mardi 30 avril 2019

Cinéma : Coming out, un documentaire de Denis Parrot



Ils s’appellent Campbell, Luke, Artem, Daniel, Cayden, ils sont britanniques, américains, japonais, sud-africain. Ils ont choisi de révéler leur homosexualité ou leur transidentité à leurs proches par le biais de vidéos amateurs postées sur les réseaux sociaux. Cette démarche personnelle reflète l’évolution de la société, la nouvelle culture de l’image. Pour ces jeunes, mettre ces vidéos, entre la confidence et la confession, en ligne est la première étape vers la liberté, l’acceptation pleine et entière de soi-même. A l’origine monteur image et infographiste, Denis Parrot, le réalisateur, a visionné sur Youtube plus de 1200 vidéos tournées entre 2012 et 2018. Afin de rendre compte de ce moment décisif du coming out, de l’annonce et de ses conséquences, il a traité ces séquences à la façon d’images d’archives. Comme une succession de portraits à travers le monde, cette compilation, traitée sans effet ni commentaire, nous parle de lui, de nous, de la force et du courage des intervenants. La diversité des témoignages balaie un vaste panorama des situations, tableau composite représentant tout une génération de personnes issues de la communauté LGBT+. 

lundi 29 avril 2019

Lundi Librairie : L'Intranquille. Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou - Gérard Garouste avec Judith Perrignon



L'Intranquille - Gérard Garouste avec Judith Perrignon : Alors que son père avec lequel il a toujours entretenu des relations exécrables, vient de mourir, Gérard Garouste, artiste reconnu internationalement, se souvient. A contre-courant de l’art conceptuel, chantre de la figuration post-moderniste, ce peintre discret a su tracer une voie singulière et faire entendre son talent malgré de profondes dépressions. Il se confie avec élégance à Judith Perrignon, écrivaine et journaliste donnant naissance à une autobiographie émouvante, mélancolique, qui traverse avec sensibilité toutes les fragilités d’un homme. Gérard Garouste évoque la nécessité de peindre, le foisonnement de l’imaginaire. Il parle de l’amour indéfectible de sa femme Elisabeth, architecte d’intérieur et designer, soutien inconditionnel. Et puis il convoque les démons, les tourments, se penchant sur les complexités de son être hanté. Les secrets de famille destructeurs, les non-dits comme d’invisibles fardeaux lui pèsent depuis toujours. Il raconte la réalité de la raison vacillante, l’origine de la folie, l’ignominie du père durant la guerre, l’antisémitisme. 

samedi 27 avril 2019

Paris : Pointe dite Trigano, immeuble habitable le plus étroit de Paris, longtemps considéré à tort comme la dernière demeure d'André Chénier - IIème



La Pointe dite Trigano, bâtiment en proue à pan coupé, forme l’angle des rues de Cléry et de Beauregard. Curiosité architecturale, anomalie charmante, cet édifice marque par sa dimension pittoresque l’identité du paysage urbain du quartier. La bâtisse originelle aurait, semble-t-il, été construite entre 1650 et 1675. Abondamment remaniée depuis sa création, le quatrième étage est d’ailleurs probablement une surélévation du XVIIIème siècle, seuls ses singuliers volumes demeurent parfaitement authentiques. Il s’agit de l’immeuble d’habitation le plus étroit de Paris, la plus petite maison de Paris, au 39 rue du Château d’eau, n’étant quant à elle pas habitable. La pointe formée par la construction apparaît sur les plans de Paris de 1760 et 1771 mais ne porte pas de nom. Elle est le fruit d’un urbanisme singulier dont les singularités reflètent l’histoire de Paris.

