Paris : Passages couverts parisiens, les 18 passages ayant résisté au temps et aux grandes évolutions urbanistiques



Les passages couverts parisiens, fruits des spéculations immobilières menées sous la Restauration (1814-1830), remportent dès leur création un grand succès auprès de la population. Au lendemain du Premier Empire, Paris a conservé des caractéristiques médiévales. Les rues étroites, rarement pavées, sont envahies de détritus et de boue saumâtre du fait de l’absence d’égout. Les trottoirs inexistants, les piétons risquent à tout moment de se faire renverser. Les accidents de la circulation sont nombreux. Les passages couverts, développés autour des grands boulevards où attractions et théâtres fleurissent en abondance, offrent une alternative de promenade agréable. Ils deviennent rapidement des lieux de vie mondaine. Entre arcades et marchés couverts, ils s’inspirent à la fois des souks orientaux et des galeries de bois comme celles du Palais Royal qui dès 1786 donnent une bonne idée de ce que seront les futurs passages. Accumulation de marchandises, lumière zénithale, ces galeries commerçantes marquent une rupture urbanistique radicale introduisant un nouveau mode de consommation et de cheminement. Boutiques, restaurants, commerces de bouche, salons littéraires, cabinets de lecture s’y multiplient attirant une nouvelle bourgeoisie moderne en quête de divertissement ainsi que les avant-gardes artistiques. Les grands travaux du baron Haussmann vont néanmoins marquer le début d’un certain déclin. Aujourd’hui, les passages couverts et leur charme hors du temps ont reconquis le cœur des Parisiens qui se pressent le long de ceux qui ont été restaurés avec goût, boudant ceux défigurés par l’absence d’entretien ou la multiplication des échoppes sans élégance. Si nombre d’entre eux ont disparu au fil des évolutions de la ville, dix-huit passages couverts nous sont parvenus.





Galerie Véro-Dodat - Paris 1
Accès 19 rue Jean-Jacques Rousseau et 2 rue du Bouloi
Horaires : Ouvert du lundi au samedi de 7h à 22h - Fermé le dimanche et les jours fériés

La galerie Véro-Dodat, inaugurée en 1826, est l'oeuvre de deux entrepreneurs, Benoît Véro et François Dodat. Pur produit de la Restauration (1814-1830) et ses opérations immobilères, cette galerie marchande connaît un véritable succès lors de son lancement. Réputée pour son éclairage au gaz, modernité absolue en ce temps, et le raffinement de son décor, huisseries en cuivre, miroirs, bois imitant l’acajou, colonnettes peintes, elle s’impose comme l’une des belles promenades parisiennes. Avec le temps, le progrès des techniques architecturales, elle est supplantée par d’autres passages couverts plus lumineux, plus vastes. Minée par des problèmes structurels d’aération notamment, la galerie Véro-Dodat est alors victime d’une profonde désaffection de la part du public. Au cours du XXème siècle, elle est même menacée de destruction à plusieurs reprises. A la fin des années 1970, les antiquaires qui l’investissent la sauvent définitivement. Objet d’une importante rénovation en 1997, la galerie Véro-Dodat a su séduire de prestigieux commerces par son charme nostalgique. Boutiques d’antiquités, d’ameublement, de décoration, d’instruments de musique, galeries d’art rivalisent d’élégance tandis que l’atelier-boutique de Christian Louboutin, tient le haut du panier. Pour en savoir plus, l’article dédié se trouve là.





