L'exposition "Formule 1", au Musée national de l’automobile - Collection Schlumpf de Mulhouse, rend compte de l'engouement pour cette discipline reine des sports automobiles. Les huit saisons de la série documentaire Netflix "Drive to survive" / "Formula 1 : Pilotes de leur destin" ou le récent le film "F1" (2025) réalisé par Joseph Kosinski avec Brad Pitt, témoignent de son rayonnement dans la culture populaire. Depuis 75 ans, ce sport s'impose dans les esprits, objet de fantasme et de fascination.
Le commissaire Pat Garnier, ancien directeur-adjoint puis directeur du Musée National de l'Automobile de 1982 à 1999, passeur d'histoire, fait une nouvelle fois oeuvre de transmission à travers cette manifestation qui retrace une aventure autant technologique qu'humaine. En huit salles et quatre chapitres, l'exposition "Formule 1" convoque toute la mémoire de la discipline. Le parcours chronologique éclaire l'évolution de cette discipline depuis sa naissance avec le premier grand prix en 1950 jusqu'à nos jours. Une cinquantaine de monoplaces représentent les grandes étapes, budget, sécurité, aérodynamisme, puissance.
La moitié des voitures présentées dans le cadre de l'exposition "Formule 1" sont issues des collections du musée de l'Automobile - Collection Schlumpf de Mulhouse. À partir de 1935, les frères Giovanni dit Hans Schlumpf (21 février 1904 - 1er janvier 1989) et Federico dit "Fritz" Schlumpf (24 février 1906 - 18 avril 1992), deux industriels franco-suisses, fondent en Alsace un véritable empire du textile dont l'essor prend irrémédiablement fin avec le choc pétrolier de 1976. Passionnés de voitures, les deux hommes réunissent la plus importante collection privée du monde, associant modèles de luxe, de sport, exemplaires de pionnières de l'automobile européenne. Leur collection comporte 560 automobiles, dont 422 sont classées aux monuments historiques depuis 1978. Passionnés de sports automobiles, ils réunissent de nombreuses voitures de course. Les spécimens présentés témoignent de cette frénésie démesurée.
Afin de réunir les modèles représentatifs, le Musée national de l’automobile - Collection Schlumpf a noué des collaborations avec des constructeurs, Alfa Romeo, Mercedes, des musées français, européens et internationaux à l'instar du Musée Matra de Romorantin-Lanthenay, qui a prêté notamment la MS80, ou encore le Musée Fangio à Balcarce en Argentine, où est conservé habituellement le casque de Juan Manuel Fangio.
Les objets variés hautement symboliques, parmi lesquels 8 moteurs, ponctuent un parcours complété par des photographies, des archives audiovisuelles de courses, des entretiens avec les pilotes. Vingt-et-un casques, des combinaisons, des trophées convoquent les exploits des champions :
- l'Argentin Juan Manuel Fangio (1911-1995), cinq fois champion du monde de Formule 1 en 1951, 1954, 1955, 1956 et 1957
- l'Autrichien Niki Lauda (1945-2019), champion du monde des pilotes à trois reprises 1975, 1977 et 1984
- le Français Alain Prost (né en 1955), quadruple champion du monde en 1985, 1986, 1989 et 1993,
- le Brésilien Ayrton Senna (1960-1994), champion du monde à trois reprises, en 1988, 1990 et 1991
- l'Allemand Michael Schumacher (né en 1969), et ses sept titres de champion du monde, 1994, 1995, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004
- le Finlandais Kimi Räikkönen (né en 1979), champion du monde en 2007
- le Britannique Lewis Hamilton (né en 1985), septuple champion du monde en 2008, 2014, 2015, 2017, 2018, 2019 et 2020
- l'Allemand Sebastian Vettel (né en 1987), champion du monde à quatre reprises consécutives, en 2010, 2011, 2012 et 2013
- le Néerlandais Max Verstappen (né en 1997) quadruple champion du monde en 2021, 2022, 2023 et 2024.