vendredi 26 avril 2019

Expo : Otani Workshop - Contes d'Awaji - Galerie Perrotin - Jusqu'au 11 mai 2019



Otani Workshop, littéralement l’atelier d’Otani, est depuis 2005 le nom d’artiste derrière lequel travaille seul Shigeru Otani. Ce plasticien japonais s’inspire de la nature pour réaliser des œuvres selon des techniques ancestrales, une tradition qui nourrit un propos contemporain. Ses créatures, silhouettes presque naïves, couleurs sourdes, surfaces texturées, appartiennent au domaine de l’enfance hantée par les contes. Du rêve au fantasme, il déploie les légendes d’un monde intérieur sensible. Pour la première fois hors d’Asie, la galerie Perrotin présente son travail à travers une vaste exposition, Contes d'Awaji, délicieusement décalée et poétique.

jeudi 25 avril 2019

Music : Youssou N'Dour - Il n'y a pas d'amour heureux



Rien n'est jamais acquis à l'homme Ni sa force
Ni sa faiblesse ni son coeur Et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux

mercredi 24 avril 2019

Paris : L'homme au bras levé, une oeuvre signée Olivier Brice. Itinéraire mouvementé d'un artiste retombé dans l'oubli - IIème



L’homme au bras levé, une oeuvre du sculpteur Olivier Brice (1933-1989), trône au cœur du Sentier où l’artiste a connu le succès en tant que styliste de mode. Faute d’institutions officielles ou de galeristes pour la soutenir, victime des controverses, de sa réputation du personnage, son oeuvre au symbolisme néoromantique troublant est tombée dans l’oubli. Le procédé créatif à l’origine des sculptures les plus représentatives de son travail, un enveloppement de formes préexistantes à la manière de Christo mais sur des dimensions moins monumentales, prête, en son temps, à polémiques. Olivier Brice revisite les grandes œuvres classiques des musées en les drapant de tissus qui dans une mise à distanciation de la sculpture originelle soulignent ou atténuent les volumes. Caractéristique de sa démarche, l’exemplaire fondu en 1988 de L’homme au bras levé, une oeuvre créée en 1973, a été installée en 2009 place du Caire non loin de l’ancien atelier de l’artiste après un passage au Musée de la Sculpture en plein air dont je vous parlais ici

mardi 23 avril 2019

Cinéma : Monrovia, Indiana - Un documentaire de Frederick Wiseman



Monrovia, Indiana est une commune rurale de l’Amérique profonde, traditionnellement acquise à l’idéologie républicaine et rarement montrée, bien loin du rêve américain incarné par le glamour de la Californie ou encore la côte Est des grandes métropoles. Champs de maïs à perte de vue, nature vertigineuse et pavillons en préfabriqué, les habitants mènent une vie rythmée par le cycle des saisons, une existence autarcique totalement déconnectée de l’actualité nationale ou internationale. Parmi les 1400 citoyens de la ville, une population en grande majorité blanche, 76% ont voté pour Donald Trump lors des dernières élections présidentielles. Frederick Wiseman, 89 ans, documentariste multi-récompensé, a posé sa caméra au cœur de ce petit monde étriqué, fermé aux autres. Il s’installe dans les commerces de la ville, l’armurerie curieusement très fréquentée, le salon de coiffure, la pizzeria, filme les interactions sociales à l’église, au cimetière et au funérarium, fréquente la foire agricole, pour regarder vivre sans jamais juger et tenter de comprendre. Il assiste aux réunions de l’équipe municipale où s’opposent progressistes et conservateurs poussant en sous-texte une réflexion sur la conception de la société.

lundi 22 avril 2019

Lundi Librairie : Ni d'Eve ni d'Adam - Amélie Nothomb



Ni d'Eve, ni d'Adam - Amélie Nothomb : Belge née à Kobe, Amélie a quitté le Japon à l’âge de cinq ans. Quinze années plus tard, elle retourne dans sa patrie de cœur, rêvant de devenir une vraie japonaise. Afin de perfectionner sa pratique de la langue japonaise, elle imagine donner des cours de français. Son premier et seul élève est un jeune francophile. Rinri, fils de bonne famille, étudie le français à l’université mais aurait bien besoin de progresser. Alors qu’au fil des rencontres avec Amélie, il s’improvise guide touristique, leurs rendez-vous prennent le chemin d’un certain parcours du tendre tokyoïte, lieux de passages obligatoires des amours naissantes. Séduit par la différence d’Amélie, Rinri, qui est lui-même assez extravagant, s’éprend follement de la jeune femme. Mais elle ne parvient pas à tomber amoureuse d’un être si gentil, si totalement dépourvu de mauvaises intentions, incapable de faire le mal. Elle l’aime bien.