Passage des Deux Pavillons – Paris 1
Accès 6 rue de Beaujolais et 5 rue des Petits-Champs
Horaires : Ouvert en permanence 

Le passage des Deux Pavillons, tracé dans les années 1820 par un promoteur privé, un certain comte Dervilliers, a été ouvert au rez-de-chaussée d’un immeuble datant du XVIIème siècle. Raccourci à travers le pâté de maison reliant les jardins du Palais Royal à la rue des Petits-Champs, il doit son nom au deux pavillons encore visibles de nos jours entre lesquels son escalier d’accès se glisse depuis la rue de Beaujolais. Long de 33 mètres et large de 2,2 mètres, le passage des Deux Pavillons détient le titre de plus petit passage couvert de Paris. Néanmoins, sa situation particulière a fait de lui dès sa construction un objet de convoitise de la part des propriétaires originels de la galerie Vivienne et de son éternelle rivale la galerie Colbert, chacun cherchant à s’en abroger l’accès quasi-exclusif. Pour en savoir plus, un article lui est consacré ici.





Passage des Princes - Paris 2
Accès 5 boulevard des Italiens / 97 rue de Richelieu
Horaires : Ouvert du lundi au samedi de 8h à 20h

Le passage des Princes, dernier des passages couverts du XIXème siècle, a vu le jour à l’initiative de Jules Mirès (1809-1871) homme de presse et d’affaires également banquier. Il a accompagné les transformations du quartier au cours du Second Empire sans se départir d’un certain succès contrairement à beaucoup de ses aînés. De nos jours, occupé par un grand magasin de jouets, Joué Club, le passage des Princes fait la joie des enfants dans une atmosphère étrange mêlant la modernité et un kitsch pas dépourvu de charme. Mais cette galerie marchande, aussi charmante soit-elle, n’est qu’une reconstitution du passage originel. En effet, il a été quasiment entièrement démoli à la suite d’une opération immobilière débutée en 1985 puis reconstruit entre 1990 et 1995 selon des dispositions différentes plus aptes à accueillir commerces modernes et divers bureaux. Une copie certes mais ponctuée d’éléments d’origines restaurés tels que la verrière ou la coupole en verre teinté. Pour découvrir plus d’informations, l’article complet se trouve là. 





Passage Choiseul - Paris 2
Accès 40 rue des Petits-Champs - 23 rue Saint-Augustin
Horaires : Ouvert du lundi au samedi de 8h à 20h

Le passage Choiseul, fruit d’une opération spéculative d’envergure menée par la banque Mallet & Cie entre 1825 et 1827, a connu diverses fortunes. Lors de son inauguration, en 1827, il est l’un des plus modernes passages couverts parisiens et l’un des plus long avec ses 190 mètres. Mais son attractivité a toujours dépendu de ses résidents plutôt que de ses charmes fort maigres que Céline éreinte avec humour dans son roman autobiographique, « Mort à crédit », publié en 1936. Les plans conçus par l’architecte François Mazois répondent à un ordonnancement sans fioritures, boutiques à l’entresol surmontées d’un unique étage d’habitation et verrière à deux pentes assez commune. Au décès de Mazois en 1826, un second architecte Antoine Tavernier mène à bien la construction sans dévier de la ligne. De nos jours, le passage Choiseul, s’il demeure pittoresque du fait de sa structure à travers le pâté de maison, n’a pas su développer d’attraits particuliers. L’article complet au sujet du passage Choiseul se trouve ici.





Galerie Vivienne – Paris 2
Accès 4 rue des Petits Champs, 5 rue de la Banque, 6 rue Vivienne
Horaires : Ouvert tous les jours de 8h30 à 20h30

La galerie Vivienne, chère à Colette, dernière demeure de Vidocq, est née de la bonne fortune d’un homme, un certain Marchoux, notaire de son état, qui résidant au 6 rue Vivienne décida, dans les années 1820, d’investir sa nouvelle fortune dans la construction d’une galerie commerciale prestigieuse. Sur des plans imaginés par l’architecte François-Jacques Delannoy, lauréat du prix de Rome en 1778, les travaux de construction débutent en 1823. La galerie Vivienne sera officiellement inaugurée en 1826. Elle rencontre alors un succès commercial immédiat grâce à l’élégance des boutiques mais surtout à sa situation privilégiée à proximité du Palais Royal, foyer de la vie parisienne jusqu’en 1831. De nos jours propriété de l’Institut de France, la galerie Vivienne a retrouvé tout son lustre après avoir été menacée de destruction dans les années 1970. 200 appartements et 30 boutiques de luxe se dispersent sur une longueur totale de 146 mètres, réparties en éléments architecturaux variés, rotonde, salles rectangulaires, branches courtes et galerie principale. Cafés et salons de thé modernes, boutiques de mode, de décoration côtoient galeries d’art contemporain et d’estampes anciennes, librairie et cave patrimoniales. Pour en savoir plus, l’article se trouve ici.





