samedi 29 septembre 2018

Paris : La naissance des formes, une oeuvre signée Ossip Zadkine - allée Georges Besse - XIVème



La naissance des formes, statue en bronze signée Ossip Zadkine, a été installée le 3 juillet 2012 allée George Besse à l’ombre de la tour Montparnasse en présence de Bertrand Delanoé, alors maire de Paris. A son retour d’exil après la Seconde Guerre Mondiale durant laquelle il s’était réfugiée aux Etats-Unis, l’artiste entame une série de recherches sur la représentation de la figure humaine. Il tend à investir l’objet sculpté d’une puissance poétique et choisit de subordonner l’expérimentation formelle à l’expression des sentiments puissants. Si la taille directe demeure sa technique de prédilection, à cette époque il s’initie aux subtilités du modelage. Les compositions prolixes de cette période répondent à la diversité des thèmes abordés. Ossip Zadkine travaille plâtre et glaise, matières grâce auxquelles il libère les courbes du bloc compact dans une harmonie de la fluidité. Issue des collections du musée Zadkine, La naissance des formes, plâtre de petite dimension est réalisée en 1947. La première épreuve monumentale en bronze verra le jour en 1958. 

vendredi 28 septembre 2018

Expo : Caravage à Rome, amis et ennemis - Musée Jacquemart-André - Jusqu'au 29 janvier 2019



Brève période, aussi resserrée qu’intense, les années romaines du Caravage, de 1592 à 1606, seront décisives. Homme ombrageux à la réputation sulfureuse, artiste fulgurant et sensuel, à lui seul, il  a incarné l’avant-garde et marqué l’histoire de l’art de son génie. Au musée Jacquemart André, l’exposition Caravage à Rome, amis et ennemis retrace en une dizaine de toiles majeures, cette époque passée au sein de la Cité Eternelle. Une prouesse - le corpus du peintre ne comprend qu’une soixantaine d’œuvres - rendue possible grâce aux prêts exceptionnels des plus grands musées italiens Palais Barberini, Galerie Borghese, Musée du Capitole à Rome, Pinacothèque de Brera à Milan, Musée Strada Nuova de Gênes, Musée de Crémone ainsi que celui du Musée de l’Ermitage de Saint Petersburg qui a confié au musée Jacquemart-André, Le Joueur de Luth tout juste restauré. Parmi les tableaux présentés, sept le sont pour la première fois en France. Placées en regard à celles de ses contemporains, les toiles du Caravage initient un dialogue fascinant avec le travail de ses premiers maîtres, de ses compagnons, de ses rivaux.

jeudi 27 septembre 2018

Music : The Beatles - Come together


Here come old flat top
He come groovin' up slowly
He got joo joo eyeballs
He one holy roller
He got hair down to his knee
Got to be a joker
He just do what he please

mercredi 26 septembre 2018

Paris : Cité Pilleux, souvenir ouvrier et bucolique de la fin du XIXème siècle - XVIIIème



La Cité Pilleux, ancienne cité ouvrière réhabilitée en logements actuels, joue sur les codes entre transformations récentes et préservation du patrimoine populaire. Souvenir de l’industrie qui a fait la fortune des quartiers des Batignolles et des Epinettes, mémoire d’un Paris ouvrier, l’ensemble architectural harmonieux de la cité Pilleux date de la fin du XIXème siècle. Les petits bâtiments, maisonnettes individuelles d’un seul étage sur rez-de-chaussée, ont été construits dans un style dépouillé typique, proche de celui des premières cités ouvrières édifiées à la fin du Second Empire. Fermé au public par un digicode, ce petit passage bucolique au cœur de la ville, s’étend entre la rue de Saint-Ouen et la rue Ganneron du bas Montmartre. Si la voie est privée, la gentillesse des riverains pourrait néanmoins vous ouvrir la porte. Ceux-ci veillent avec sollicitude sur leur coin de paradis. Fleurs et plantes en pot, guirlandes lumineuses, mobilier de jardin donnent à cet ilot bucolique un air de village en fête malgré la patine du temps.

