porte en elle une idée de complémentarité et n’affiche pas d’ambitions didactiques. Ce divertissement différent, passerelle, cherche à séduire des personnes qui ne fréquentent pas forcément les grandes institutions culturelles afin de leur donner le goût de découvrir des œuvres, passeur d’envie. La démarche conceptuelle s’adresse à notre âme d’enfant et consacre une expérience sensible, sensorielle. Elle propose un regard différent sur l’ensemble du travail de l’artiste. Et le plaisir esthétique est évident.