Galerie Colbert - Paris 2
Accès 6 rue des Petits-Champs et 2 rue Vivienne
Horaires : Ouvert du lundi au samedi de 8h à 20h

La galerie Colbert construite en 1826 établit dès son origine une relation de rivalité avec son aînée de trois ans, la galerie Vivienne dont le succès va inspirer la société Adam et Compagnie. Ces spéculateurs décident d'ouvrir en parallèle de cette dernière une nouvelle galerie qui la dépassera par son luxe et ses attraits commerciaux. Pour concurrencer la galerie Vivienne et lui ravir la vedette, le projet mise sur la créativité de son architecture néoclassique, l'opulence de ses décors pompéiens. Les promoteurs achètent la propriété mitoyenne, une parcelle à l'angle rues des Petits-Champs et Vivienne. Sur celle-ci se trouve notamment l'hôtel Colbert qui donnera son nom à la galerie édifiée sous la houlette de l'architecte Jacques Billaud. La façade de l'hôtel particulier est préservée pour être assimilée à la nouvelle construction. Une spectaculaire rotonde surmontée d'un dôme vitré dispense une abondante lumière le long des travées. Les boutiques conçues pour accueillir des commerces de luxe s'emploient à satisfaire les exigences en matière de dimension de tels magasins. Malheureusement pour les propriétaires, la galerie Colbert ne rencontrera jamais réellement son public. Délaissée, malgré un classement à l'inventaire des Monuments historiques en 1974, son délabrement est tel qu'elle ne pourra pas être sauvée. En 1983, la galerie Colbert originelle est démolie pour être reconstruite à l'identique par l'architecte Louis Blanchet. Aujourd'hui, centre universitaire et siège de l'INHA, elle n'a plus grand chose d'un passage commerçant mais demeure intéressante pour son histoire. Pour en savoir plus l’article complet se trouve ici. 





Passage du Bourg-l'Abbé - Paris 2
Accès 120 rue Saint-Denis et 3 rue de Palestro 
Horaires : Ouvert du lundi au samedi de 7h30 à 19h30

Le passage du Bourg-l'Abbé, moins flamboyant que son voisin, le passage du Grand-Cerf, est emprunté par les passants comme un raccourci au charme suranné plutôt que lieu de promenade. Ouvert en 1828 sur une dépendance de l'Abbaye de Saint-Martin-des-Champs, le Bourg l'Abbé, le passage est alors l'un des jalons d'une promenade piétonne déployée en réseau de la rue Saint-Denis à la rue Saint-Martin, du passage du Grand-Cerf à celui de l'Ancre dont je vous parlais ici. Protégés des intempéries, du trafic auquel les rues rarement dotées de trottoirs laissent libre-court, la saleté des voies qui ne sont pas encore pavées, les nouveaux flâneurs découvrent alors les joies des balades nonchalantes. Etabli au début du XIXème siècle, âge d'or des passages couverts bordés d'échoppes, celui du Bourg-l'Abbé a peu à peu perdu ces attraits originels sans pour autant laisser s'échapper une certaine poésie. Pour découvrir plus d’informations, l’article intégral est ici. 





