Paris : Réouverture des Catacombes de Paris, modernisation des infrastructures techniques et de la scénographie, solennité et émotion préservées - XIVe arr


 La réouverture des Catacombes de Paris, le 8 avril 2026, marque la fin d'un chantier de 5 mois, mené à la maîtrise d'œuvre par ARTEMIS architecture, et 10 co-traitants spécialistes en leur domaine. Cette campagne d'envergure s'est attachée à moderniser les aspects techniques du site, lutter contre la vétusté des installations, réviser la scénographie dans le respect de son identité, améliorer l'accessibilité, repenser la conservation des ossements. Les Catacombes appartiennent au réseau de Paris Musées et relèvent du Musée Carnavalet Histoire de Paris.

Lieu fragile, chargé d'histoire, les Catacombes de Paris offre un parcours propice à la méditation, promenade ponctuée d'aphorismes, de poèmes. Expérience sensible, spirituelle, la solennité du lieu convoque la formule latine : Memento Mori. Le parcours officiel se déploie sur 1,7km quand l'ensemble du réseau est estimé à près de 300km. L'ossuaire accessible court sur 800 mètres. Les murs d'ossements, à portée de mains, ont font naître chez les visiteurs la tentation de repartir avec un souvenir. Les os ont été cimentés afin d'éviter les indélicatesses, au nom du respect pour les morts. Les entassements d'os, les "hagues", restes humains, vestiges de millions de vies anonymes, composent aujourd'hui environ 200 murs.







À partir du XIIe siècle, un réseau de galeries creusées à 20 mètres sous terre permet d'extraire de la pierre à bâtir. Les Parisiens construisent leur ville en excavant ses sous-sols. Les mines du lieu-dit de la Tombe-Issoire, à l'instar de la Carrière du chemin de Port-Mahon, sont désaffectées progressivement à partir du XVIIe siècle. Dès le milieu du XVIIIe siècle, la saturation des cimetières paroissiaux intra-muros engendre, à Paris, une crise de salubrité publique. La déclaration royale du 10 mars 1776 interdit l'inhumation dans les églises et recommande le transfert des lieux d'inhumation hors des villes. À Paris, à la suite de divers incidents et effondrements, le cimetière des Innocents, le plus vaste de la capitale, est fermé en 1780 puis vidé en 1786. 

Le 9 novembre 1785, l'inspecteur général des carrières Charles Axel Guillaumot (1730-1801) dépose une proposition susceptible de résoudre le problème. Il suggère de transférer les "restes secs", c'est à dire les ossements, vers les anciennes carrières désaffectées du Sud de Paris, alors en dehors des limites de la ville. Les carrières réhabilitées deviennent ossuaire municipal où sont rassemblés les restes de six millions de défunts parisiens, trépassés entre le Xe et le XVIIIe siècles. Les Catacombes empruntent leur nom aux nécropoles souterraines de la Rome Antique sans pour autant avoir jamais été un lieu d'inhumation. Le site est ouvert au public en 1809. Aujourd'hui les Catacombes de Paris font partie des lieux touristiques les plus fréquentés. Parmi les 600 000 visiteurs par an, seulement 5% de Parisiens et beaucoup de touristes américains.







Fermé en novembre 2025, les Catacombes de Paris ont rouvert leur porte en avril 2026 à la suite d'une campagne menée avec diligence. La refonte des installations techniques a été rendue possible grâce à l'acheminement des matériaux par les voies anciennes, les puits des carrières d'où étaient sortis les pierres et par lesquels les ossements ont été descendus aux XVIIIe et XIXe siècles. 

Éclairage, électricité, système de sécurité incendie, dispositif anti-intrusion, accessibilité ont été repensés. La centrale de traitement de l'air permet désormais une meilleure gestion de la température, du taux d'humidité, du CO2 produit par les visiteurs toujours plus nombreux. Les perturbations de l'atmosphère propices au développement des micro-organismes. Afin d'assurer une meilleure conservation des ossements, les anciens drains d'évacuation des eaux de pluie et d'infiltration intégrés aux murs, inspiré du système des forteresses médiévales, ont été revus et complétés par des mesures drastiques.

Expérience de visite repensée, renouvellement de la scénographie, création d'outils de médiation pédagogique, projections, courts films, la révision du parcours tend vers la diversification des publics.







Le nouvel audioguide, dispositif sonore immersif disponible en quatre langues, français, anglais, espagnol, allemand, propose une narration théâtralisée. Les personnages historiques sont incarnés par des comédiens. Louis Etienne Héricart de Thury (1776-1854), ingénieur des mines, inspecteur général des carrières de 1810 à 1830, devient la figure conductrice dans la compréhension de l'aménagement des catacombes. Ingénieur des mines, il poursuit les travaux initiés par son prédécesseur Charles Axel Guilelmot (1730-1807). Il est le grand architecte de l'aspect esthétique et poétique des galeries. Il imagine des murs d'ossements, composés essentiellement de tibias et de fémurs auxquels sont ajoutés des crânes, à caractère purement décoratif, car leur fragilité ne permet pas de les intégrer à la structure portante. 

Catacombes de Paris
1 avenue du Colonel Henri Rol-Tanguy - Paris 14
Horaires : Du mardi au dimanche de 9h45 à 20h30
Tarifs : Plein tarif 31 euros (audioguide inclus) / Tarif réduit 25 euros (audioguide inclus) / Tarif 8-17 ans 15 euros (audioguide inclus) / Tarif moins de 8 ans entrée libre et gratuite 



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.