samedi 20 avril 2019

Expo : Thomas Schütte, Trois actes - Monnaie de Paris - Jusqu'au 16 juin 2019



Première rétrospective parisienne consacrée au travail de Thomas Schütte, ambitieuse monographie avant celle attendue en 2021 au MoMa à New York, Trois actes à la Monnaie de Paris présente une soixantaine d’œuvres dont six réalisées à l’occasion de cet événement. Lion d’or à la Biennale de Venise en 2005, l’artiste allemand né en 1954 à Oldensbourg, élève de Gerhard Richter dans les années 1970 à la Kunstakademie de Düsseldorf, n’avait pas été exposé dans la Capitale depuis près de trente ans. Sculpture monumentale, cire et pâte à modeler, installation, céramique, dessin, peinture, aquarelle, architecture, l’oeuvre protéiforme de Thomas Schütte, sous son apparent éclectisme, tisse à travers trois décennies un propos cohérent, une réflexion fil rouge sur la société et la vulnérabilité des individus face aux systèmes. L’ensemble de son travail suit un même mouvement incessant, changements d’échelle, de matériaux, renouvellement des motifs récurrents. Il exprime entre drame et dérision, violence et innocence, une profonde angoisse existentielle, une critique ironique de notre monde où la caricature trouve naturellement sa place. L’exposition à la Monnaie de Paris se déploie sous la forme d’un vaste cabinet de curiosités, des cinq cours du 11 Conti investies par l’artiste aux ors des salons. Fascinant, troublant. 

vendredi 19 avril 2019

Spectacle : Chattologie - Klaire fait grr - Dernière le 24 avril au Café de la Gare



Depuis près de deux ans, Klaire fait grr, youtubeuse, chroniqueuse pour Neon, podcasteuse pour Arte radio avec Mycose the night, monte sur scène pour soutenir un spectacle écrit par Louise Mey et dont le titre provocateur illustre bien l’état d’esprit frondeur. Chattologie, la science de la chatte donc, aborde l’un des derniers tabous, le sujet des règles. Alors que l’évocation des menstruations, phénomène naturel invisibilisé par la société, provoque toujours la gêne et le malaise, les femmes sont culpabilisées au point d’avoir honte de leur propre corps. Très tôt, les jeunes filles nubiles apprennent que c’est sale, que ça doit rester un secret et le phénomène de rejet conduit à la perpétuation des pires clichés “Au mieux, on nous fait des blagues nulles, au pire on nous isole dans une hutte à distance du village”. En abordant frontalement le thème, parfois de façon crue mais surtout libératoire, Klaire fait grr s’adresse à tout le monde, doté d’un utérus ou pas. Chattologie est un seul-en-scène féministe aussi drôle que salvateur. Free frifri !

jeudi 18 avril 2019

Music : Childish Gambino - This is America



We just wanna party
Party just for you
We just want the money
Money just for you
I know you wanna party
Party just for me
Girl, you got me dancin' (yeah, girl, you got me dancin')
Dance and shake the frame

mercredi 17 avril 2019

Paris : Passage des Princes, dernier des passages couverts du XIXème siècle - IIème