Passage du Grand-Cerf - Paris 2
Accès 145 rue Saint-Denis et 10/8 rue Dussoubs
Horaires : Ouvert du lundi au samedi de 8h30 à 20h, fermé le dimanche et les jours fériés

Le passage du Grand-Cerf, couvert par une verrière filante reposant sur des arceaux de fer boulonnés, est l'un des plus lumineux de Paris mais également le plus haut. Il s'élève sur trois étages et une hauteur de 11,8 mètres. Relativement étroit en comparaison, trois mètres de large, ses proportions peu communes lui confèrent un aspect pittoresque souligné par la légèreté de la structure qui est renforcée de tirants et de passerelles métalliques. Inscrit à l'inventaire des Monuments historiques par arrêté du 14 novembre 1985, le passage du Grand-Cerf a bien failli disparaître dans les années 1980 tant il était dégradé par manque d'entretien. Sa rénovation, aboutie au début des années 1990, en aura fait l'un des passages couverts les plus prisés des Parisiens. Les jolis commerces fleurissent le long de ses rives. Boutiques de décoration, de design, de mode, mercerie, bijoux, objets du monde attirent les flâneurs autant que son atmosphère pimpante, ripolinée de frais. Pour en savoir plus, l’article complet dédié au passage est là.





Passage du Ponceau - Paris 2
Accès 212 rue Saint-Denis et 119 boulevard de Sébastopol
Ouvert du lundi au vendredi de 8h à 19h - fermé le samedi et le dimanche

Le passage du Ponceau, qui fait lien entre la rue Saint-Denis et le boulevard de Sébastopol, n'a jamais vraiment connu de moments glorieux. Modeste dès sa construction en 1826, les vagues successives de travaux d'aménagement ont peu à peu dénaturé le lieu, l'amputant de son décor d'inspiration néo-classique, le privant de son âme. Aujourd'hui, le long de la galerie, entrepôts, magasins de prêt-à-porter en gros, quelques rares boutiques au détail, échoppes de restauration rapides tiennent le haut du pavé alors qu'une galerie d'art fait une timide tentative d'incursion. Conçu afin de prolonger le tracé de celui du Caire, le passage du Ponceau relie, lors de sa construction, la rue Saint Denis à la rue Saint-Martin. Le passage prend le nom d'une rue voisine, la rue du Ponceau. Destiné à devenir une galerie marchande, le passage très simple d'apparence et assez étroit - 2,5 mètres de largeur - ne brille pas par ses fastes. La désaffection est rapide. Les commerces se font rares. En 1835, il ne reste deux locataires une charbonnière et un marchand de vin. En 1854, lors du percement du boulevard de Sébastopol, le passage du Ponceau est partiellement tronqué. Les grands travaux haussmanniens le dotent néanmoins de ce côté où est construit un nouvel immeuble d'une entrée plus majestueuse avec un porche orné d'un cartouche. Sur la rue Saint-Denis, l'accès se fait par la porte cochère d'un bâtiment du début du XVIIIème siècle antérieur à la création du passage. Vous trouverez plus d’informations dans l’article complet dédié au passage là.





Passage du Caire - Paris 2
Accès 237 rue Saint-Denis - 44 et 16 rue du Caire - place du Caire - 33 rue d'Alexandrie
Horaires : Ouvert du lundi au vendredi de 7h à 18h30

Le passage du Caire, village labyrinthique de longs corridors, déploie ses ramifications suivant trois suivent trois axes principaux, trois galeries, Saint-Denis, Sainte-Foy, du Caire. Ouvert sur six entrées, ce passage, inauguré fin 1798, revendique le titre de plus ancien de Paris en tant que premier passage couvert édifié hors des galeries du Palais Royal. Relativement étroit - 2,60mètres de large -  il est néanmoins le plus long de la capitale. Son ensemble structuré autour des trois ailes titre à 370 mètres. Son histoire qui a débuté avec une industrie liée à l'imprimerie est de nos jours intimement liée à celle de la confection. Pour en savoir plus, l’article qui lui est consacré se trouve dans son intégralité ici. 