Le parcours chronologique ouvre sur les années 1950, le premier grand prix et les écuries italiennes pionnières Alfa Romeo, Maserati, Ferrari. Parmi les modèles présentés, l'Alfa Romeo Tipo 159 "Alfetta" au volant de laquelle, le quintuple champion du monde Juan Manuel Fangio (1911-1995) remporte son premier titre en 1951. Il s'agit en l'occurrence de la voiture conduite en 1957 au Grand Prix de Reims, course inachevée. Elle côtoie la légendaire Bugatti 251 pilotée par Maurice Trintignant (1917-1995).
Dès la fin des années 1950, les progrès technologiques déplace les moteurs à l'arrière, modifie les châssis. Les constructeurs externalisent production des différents éléments et font appel à l'élite des motoristes. Dans les années 1960, la rivalité entre la Team Lotus de Colin Chapman (1928-1982) et la Scuderia Ferrari d'Enzo Ferrari (1898-1988) fait des étincelles. Jim Clark (1936-1968) remporte deux titres de champion du monde, au volant de la Lotus 25 en 1963 et la Lotus 34 en 1965. La Matra MS 80 de 1969, propulsée par le moteur V8 Cosworth, confère en 1969 à la branche sportive du constructeur automobile français Matra Automobiles, le titre de champion du monde des constructeurs de F1 tandis que son pilote Jackie Stewart (né en 1939) devient champion du monde.
L'évolution dans les années 1970 tend vers une quête d'aérodynamisme, qu'illustre la Ferrari 312 B, pilotée par Jacky Ickx (né en 1945), monoplace engagée par la Scuderia Ferrari en championnat du monde en 1969, 1970 et 1971. La fin des années 1970, le début des années 1980 marquent la recherche de puissance et la profusion des records. Renault Sport met au point le turbo révolutionnaire de la Renault RS 10 développée par Renault Sport pour le championnat du monde de Formule 1 de 1979.
Dans les années 1990, les ingénieurs innovent et de jeunes pilotes brillent. Les ingénieurs Patrick Head et Adrian Newey conçoivent la Williams FW14 pour l'écurie britannique Williams F1 Team dans le cadre du championnat du monde de Formule 1 1991. Nigel Mansell (né en 1953), champion du monde de Formule 1 1992, pilote cette monoplace à transmission semi-automatique et suspension active. La mythique Benetton Renault équipée du premier moteur turbo vient soutenir les performances du jeune Michael Schumacher. Avec cette voiture, il remporte, en 1995, son deuxième de ses huit titres de champion du monde. Le début des années 2000 est marqué par les exploits de Toyota et BMW. L'exposition présente les deux McLaren et la Ferrari F2007 de Kimi Räikkönen.
En 2016, Liberty Media, entreprise américaine de médias de masse fondée en 1993 par l'homme d'affaires John C. Malone devient actionnaire majoritaire de Formula One Group. Le rachat total des droits commerciaux effectif en mars 2017 fait du groupe le nouveau propriétaire de la Formule 1. Sous l'influence de Malone, le changement d'échelle est drastique.
L'exposition s'achève sur la monoplace aux allures futuristes, pilotée par Hamilton à l'occasion de son septième titre, jalon d'une évolution majeure avec son moteur hybride.
Formule 1
Jusqu'au 1er novembre 2026
Musée national de l’automobile - Collection Schlumpf
17 rue de la Mertzau - 68100 Mulhouse.
Exposition ouverte tous les jours de 10h à 18h jusqu’au 1er novembre.
Billet plein tarif : 19 euros / Tarif réduit : 15 euros / Tarif jeune 4-17 ans : 13 euros / Tarif famille pour 2 adultes et 2 enfants de 4 à 17 ans : 56 euros. Visite de la collection permanente incluse
Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.


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