Le passage des Princes, dernier des passages couverts du XIXème siècle, a vu le jour à l’initiative de Jules Mirès (1809-1871) homme de presse et d’affaires également banquier. Il a accompagné les transformations du quartier au cours du Second Empire sans se départir d’un certain succès contrairement à beaucoup de ses aînés. De nos jours, occupé par un grand magasin de jouets, Joué Club, le passage des Princes fait la joie des enfants dans une atmosphère étrange mêlant la modernité et un kitsch pas dépourvu de charme. Mais cette galerie marchande, aussi charmante soit-elle, n’est qu’une reconstitution du passage originel. En effet, il a été quasiment entièrement démoli à la suite d’une opération immobilière débutée en 1985 puis reconstruit entre 1990 et 1995 selon des dispositions différentes plus aptes à accueillir commerces modernes et divers bureaux. Une copie certes mais ponctuée d’éléments d’origines restaurés tels que la verrière ou la coupole en verre teinté.

lundi 15 avril 2019

Lundi Librairie : L'analphabète qui savait compter - Jonas Jonasson



L'analphabète qui savait compter - Jonas Jonasson : Née dans les années 1960, au cœur de Soweto, le plus grand ghetto de Johannesburg, l’un des Townships les plus peuplés et les plus pauvres d’Afrique du Sud, Nombeko Mayeki travaille dès l’âge de cinq ans à la vidange des latrines communes. Orpheline à dix ans, la fillette, analphabète mais d’une remarquable intelligence, parvient grâce à son talent avec les chiffres à devenir à quatorze, cheffe des videurs de latrines. Elle croise alors le chemin d’un affreux libidineux qu’elle calme d’un bon coup de ciseaux mais qui lui apprend à lire. La chance semble lui sourire. Nombeko hérite fortuitement d’une fortune en diamants bruts mais se fait renverser par la voiture d’un ingénieur alcoolique. La justice sud-africaine raciste de l’apartheid condamne la victime à travailler pour le bourreau. Enfermée dans un complexe ultra-sécurisé, Nombeko se retrouve alors femme de ménage pour un crétin pourtant en charge du programme nucléaire national. Se plongeant dans la bibliothèque de la base, Nombeko devient en autodidacte ingénieure spécialiste de l’atome. Et un atout indispensable pour le responsable incompétent du programme. Dans le même temps, en Suède, un postier monarchiste convaincu vire du jour au lendemain républicain anti-souverainiste enragé tandis que son épouse donne naissance à des jumeaux dont l’un n’a pas d’existence légale. 

samedi 13 avril 2019

Expo : Anting Anting, l'âme secrète des Philippins - Musée du Quai Branly Jacques Chirac - Jusqu'au 26 mai 2019



Puissants talismans ancestraux, les Anting Anting révèlent par leur omniprésence un aspect inattendu de la culture des Philippines. Selon la tradition populaire, ces amulettes imprégnées d’un pouvoir mystique surnaturel acquis lors de rituels confèrent à leur propriétaire force et protection. Portée près de la peau, il existe un lien intime entre la médaille et son détenteur qui par le biais de cet art ésotérique s’assure une connexion au divin et la promesse d’invulnérabilité, de guérison, d’amour et de richesse. A l’atelier Martine Aublet, le Musée du Quai Branly Jacques Chirac consacre une exposition originale aux Anting Anting sous forme de cabinet de curiosités. Elle rassemble de nombreux objets, médaillons de laiton, de cuivre, d’os ou de bois, chemises investies de propriétés magiques, papiers consacrés ainsi que des photographies de ceux qui pratiquent cette croyance jusqu’à faire tatouer dans leurs chair les motifs sources de force. Des séquences filmées des différents rituels complètent ce court panorama fascinant.

vendredi 12 avril 2019

Mes Adresses : Miel Factory, la cave à miels du Marais où déguster grands crus de France et nectars d'exception du bout du monde



