Ailleurs : Cimetière parisien de Bagneux, une nécropole des Hauts de Seine gérée par la Ville de Paris

 

Le Cimetière parisien de Bagneux, 61,52 hectares, quand le cimetière du Père Lachaise n'en compte que 43, est la troisième plus grande nécropole parisienne extra-muros après Pantin et Thiais. Avec ses 83 000 sépultures, réparties sur 115 divisions, il s'agit de l'un des principaux lieux d'inhumation du Sud de Paris et plus généralement d'Ile-de-France. Outre les caveaux et les tombes de pleine terre, il comprend également un colombarium avec des concessions cinéraires. Situé sur le territoire de la commune de Bagneux, le cimetière est géré par les services de la Ville de Paris. La nécropole, pensée comme un parc paysager, comporte plus 5900 arbres, de 49 essences, parmi lesquels cyprès, sophoras, noisetiers, tilleuls. Chaque allée porte le nom de l'une des variétés qui orne le cimetière, avenue des Marronniers d'Inde, des Érables champêtres, des Ormes de Pumila, des Sycomores. Il s'y trouve même un cèdre du Liban remarquable, arbre classé. 







À la fin du XIXe siècle, l'essor de la population parisienne et généralisation des concessions individuelles rendent nécessaire de créer de nouveaux lieux d'inhumation extra-muros. En complément des grands cimetières du début du XIXe, Montparnasse, Père Lachaise, Montmartre, Batignolles, Passy, situé sur des communes annexées au territoire de Paris en 18960, la Ville développe six nécropoles au sein des villes nouvellement périphériques, Saint Ouen, Pantin, Ivry, Thiais, La Chapelle Plaine Saint Denis, et Bagneux. 

Le décret du 12 mai 1884 valide l'établissement d'un cimetière parisien sur le territoire cette dernière commune. Le cimetière parisien de Bagneux est inauguré le 15 novembre 1886, en même temps que le cimetière parisien de Pantin. 

Les drames de la Seconde Guerre Mondiale ont marqué l'agencement du cimetière moderne qui consacre de vastes espaces aux tombes de guerre du Commonwealth et multiplie les monuments hommage aux combattants et aux victimes de la Shoah. 







Le cimetière parisien de Bagneux, nécropole populaire ancrée dans la culture ouvrière de banlieue, se distingue par la modestie des sépultures. Ici pas de chapelles ou de tombeaux somptuaires contrairement au Père Lachaise ou à Montparnasse. D'imposants monuments, dans la section consacrée aux sépultures israélites, réunissent les tombes collectives destinées aux plus modestes et financées par les sociétés de secours mutuel. 

Le cimetière parisien de Bagneux abrite cependant un certain nombre de sépultures de personnalités de la musique, du cinéma, des lettres. Parmi celles-ci se trouvent la chanteuse et compositrice Barbara, la comédienne Jacqueline Maillan, le comédien Claude Piéplu, l'acteur Charles Denner, l'autrice de livres de cuisine iconiques Ginette Mathiot, le poète Francis Carco, le réalisateur Maurice Dugowson, le réalisateur Jean Girault, le musicien membre du groupe Indochine Stéphane Sirkis, le réalisateur et producteur de cinéma Claude Berri, la chanteuse Gribouille, l'actrice Anne-Marie Carrière, le poète Jules Laforgue, l'écrivain JH Rosny ainé auteur de "La Guerre du feu", l'écrivain et réalisateur Louis Delluc, le réalisateur Jean Eustache, le grand rabbin Kaplan, le réalisateur Jean Vigo, l'avocat et président de la Fifa Jules Rime. 







Nature généreuse, quiétude pleine de déférence, les vastes allées du cimetière parisien de Bagneux ont des allures d'invitation à la promenade et au recueillement dans le respect des familles endeuillées.

Aujourd'hui, le cimetière de Bagneux est accessible depuis janvier 2022 par la ligne 4, station Barbara en hommage à la Longue dame brune, dont la sépulture se trouve au cimetière parisien de Bagneux.

Cimetière parisien de Bagneux
45 avenue Marx-Dormoy - 92220 Bagneux
Métro ligne 4 station Barbara 



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.