lundi 24 septembre 2018

Lundi Librairie : Reviens - Samuel Benchetrit



Reviens - Samuel Benchetrit : Ecrivain qui n’arrive pas à se remettre au travail, le narrateur procrastine autour d’un projet fumeux qui a pour sujet Pline l’Ancien. Frappé d’insomnies depuis que son fils est parti faire le tour du monde sac au dos, il passe ses nuits à fumer des clopes et écluse des whiskys en proie à de curieuses obsessions. Il se passionne pour une émission de télé-réalité particulièrement gratinée, 4 Mariages pour 1 lune de miel. Son éditeur lui a versé une confortable avance qui lui a servi à régler ses démêlés avec les impôts. Un producteur de télévision, appâter par le thème à la mode des banlieues, le contacte car il souhaiterait adapter son dernier roman Béton armé sans pourtant l’avoir jamais lu. Mais notre écrivain se trouve dans l’impossibilité de mettre la main sur un exemplaire encore en circulation. Absent des librairies, pilonné par sa maison d’édition, le livre rare se trouve encore d’occasion sur Amazon à 54 euros mais des problèmes improbables de livraison l’empêchent de mettre la main dessus. A la recherche de la dernière copie, il part à la rencontre de Raymonde dans une maison de retraite tandis que son contrôleur fiscal lui laisse un étrange mail d’appel au secours depuis Abidjan. 

samedi 22 septembre 2018

Paris : Fontaine de Jarente, curieuse source vive de l'impasse de la Poissonnerie - IVème



La Fontaine de Jarente mais dite aussi de la Poissonnerie ou encore mentionnée comme fontaine de Necker sur un cliché signé Eugène Atget ou bien d’Ormesson est adossée au fond de l’impasse de la Poissonnerie, ancien cul-de-sac médiéval devenu minuscule voie sans issue. Les différents noms de cette insolite invitée empruntent aux rues du quartier créées sur des terrains offerts à la Couronne vers 1773 par une congrégation du Val des Ecoliers fondée en 1201 par quatre Maîtres en Théologie de l'Université de Paris. En 1214, des sergents d’armes de la garde du roi promettent d'édifier une église en hommage à Sainte Catherine d'Alexandrie s'ils remportent la victoire. Les dons de riches croyants et la protection de la famille royale permettent la création d'un nouveau prieuré au coeur du Marais, le prieuré de Saint-Catherine-du-Val-des-Ecoliers. En 1767, le couvent tombe en ruines et le noviciat est transféré dans la maison des Jésuites, dont l'ordre vient d'être supprimé. L'église est démolie et les terrains réaménagés. Louis-François-Alexandre de Sénas d'Orgeval de Jarente (1746-1810), coadjuteur de l'évêché d'Orléans et prieur commendataire du prieuré royal de la Couture-Sainte-Catherine, qui décide de faire don des terrains, participe par cette décision à la profonde rénovation du plan du quartier.

vendredi 21 septembre 2018

Expo : Giacometti, entre tradition et avant-garde - Musée Maillol - Jusqu'au 20 janvier 2019



Pureté des formes, symbolisme au modelé nerveux, tension et vivacité, les longilignes sculptures d’Alberto Giacometti (1901-1960) sont désormais iconiques. Les silhouettes étirées fines comme des lames procèdent d’une intemporalité de la ligne en mouvement, comme projetée dans l’espace, où le socle s’affirme primordiale. Grande exposition événement au musée Maillol, Giacometti, entre tradition et avant-garde propose une relecture du travail du sculpteur suisse à travers un parcours chronologique et thématique qui met en regard une cinquantaine de ses œuvres avec la production d’une vingtaine de contemporains. Sur les traces de L’Homme qui marche, se révèlent en majesté la richesse et la diversité du mouvement créatif d’Alberto Giacometti. Ces plâtres, parfois peints, et les bronzes semblent malgré leur puissante singularité et le refus de l’artiste d’appartenir à un mouvement défini, n’avoir jamais rompu le dialogue avec ses prédécesseurs et ses pairs. 

jeudi 20 septembre 2018

Music : Yellow days - The way things change


I can't hear any words they say
I swear I must have lost the frame
Well, my friends think my soul is dead (thanks man)
But I'm just trapped in my own head

mercredi 19 septembre 2018

Paris : 67 rue de Turenne, ancien décor de boucherie, têtes de boeufs et crochets de fonte incongrus - IIIème



Au 67 rue de Turenne, le rez-de-chaussée d’un immeuble néo-classique datant du Premier Empire conserve un étonnant décor qui signale la présence d’une ancienne boucherie. Deux colonnes doriques et deux pilastres encastrés dans le mur ont trouvé naturellement leur place au fronton d’une boutique de prêt-à-porter. Mais plus marquantes encore, trois têtes de bœufs au-dessus d’un porche soutiennent un petit balcon. Demeurent également, vaguement menaçant, des éléments en fonte, anciens crochets de la boucherie auxquels étaient suspendues en devanture des carcasses. C’est qu’on n’était pas trop bégueule sur la barbaque en ces temps-là.