Echoppe mordorée, évocation de la ruche nourricière dont elle célèbre les produits, la boutique Miel Factory accueille au cœur du Marais les amateurs du divin nectar depuis 2016. Les collections de miels mono-floraux, la spécialité des lieux, entraînent les visiteurs des campagnes françaises, Landes, Gers, Pyrénées, Cévennes, Dordogne, Creuse jusqu’aux confins de la planète, forêts primaires du Chili ou de Tasmanie, Karoo d’Afrique du Sud, les plantations de café du Vietnam, vallées désertiques du Yemen, savanes du Burkina Faso. Le patrimoine mellifère se fait monde. Rémi Porthault, le fondateur de Miel Factory, travaille en étroite collaboration avec les apiculteurs français et étrangers. La carte des miels évolue au gré des saisons, des nouvelles découvertes, des opportunités. Subtilité des terroirs, nuance des parfums, exaltation des particularités, origines caractéristiques, l’approche est gastronomique, l’excellence une valeur cardinale. Grands classiques et crus rares répondent aux mêmes exigences. Un engagement de qualité qui révèle en sous-texte une véritable philosophie militante pour un monde où les abeilles seraient protégées, la nature préservée et les êtres humains un tout petit peu plus conscients.

mercredi 10 avril 2019

Spectacle : David Azencot - Inflammable - Le Lucernaire



« Je suis juif, combustible, c’est pourquoi j’ai baptisé mon spectacle Inflammable. » Le ton est donné. David Azencot n’a que faire de la bien-pensance aseptisée. Le politiquement correct, les bons sentiments, il ne connaît pas. Digne héritier de Pierre Desproges, des Nuls, l’ancien pubard dézingue à bout portant les hypocrisies et les ridicules de l’époque. Son seul en scène dresse un portrait au vitriol du monde tel qu’il va - pas très bien. L’humoriste, sans filtre, se refuse au consensuel, verbe haut, provocation flamboyante. Drapé dans un second degré salvateur, David Azencot aborde frontalement les sujets sensibles, ceux qui fâchent et divisent la société contemporaine, la religion, les extrémismes, le terrorisme, le transhumanisme, les Gafa, les Big data, le sexisme, la politique, l’écologie. Cette chronique de notre temps, analyse sociétale portée par une réflexion lucide, un propos dense, nous enjoint de rire de tout maintenant avant de n’en pleurer.

mardi 9 avril 2019

Cinéma : Love, Cecil (Beaton), un documentaire de Lisa Immordino Vreeland



Figure majeur du monde des arts durant près de soixante ans, esprit impérieux, dandy intemporel, Cecil Beaton (1904-1980) a marqué de son empreinte l’esthétique du XXème siècle. Cet iconoclaste hyperactif sera tourmenté toute sa vie par une ambition, celle de n’être jamais ordinaire, d’échapper aux stigmates, aux contraintes de la vie quotidienne. Photographe, illustrateur, concepteur oscarisé de costumes pour le cinéma, scénographe pour les théâtres londoniens, auteur de nombreux articles et d’une trentaine d’ouvrages, ce grand mondain, organisateur de fêtes d’anthologie, échappe aux catégories. Cet inclassable savait se faire le chroniqueur des évolutions sociétales et artistiques. Il aura vécu une existence dédiée à l’esthétique visuelle, à la glamourisation de tous les instants. A la suite du documentaire dédié à Diana Vreeland, puis celui à Peggy Guggenheim dont je vous parlais ici, Lisa Immordino Vreeland, s’intéresse à la personnalité complexe de Cecil Beaton. Son film, Love, Cecil (Beaton) dresse un portrait flatteur mais ne recule néanmoins pas devant les controverses suscitées par le personnage.

