Paris : Buste de Dalida à Montmartre, oeuvre du sculpteur Alain Aslan - XVIIIème



Le buste de Dalida à Montmartre, oeuvre du sculpteur français Aslan inaugurée en 1997, est rapidement devenu un lieu de pèlerinage et de recueillement pour les admirateurs de cette icône de la chanson populaire. Désormais, les touristes du monde entier prolongent la légende à travers un curieux rituel pas toujours du goût des riverains qui y voient galéjade et indécence. Polie par les hommages répétés, la patine du bronze est usée au niveau de la poitrine. Caresser les seins de métal porterait bonheur, particulièrement en amour. L’origine de cette nouvelle tradition demeure incertaine.










Yolanda Gigliotti, née au Caire en 1933 et disparue en 1987, avait fait de Montmartre son quartier d’élection depuis l’acquisition du bel hôtel particulier du 11 bis rue d’Orchampt. De 1962 à 1987, Dalida vit ici. Devenue une figure montmartroise marquante, son souvenir perdure dans la mémoire collective des habitants qui évoquent avec émotion sa mémoire. Voix d’alto, chaude et sensuelle, léger accent italien et talent d’interprète, Dalida a traversé les modes et les courants musicaux, l’une des premières artistes en France à se lancer dans le disco. Elle enregistre plus de 700 titres en plusieurs langues et vend de son vivant près de 120 millions de disque. Mais cet immense succès n’aura pas préservé la femme, grande amoureuse au destin tragique. Dalida se donne la mort le 3 mai 1987.

Montmartre rend hommage à l’interprète de Gigi l’amoroso une première fois près de dix ans après son décès. La Ville lui consacre une place, au carrefour de la rue de l’Abreuvoir, de la rue Girardon et de l’allée des Brouillards à deux pas de son ancien domicile. Ce confetti charmant devient place Dalida par arrêté municipal du 5 décembre 1996.

Second hommage du quartier à la chanteuse, le millésime 1996 de la cuvée du Clos Montmartre porte son nom. Puis le 24 avril 1997, à l’occasion de l’anniversaire de sa mort, est inauguré un buste à son effigie. Ce bronze élégant et sensuel est signé Aslan (1930-2014) nom d’artiste d’Alain Gourdon qui emprunte le patronyme de son grand-père d’origine arménienne. Célèbre pour ses figures féminines et ses portraits de célébrités, il a représenté Marianne deux fois, en empruntant les traits de Brigitte Bardot en 1968 puis ceux de Mireille Mathieu en 1978. Il est également l’auteur de bustes fameux du Général de Gaulle, Alain Delon et Georges Pompidou. 








Aslan a marqué les esprits de toute une génération en tant qu’illustrateur. De 1963 à 1981, il créé les pin-ups du magazine Lui, femmes aux formes généreuses. Durant cette même période, de nombreuses salles de spectacle font appel à ses talents. Li imagine des affiches pour les Folies Bergère, le Crazy Horse, le Casino de Paris, l’Olympia mais aussi des pochettes de disques et des publicités. Auteur de la statue en pied qui orne la tombe de Dalida au cimetière de Montmartre, 18ème division, il a représenté la chanteuse à la façon d’une divinité égyptienne, auréolée d’un soleil. 

Le buste de la place Dalida a subi des assauts moins aimables parmi lesquels une tentative de vol en 2010. Le système d’accroche détérioré, la restauration dure un mois avant que Dalida retrouve son socle. En mars 2017, le buste est vandalisé à la suite d’une manifestation en soutien à Théo. La mobilisation des internautes accélère le nettoyage des graffitis infamant et la sculpture est rapidement restaurée. 

Buste de Dalida, une oeuvre d’Aslan
Place Dalida - Paris 18