Passage des Panoramas - Paris 2
Accès 10 rue Saint-Marc - 11 boulevard Montmartre - 158 rue Montmartre - 38 rue Vivienne
Horaires : Du lundi au dimanche, de 6h à minuit

Le passage des Panoramas, percé sur l’emplacement de l’hôtel de Montmorency-Luxembourg, est l’un des premiers passages construits à Paris avec le passage du Caire.  La parcelle est achetée en 1798 par James William Thayer, un armateur américain. Il y fait élever une première rotonde pour abriter une toute nouvelle animation imaginée en 1787 par John Baker en Angleterre : un panorama, sorte d’ancêtre du cinématographe. L’engouement considérable et immédiat pour cette animation pousse Thayer à faire bâtir une seconde rotonde qu’il relie entre-elles parce ce qui s’appelle alors le passage des Deux Panoramas. Il devient ainsi un raccourci entre le Palais Royal et les grands boulevards. L’architecture modeste - toiture de bois percée de lucarnes - de cette allée à reliant le boulevard Montmartre à la rue Saint-Marc va évoluer rapidement afin de satisfaire boutiquiers et promeneurs. Les panoramas ayant cessé de plaire, les rotondes sont démolies en 1831 mais le passage subsiste. L’architecte Jean-Louis Grisart est chargé de sa rénovation en 1834. Transformé, rafraîchi, il est aussi agrandi avec la création de ramifications, cinq nouvelles galeries : des Variétés, Saint-Marc, Feydeau, de la Bourse, Montmartre. Durant tout le XIXème siècle, le passage des Panoramas maintient une affluence qui ne décline qu’à partir du XXème. En 1929, la partie sud est démolie. Aujourd’hui le passage a retrouvé un certain lustre grâce à la présence de jeunes chefs passionnés. Pour en savoir plus l’article se trouve ici.





Passage Vendôme - Paris 3
Accès 16/18 rue Béranger - 1 place de la République
Horaires : Ouvert en permanence 

Très excentré par rapport aux autres mais élevé sur un emplacement de choix, entre le boulevard animé par les théâtres et le marché de l’Enclos du Temple, le passage Vendôme reprend partiellement le tracé du passage du Jeu de Paume disparu. En charge des plans, l’architecte Jean-Baptiste Labadye (1777-1850) imagine une façade de style Restauration, alignant cinq arcades cintrées qui alternent avec des œils-de-bœuf, une arcade centrale encadrée de pilastres et de niches. Le projet fini est livré en 1827. Son élégance architecturale, ses belles dimensions, séduisent et les quarante boutiques trouvent rapidement preneur. Mais après des premiers temps prometteurs, l’activité périclite rapidement. Les passages couverts plaisent moins. Sous le Second Empire, les grands travaux haussmanniens ne vont pas arranger le cas du passage Vendôme. En 1869, l’aménagement de la place de la République entraîne la démolition de la partie nord du passage qui le raccourcit de 4 mètres, réduisant sa longueur à 57 mètres. Il perd sa façade sur le boulevard du Temple et une partie de la verrière d’origine remplacé par deux couvertures disparates sur les deux tronçons du passage. L’architecte Etienne Soty (1827-1905) mène la reconstruction du nouvel immeuble en façade et de la nouvelle entrée du passage. Afin de rattraper la différence de niveau entre la place abaissée au cours des travaux et la rue Béranger, trois volées de marches sont ajoutées. De nos jours, le passage Vendôme n’étant plus entretenu peine à se maintenir. Pour plus d’informations, l’article complet se trouve ici.