lundi 8 avril 2019

Lundi Librairie : Sur les chemins noirs - Sylvain Tesson



Sur les chemins noirs - Sylvain Tesson : Ecrivain-voyageur, baroudeur des grands espaces lointains, adepte de l’escalade sur les sommets du monde et des cathédrales, stégophile, Sylvain Tesson est victime en 2014, peu de temps après avoir perdu sa mère, d’un accident à Chamonix. Lors d’une soirée arrosée, il tombe d’un toit où il faisait le pitre. Grièvement blessé, la chute manque de laisser paralyser. Il se promet sur son lit d’hôpital, s’il en réchappe, de traverser la France à pied. Il choisit la marche plutôt que le centre de rééducation. Malgré des séquelles, il est sourd d’une oreille, défiguré par une paralysie faciale et supporte de terribles douleurs au dos, il entreprend un grand périple thérapeutique le plus souvent seul parfois rejoint par des amis écrivains, photographes, sa famille. De la gare de Tende dans les Alpes du Sud à la frontière italienne jusqu’au Cotentin du côté de La Hague, pendant un peu plus de deux mois, Sylvain Tesson part à la reconquête du mouvement et de soi-même. Après les grands dépaysements du bout du monde, il emprunte les routes hexagonales, celles d’une France épargnée par les aménagements territoriaux que l’administration désigne sous le triste terme « d’hyper-ruralité ». Diagonale loin des chemins balisés.

samedi 6 avril 2019

Expo : Collection Emil Bührle - Musée Maillol - Jusqu'au 21 juillet 2019



Exceptionnelle anthologie, trésor artistique rassemblé entre 1937 et 1956 par le marchand d’armes Emil Bührle, la collection Bührle est l’une des plus prestigieuses collections privées mais aussi l’une des plus controversées. Parmi les 630 pièces qui composent ce magnifique ensemble, 57 sont présentées au musée Maillol, la plupart pour la toute première fois en France. Cette composition de morceaux choisis réunit les plus grands noms de l’impressionnisme, Manet, Monet, Pissarro, Degas, Renoir, Sisley et du postimpressionnisme Cézanne, Gauguin, Van Gogh, Toulouse-Lautrec mais aussi un vaste panorama des débuts du XXe siècle avec les Nabis, Bonnard, Vuillard, les Fauves et les Cubistes, Braque, Derain, Vlaminck, l’École de Paris représentée notamment par Modigliani, pour finir avec Picasso. Ce florilège établit visuellement les liens de filiation entre les différents courants artistiques de la modernité tout en soulignant l’apport personnel de chaque artiste à l’Histoire de l’art. La collection Emil Bührle jusqu’ici itinérante - elle s’est établie en 2017 à la Fondation de l'Hermitage à Lausanne puis en 2018 au Japon dans trois musées majeurs - rejoindra définitivement une extension du Kunsthaus de Zurich, conçue par l’architecte David Chipperfield en 2021.

vendredi 5 avril 2019

Mes Adresses : Café Jacques, une nouvelle brasserie parisienne signée Ducasse Culture et Musiam au coeur du Musée du Quai Branly Jacques Chirac



Après deux mois de travaux et de mise en beauté, le grand café du musée du Quai Branly Jacques Chirac a rouvert début mars. Sous pavillon Ducasse Culture, filiale du groupe Alain Ducasse, le tout nouveau Café Jacques, en hommage à l’ancien président de la République, prolonge l’expérience d’un lieu de culture singulier. Au cœur du jardin dessiné par le paysagiste Gilles Clément et déployé au pied du bâtiment imaginé par l’architecte Jean Nouvel, l’établissement s’inscrit dans la lignée de la philosophie Musiam, contraction de musée et miam. Exigence de qualité, formules malines et prix serrés, du petit-déjeuner jusqu’au goûter tardif, cette charmante table décline de façon abordable l’idée de tradition bistrotière remise au goût du jour par Alain Ducasse. La terrasse du Café Jacques idéalement placée en face de la Tour Eiffel est l’un de ses plus beaux atouts. Elle offre le double avantage d’une vue imprenable et d’une quiétude heureuse hors du murmure de la ville. En cette saison printanière, le jardin, enclave champêtre en plein floraison, volerait presque la vedette à la vénérable dame de fer. 