mardi 18 septembre 2018

Cinéma : Climax, de Gaspar Noé - Avec Sofia Boutella, Romain Guillermic, Souheila Yacoub, Kiddy Smile



Une troupe de danseurs se retrouve dans une salle des fêtes paumée en pleine cambrousse afin de célébrer la fin des répétitions d’un spectacle qui doit les emmener en tournée aux Etats-Unis et vers la gloire. Buffet, platines minimalistes, déco kitsch, ils savourent l’heure et leur formidable énergie collective. Mais à l’insu de la troupe, quelqu’un verse de l’acide dans la sangria. Le psychotrope se fait révélateur des failles individuelles et collectives. De fête animée, la soirée devient célébration orgiaque puis danse macabre.

lundi 17 septembre 2018

Lundi Librairie : La toile du monde - Antonin Varenne



La toile du monde - Antonin Varenne : Journaliste américaine libérée avant l’heure, personnalité anachronique élevée dans les grandes plaines du Nevada par un père aventurier et une mère humaniste, la scandaleuse Aileen Bowman se rend à Paris pour le compte du New York Tribune afin de couvrir l’Exposition Universelle de 1900. Affranchie des conventions, fougueuse et rebelle, la belle rousse a obtenu du préfet une dérogation afin de porter le pantalon alors que la loi l’interdit pour les femmes. Tandis qu’elle livre des articles classiques pour son employeur originel, elle écrit sous pseudonyme dans La Fronde, premier journal féminin et féministe, des papiers qui défraient la chronique. Introduite dans la société parisienne interlope par le sulfureux peintre Julius LeBlanc Stewart, elle visite les maisons closes et fréquente les lieux de mauvaise vie. Dans la Ville Lumière, sous l’impulsion de l’Exposition Universelle, le rêve moderne technologique se fait rêve de liberté. La première ligne du métropolitain reliant la porte de Vincennes à la porte Maillot va bientôt être inaugurée. L’électricité pour tous n’est plus une vague promesse. Rudolf Diesel, l’inventeur du moteur fonctionnant à l’huile d’arachide remporte un prix. Mais si Aileen s’est rendue à Paris, c’est pour résoudre une histoire familiale complexe. Elle est venue rejoindre Joseph, métis indien, fils de son frère adoptif mort de froid dans une réserve Sioux avec sa compagne. Violent, alcoolique, tourmenté par son double héritage, Joseph qui a fui les Etats-Unis, a été engagé comme figurant dans le Pawnee Bill’s Historic Wild West Show.

samedi 15 septembre 2018

Paris : Fresque de William Mackendree - angle de la rue des Dames et de la rue Biot - XVIIème



La fresque monumentale à l’angle de la rue des Dames et de la rue Biot a été réalisée d’après une oeuvre de William Mackendree, un artiste américain qui vit entre New York et Paris depuis le début des années 1980. La maquette de cette oeuvre d’art publique a été présentée en 1999 à la Mairie de Paris dans le cadre du projet Les murs de l’an 2000. A cette occasion, une douzaine d’artistes majeurs de la scène internationale ont été contactés afin de proposer leur vision de la ville et autant de fresques destinées à orner les murs de Paris. Mais sans pour autant intervenir dans l’exécution. Prenant la suite, des artisans muralistes ont alors été chargés des tâches plus prosaïques dont le ravalement de façade préalable puis la réalisation de l’oeuvre. Financé grâce à l’intervention d’un annonceur en échange d’espaces publicitaires à travers la ville, ce programme artistique de grande ampleur a permis de réhabiliter certains immeubles du domaine public tout en faisant un geste pour démocratiser l’art contemporain. Les murs de la ville se font cimaises, Paris, musée à ciel ouvert.   

vendredi 14 septembre 2018

Paris : 77 rue de Charonne, les ateliers réhabilités d'une ancienne cour industrielle témoignent du passé artisanal de l'arrondissement - XIème



Au 77 rue de Charonne, derrière un immeuble sur rue qui date de 1886, se trouve une magnifique cour industrielle à la physionomie inhabituelle. Cet ensemble remarquable qui contraste si fortement avec les allures bourgeoises de la pierre de taille en façade aurait pu être construit indépendamment à une date différente. Cependant, la structure de fonte évoque avec panache le style architectural de l’époque. Les ateliers répartis sur cinq étages ployés en U sont desservis par des coursives. La charpente de métal peinte en rouge, l’ocre de la brique traditionnelle et les éléments de bois s’associent en un heureux camaïeu de teintes, lesquelles semblent fort exotiques à l’œil parisien. Au fond de la cour pavée, un monte-charge silencieux témoigne d’un passé industrieux. Aménagé et rénové, le bâtiment est aujourd’hui occupé par des bureaux, un studio de danse, une salle de yoga, un cours de comédie, un cabinet d’architecte ou encore une agence de voyage. La loge, un petit théâtre créé en 2009 par Alive Vivier et Lucas Bonnifait, a jusqu’en juillet dernier ouvert ses planches aux nouveaux talents de la musique, de la danse, du théâtre. Avec le succès de leur programmation, ses fondateurs ont fermé cette salle afin de s’installer dans des locaux plus grands.