Passage Puteaux - Paris 8
Accès 31 rue de l’Arcade - 28 rue Pasquier
Horaires : Ouvert du lundi au vendredi de 7h à minuit

Le passage Puteaux, discret chemin de traverse au charme hors du temps, connaît un destin florissant depuis quelques années grâce aux jolis bistrots qui s’y sont installés. Quelques bureaux et de coquettes terrasses abritées des intempéries ponctuent ce passage couvert méconnu, l’un des plus courts de Paris avec ses 29 mètres de long. Les six travées délimitées par des pilastres sont occupées par des surfaces vitrées propices à l’établissement de vitrines ou devantures marchandes. Si le décor bien conservé paraît d’une relative simplicité, les détails soignés, tels ces chapiteaux au dessin élégant, enjolivent l’allée dont la verrière sans fioritures ne couvre que la moitié. Inauguré en 1839, le passage Puteaux est le fruit d’une opération immobilière menée par le célèbre promoteur parisien dont il porte le nom, Louis Puteaux (1780-1864). Comptant parmi les fondateurs du village des Batignolles, très actif dans le domaine des logements sociaux aux portes de Paris, il investit également dans des projets plus luxueux parmi lesquels quarante maisons dans le nouveau quartier de la Madeleine. Pour en savoir plus, découvrez l’article intégral qui lui est consacré ici.





Galerie de la Madeleine - Paris 8
Accès 9 place de la Madeleine / 30 rue Boissy-d’Anglas
Horaires : Ouvert du lundi au samedi de 8h à 19h

La galerie de la Madeleine, l’un des derniers passages couverts édifié à Paris, témoigne du développement, à partir de 1835, du quartier de la Madeleine. Alors que les travaux d’agrandissement de la place de la Madeleine débutent, est initiée en 1840 une opération immobilière menée par la Société du passage Jouffroy à l’origine des passages Verdeau et Jouffroy. Les promoteurs achètent les terrains à l’angle de la place de la Madeleine, de la rue Royale jusqu’au boulevard Malesherbes. A partir de 1842, l’édification d’un ensemble d’immeubles de rapport élégants est confiée à l’architecte Théodore Charpentier. Très satisfait de son ouvrage, il grave son nom sous la clé de voûte de l’arcade de l’entrée principale de la galerie de la Madeleine qui voit le jour à cette occasion. Le traitement des volumes, le soin particulier accordé aux détails, décor en bois à l’intérieur et à l’extérieur des boutiques, plafonds, prolonge cette impression de luxe. Au sol, le motif en noir et blanc des carreaux de mosaïque accentue la profondeur dans un effet d’optique classique. La verrière divisée en panneaux s’appuie sur des arcs-boutants élégants qui la dissimulent au regard dans la perspective. Pour en découvrir plus, l’article complet se trouve ici. 





Passage Jouffroy - Paris 9
Entrée au 10 boulevard Montmartre au sud et 9 rue de la Grange-Batelière au nord
Horaires : Ouvert tous les jours de 7h à 21h30

Le passage Jouffroy, premier passage parisien entièrement conçu en métal et en verre - seuls les éléments décoratifs sont en bois - mais aussi l’un des plus tardifs à avoir été percé, bénéficie des avancées technologiques et architecturales du XIXème siècle. Son inscription aux monuments historiques par arrêté date du 7 juillet 1974. Tracé dans l’axe de celui des Panoramas comme une invitation à poursuivre une promenade à couvert, ses amples proportions, 140 mètres de long et 4 mètres de large bénéficient d’une belle luminosité grâce à sa verrière autoportante résolument moderne. Son charme suranné doit beaucoup à la présence de jolies échoppes, petits commerces originaux, tels ce vendeur de cannes de collection, cette librairie spécialisée dans les livres d’art rares ou encore l’amusant Palais Oriental à la façade stuquée. Le passage Jouffroy fait partie de ces trésors parisiens en léger décalage avec l’effervescence de la ville contemporaine survoltée. Pour en savoir plus, l’article complet se trouve ici.