jeudi 4 avril 2019

Music : Simple Minds - Don't you



Hey, hey, hey, hey
Ooh woh
Won't you come see about me?
I'll be alone, dancing you know it baby

mercredi 3 avril 2019

Paris : Passage Puteaux, un passage couvert méconnu au charme intact - VIIIème



Le passage Puteaux, discret chemin de traverse au charme hors du temps, connaît un destin florissant depuis quelques années grâce aux jolis bistrots qui s’y sont installés. Quelques bureaux et de coquettes terrasses abritées des intempéries ponctuent ce passage couvert méconnu, l’un des plus courts de Paris avec ses 29 mètres de long. Les six travées délimitées par des pilastres sont occupées par des surfaces vitrées propices à l’établissement de vitrines ou devantures marchandes. Si le décor bien conservé paraît d’une relative simplicité, les détails soignés, tels ces chapiteaux au dessin élégant, enjolivent l’allée dont la verrière sans fioritures ne couvre que la moitié. Inauguré en 1839, le passage Puteaux est le fruit d’une opération immobilière menée par le célèbre promoteur parisien dont il porte le nom, Louis Puteaux (1780-1864). Comptant parmi les fondateurs du village des Batignolles, très actif dans le domaine des logements sociaux aux portes de Paris, il investit également dans des projets plus luxueux parmi lesquels quarante maisons dans le nouveau quartier de la Madeleine. 

mardi 2 avril 2019

Cinéma : Les arbres remarquables, un patrimoine à protéger - Un documentaire de Georges Feterman, Jean-Pierre Duval, Caroline Breton



Alors que les pâturages et les champs surexploités se développent toujours plus, que l’essor des zones urbanisées semble inexorable, les forêts primaires se raréfient, victimes du déboisement intensif. Depuis 1994, l’association ARBRES (Arbres remarquables, bilan, recherche, études et sauvegarde) délivre le label arbre remarquables aux sujets les plus exceptionnels dans la lignée de son travail d’inventaire et de protection. Ce documentaire nous invite à un tour de France jusqu’au DOM TOM des spécimens les plus beaux, une cinquantaine d’individus retenus, parmi les 450 ayant été labélisés. Platanes, tilleuls, châtaigniers, chênes, oliviers, les critères de cette sélection évolue selon les essences. Remarquables par leur âge, leur taille, leur forme, leur histoire, les légendes qui leur sont rattachées, leur esthétique, une couleur particulière du feuillage, leur morphologie, l’isolement hors du milieu naturel de la variété, les arbres impressionnent, surprennent, étonnent. Ce patrimoine naturel vivant d’une beauté majestueuse suggère la passation de relais entre les générations. Ils sont le témoin de l’histoire, la mémoire de la planète.

lundi 1 avril 2019

Lundi Librairie : Entrez dans la danse - Jean Teulé



Entrez dans la danse - Jean Teulé : Au début du XVIème siècle, Strasbourg, bourgade indépendante du Saint Empire germanique jusque-là florissante est frappée d’abominables fléaux. Aux grands froids, succèdent les canicules et les sécheresses. Inondations et pluie de météorites affectent la ville. Les envahisseurs turcs sont annoncés. Les maladies se répandent comme traînée de poudre, la peste, la lèpre, le choléra, la suette anglaise, la syphilis. Durant l’été 1518, la famine est terrible, l’angoisse à son comble. La population meurt de faim. Les habitants sont réduits aux plus épouvantables extrémités. Les cas d’infanticides se multiplient ainsi que ceux d’anthropophagie. Faute de pouvoir nourrir son enfant, Enneline Troffea, la femme de Melchior l’imprimeur-graveur, vient de jeter le nourrisson à la rivière. Au plus profond de son désespoir, elle est prise d’une soudaine transe dansante. Leurs voisins, des tonneliers qui ont rôti leur propre fille pour la manger, sont entraînés dans cette même gigue. Bientôt des milliers de malheureux tournoient dans les rues, dansent sans fin, nuit et jour, jusqu’à tomber morts d’épuisement. Quelle est la cause de cette nouvelle épidémie ? Ergot de seigle, possession démoniaque ? Ediles municipaux, médecins et représentant de l’Eglise s’évertuent en vain à trouver un remède à ce mal étrange. Quitte à envisager les solutions les plus drastiques.