jeudi 13 septembre 2018

Music : Lou Reed - Walk on the wild side


Holly came from Miami F.L.A.
Hitch-hiked her way across the U.S.A.
Plucked her eyebrows on the way
Shaved her legs and then he was a she
She said, hey babe, take a walk on the wild side,
Said, hey honey, take a walk on the wild side

mercredi 12 septembre 2018

Paris : Cour du Bel-Air, légende cocasse pour une cour artisanale du XVIIème siècle - XIIème



La Cour du Bel-Air, pittoresque ensemble du XVIIème siècle, fait partie de ces nombreuses cours artisanales du faubourg Saint-Antoine dont le destin a pris des inflexions moins manuelles. Dans cet ancien quartier des artisans du bois, les spécialistes du mobilier ébénistes, tapissiers, vernisseurs, laqueurs ont été éclipsés, au cours du XXème siècle, par des boutiques élégantes et des studios de professions libérales. Aujourd’hui, les courettes du faubourg, lieux de mémoire, ne font plus entendre le brouhaha des ouvriers au travail. Dans l’enceinte de la cour du Bel-Air, la quiétude est toute champêtre tandis que sur les pavés ne résonnent plus l’industrieuse activité.

lundi 10 septembre 2018

Lundi Librairie : Babylone Express - Mathilde-Marie de Malfilâtre



Babylone Express - Mathilde-Marie de Malfilâtre : Officier du renseignement, analyste politique et rédactrice au service de la lutte anti-terroriste, Luna de Pâris a le profil d’une fille de bonne famille. Mais désabusée par le monde tel qu’il est, sa route a dévié. Lors d’un road trip au Maroc sur les traces de Burroughs, elle a fait la connaissance de Marco von Z. un photographe engagé mais surtout dealer et à l’occasion gigolo. Rejeton d’une famille d’aristocrates italiens désargentés, très fins de race, ce défenseur radical du droit des animaux est aussi éco-terroriste à ses heures perdues. Fous l’un de l’autre, adeptes des paradis artificiels et du libertinage, ils voudraient refaire le monde et trouver une voie différente mais pour cela ils ont besoin de 30 000 euros. Ils montent un trafic de stupéfiants dont le camp de base se situe dans la caserne de la rue de Babylone où Luna habite avec les autres officiers. Spirale de la drogue, vendeurs et consommateurs, ils misent de plus en plus gros, de plus en plus toxiques. Paris, Marrakech, Berlin, Amsterdam, dans les milieux interlopes, les nuits sont orgiaques et toxiques.

samedi 8 septembre 2018

Spectacle : Vérino au Grand Point Virgule



Observateur de la société, Vérino impose la modernité d’une forme de stand up très personnelle. Acuité du regard, point de vue singulier, il pratique l’art de faire dévier les anecdotes du quotidien, glissant adroitement le petit grain de sable qui déclenche le rire. L’acuité du regard porté sur notre monde, la finesse de la réflexion lui permettent d’aborder des sujets parfois délicats, terrorisme, cancer, handicap, féminisme avec sensibilité et intelligence. Déployant un talent de conteur irrésistible, Vérino s’inspire de sa propre vie, d’anecdotes minuscules passées au crible de l’absurde pour jouer une jolie musique intimiste pas dénuée de poésie. Il aborde les sujets de la paternité, du couple avec beaucoup d’autodérision. En nous parlant de lui, de son expérience, il semble nous parler de nous. D’une grande générosité, Vérino partage, jamais niaiseux, un bonheur communicatif. Il sait aussi se faire militant, incisif lorsqu’il décrypte l’actualité, vannes ciselées et plume acérée.

vendredi 7 septembre 2018

Mes Adresses : Blueberry, le maki bar ébouriffant, l'Archipel nippon rebooté - Paris 6