Passage Verdeau
6 rue de la Grange-Batelière - 31 bis du Faubourg - Paris 9
Horaires :  Ouvert du lundi au vendredi de 7h30 à 21h, le samedi et le dimanche de 7h30 à 20h30

Dernier tronçon de l’enfilade Panoramas, Jouffroy, le passage Verdeau a longtemps été délaissé par les flâneurs malgré son charme pittoresque, au profit de ses aînés. L’affluence générée par une annexe de l’hôtel Drouot installée en 1980 a relancé son activité. Nombreux antiquaires, galeristes, librairies ont rejoint les échoppes de cette galerie couverte où se pressent aujourd’hui amateurs d’art, chineurs, et collectionneurs. Pratiquement inchangé depuis son percement en 1847, il appartient au Ministère de la Culture et a été inscrit par arrêté du 7 juillet 1974 aux Monuments Historiques. Long de 75 mètres et large de 3,75 mètres, il appartient au réseau de ces promenades abritées des intempéries qui forment un maillage d’ilots fermés parallèle aux rues. Pour découvrir plus d’informations, l’article se trouve là.





Passage Brady - Paris 10
Accès partie couverte 46 rue du Faubourg Saint-Denis et 33 boulevard de Strasbourg 
Accès partie à ciel ouvert 20 boulevard de Strasbourg et 43 rue du Faubourg Saint-Martin
Horaires : Ouvert du lundi au samedi de 9h30 à 23h30 et le dimanche de 18h à 23h30

Avec ses airs de bazar indien, le passage Brady fait les délices des Parisiens en mal de dépaysement. Réputé pour ses restaurants, ce passage couvert atypique s'ouvre au voyage des sens dans les parfums d'épices et d'encens. Malgré une communauté pakistanaise très importante, à laquelle se mêlent sri-lankais, réunionnais et mauriciens, il est surnommé Little India. Outre les cantines indiennes, les commerces du passage jouent la carte du folklore épanoui. Echoppes ayurvédiques, épiceries de produits exotiques côtoient institut de beauté traditionnel, salons de coiffure, barbiers. Les boutiques de vêtements proposent saris colorés, penjabis modernes, étoles. Les magasins de décoration lorgnent du côté des arts de la table, du linge de maison, des objets d'artisanat. Inauguré en 1828, le passage Brady, accueille à l’origine cabinets de lecture, boutiques à vocation élégante et même un établissement de bain. Mais le passage peine à trouver sa clientèle, il est très vite passé de mode, victime des échecs commerciaux. Il faudra attendre le XXème siècle pour qu’il retrouve une vocation. En 1976, M. Antoine Ponnoussamy, originaire de Pondichéry, ouvre passage Brady la première épicerie indienne, l'épicerie Mourougan qui est toujours en activité sous le nom d'épicerie Velan puis un premier restaurant le Pondichéry en 1980, faisant de la galerie un point de rendez-vous de la communauté indo-pakistanaise. Pour en savoir plus, l’article complet se trouve ici. 





Passage du Prado - Paris 10
Accès 18 boulevard Saint-Denis et 12 rue du Faubourg Saint-Denis
Horaires : Ouvert du lundi au samedi de 8h à 20h

Le passage du Prado est un curieux alliage entre décrépitude et charme dépaysant. En 2012, une campagne de rénovation a bien tenté de lui redonner un semblant de lustre mais sans tout à fait y parvenir tant les échoppes qui le bordent ont triste mine. Son tracé en coude déployé sur une longueur 120 mètres et une largeur 4 mètres, est articulé autour d'une place carrée, rotonde couronnée d'une coupole octogonale. Son existence est attestée dès 1785, sous le nom de passage du Bois-de-Boulogne du nom d'un bal public qui s'y est établit. En 1836, y tient commerce un commissionnaire du Mont de Piété tandis que la société Les voitures de Paris à Saint-Denis y ont leur siège. En 1925, le passage est recouvert d'une verrière dont la charpente métallique est ornée de motifs Art déco. Les fermes, arcs doubleaux en bois hourdés de plâtre façon staff, reflètent le goût de l'époque exprimé lors de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes. Vers 1930, il prend le nom de passage du Prado, en référence au musée madrilène. Pour en savoir plus, l’article complet à son sujet se trouve là.