Maki bar joyeusement ébouriffant, Blueberry déstructure, revisite, réinvente le genre afin de lui redonner ses lettres de noblesse. Les sœurs Vaconsin aux multiples talents - à elles deux, Marie-Lorna et Florence, elles sont restauratrices, comédiennes, romancières, dessinatrices - mènent avec vivacité cette curiosité aussi pop que gourmande. Un duo décidément très doué puisqu’on lui doit la trattoria La Bocca della Verità et le merveilleux Marcello dont je vous parlais avec amour ici. Alors qu’à Paris le maki tourne trop souvent à la rodomontade plan-plan, elles se sont inspirées des spécialistes du California roll version côte ouest des Etats-Unis. Les makis ambiancés par le chef Luu bousculent les codes avec subtilité. La fantaisie se met au service d’un plaisir gastronomique furieusement moderne. Blueberry, c’est le maki punk qui ose tout ! Et ça dépote !

jeudi 6 septembre 2018

Music : Big Mama Thornton - Hound Dog


You ain't nothing but a hound dog
Been snoopin' 'round the door
You ain't nothing but a hound dog
Been snoopin' 'round my door
You can wag your tail
But I ain't gonna feed you no more

mardi 4 septembre 2018

Cinéma : Guy, de Alex Lutz - Avec Alex Lutz, Tom Dingler, Pascale Arbillot



Avant de mourir, la mère de Gauthier lui a appris dans une lettre qu’il serait le fils illégitime de Guy Jamet, une ancienne gloire de la variété française qu’elle idolâtrait. Le vieux chanteur passé de mode vient tout juste de sortir un nouvel album de reprises après des années d’absence et d’oubli aussi. Il est sur le point d’entamer une ultime tournée en province. Gauthier, qui est journaliste, a l’idée d’un documentaire afin de se rapprocher de ce père inconnu. Au fil du tournage, un jeu du chat et de la souris se met en place entre les deux hommes. Leurs rapports se font âpres, complices, roublards, sincères. Derrière l’image un peu pathétique du ringard capricieux, se dessine la véritable personnalité d’un Guy Jamet prisonnier de son image de chanteur pour midinettes, aussi désabusé que lucide quant à ses ridicules, et plutôt amusé par le petit numéro du journaliste.

lundi 3 septembre 2018

Lundi Librairie : Fief - David Lopez



Fief - David Lopez : A la frontière de la banlieue et de la campagne, il y a les tours d’un côté, le quartier résidentiel de l’autre et au milieu la zone pavillonnaire avec ses baraques toutes identiques vendues sur plan avec crédits sur 30 ans à la clé. C’est là que vit Jonas avec son père, fumeur de joint et gloriole de l’équipe de foot senior locale. Jonas enchaîne petits boulots d’appoint et périodes de chômage. A la salle de sport, monsieur Pierrot l’entraîneur de boxe a cru en lui, caressant vaguement l’espoir qu’il percerait sur le ring. Et puis il y a la bande de potes, les mêmes depuis la maternelle. Miskine, Sucré, Romain, Untel le petit caïd du coin, Lahuiss celui qui est passé dans l’autre monde grâce aux études, Poto le rappeur poète, Ixe qui fait pousser des plans de cannabis au fond du jardin pour avoir l’impression de faire quelque chose. Ils pratiquent la défonce pour tromper l’ennui, échappatoire illusoire, jouent aux cartes toute la nuit, vigoureuse inertie, ont renoncé à une vie héroïque, désarroi toxique.

samedi 1 septembre 2018

Théâtre : L'Angoisse du roi Salomon, d'après Romain Gary - Avec Bruno Abraham-Kremer - Reprise au Lucernaire



Vingt-cinq ans plus tard, Jean se souvient. En 1978, chauffeur de taxi, cet autodidacte en quête de sens cherche les réponses à ses interrogations existentielles dans le dictionnaire et passe son temps libre dans les bibliothèques. Lors d'une course, il fait la connaissance de Salomon Rubinstein, élégant vieux monsieur de 84 ans qui a fait fortune dans le prêt-à-porter. Le riche octogénaire consacre une partie de sa richesse à l'association SOS Bénévoles qui vient en aide aux personnes âgées isolées et démunies. Salomon prend Jean en amitié et lui propose de solder le crédit sur sa licence de taxi à condition que Jean accepte de rendre de menus services dans le cadre de l'association. L'étrange mécène de l'humanité l'envoie en mission auprès des bénéficiaires dans le besoin. Jean rencontre alors Cora Lamenaire, ancienne chanteuse réaliste d'avant-guerre dont la carrière s'est brusquement arrêtée à la Libération à cause de ses fréquentations allemandes durant l'Occupation. Mais ce qui lie Cora et Salomon est bien plus profond et douloureux que cette charité dispensée. Ils se connaissent depuis longtemps. Se sont aimés. Jean entreprend de réconcilier ces deux solitudes.