Expo Ailleurs : Le rêve de l'eau - Jean-Michel Othoniel au Palais idéal du facteur Cheval - Hauterives - Jusqu'au 6 novembre 2022

 

Afin de célébrer les cent-dix ans de la construction du Palais idéal du facteur Cheval, une invitation inédite à un artiste contemporain a été lancée à l’initiative du directeur du monument Frédéric Legros. Jean-Michel Othoniel, né à Saint-Etienne en 1964, se souvenait de ce terrain de jeu à nul autre pareil découvert à l’âge de six ans. Le plasticien a mené de nombreuses installations à travers le monde dans le cadre de lieux patrimoniaux, le Musée du Louvre, le Petit Palais, la Cathédrale d’Angoulême, le Musée national du Qatar, mais le Palais idéal du facteur Cheval lui est particulièrement cher au cœur. Avec malice et sensibilité, il a relevé le défi : intervenir temporairement au cœur de ce chef-d’œuvre de l’art naïf, une première pour le monument édifié à Hauterives dans la Drôme entre 1879 et 1912 par le facteur Ferdinand Cheval (1836-1924) et classé monument historique par André Malraux en 1969. Héritier d’une histoire unique, celle d’un homme seul porteur d’un imaginaire débordant, le Palais idéal associe le merveilleux et la fantaisie, la démesure et la patience. Les pierres trouvées au cours des tournées du facteur ont formé le matériau de base de cette accumulation dantesque, cet assemblage improbable et baroque.











Le facteur Cheval a longtemps rêvé d’animer son Palais idéal de jeux d’eau, de fontaines, de cascades. S’il avait bien conçu les canalisations, son projet bien faute de moyens techniques ne vit pas le jour. De façon tout à fait artisanale, il demandait à sa domestique, à l’occasion des visites, de verser des seaux d’eau dans les rigoles afin de créer l’illusion de cascades dévalant les façades.  

Un siècle plus tard, Jean-Michel Othoniel a exaucé le souhait de Ferdinand Cheval. Les dessins préparatoires disponibles réalisés par le facteur, dont beaucoup ont été détruits, l’ont inspiré dans sa démarche notamment le dernier croquis préservé de la mise en eau de la façade Est. Jean-Michel Othoniel a imaginé un ensemble de fontaines en verre de Murano posées sur des socles de briques miroitées dont les motifs entrent en écho avec les colonnes, les créatures, la flore modelées par Cheval. Un dialogue direct unique s’initie entre les œuvres contemporaines disposées au fil de l’édifice et l’architecture chimérique de cette fascinante construction. 

Le facteur Cheval inspiré par des cartes postales, architectures des colonies françaises, a transmuté les formes du sacré, du désir d’ailleurs, du fantasme. A travers le temps, les univers de Jean-Michel Othoniel et du facteur se rejoignent, s’interpellent, connexion avec les mystères de l’enfance. L’intervention centrée sur les interactions de l’eau et la lumière transforme et sublime la matière. Il a choisi d’inscrire son projet dans le prolongement de l’idée d’un Palais conçu pour interagir avec les saisons, l’évolution de la lumière. 











Sur la façade Nord les fontaines contemporaines se lovent tout naturellement dans les niches préexistantes. L’eau rend la pierre vivante. Elle lui insuffle le mouvement, la réveille de son murmure tandis que le miroitement du soleil sur les flots irise la matière. L’art des maîtres verriers vénitiens, élément central de la réflexion plastique menée par Jean-Michel Othoniel, briques et perles rutilantes, convoquent la préciosité de la joaillerie. Sur la façade ouest, les flambeaux plantés dans les vases où se trouvaient des plantes décoratives fleurs de verre confèrent au Palais idéal des allures de conte de fée. 

Jean-Michel Othoniel nous invite à une chasse au trésor à travers le monument, à explorer grottes, alcôves. Au détour d’un couloir, soudain une apparition, un vitrail, un flambeau, une fontaine. Dans les galeries se cachent deux sculptures lumineuses qui reprennent la forme originale de la pierre d’achoppement qui inspira le Palais à Ferdinand Cheval. Quatre vitraux placés dans l’encadrement des fenêtres et des portes s’inspirent des motifs de « La Source de Vie » et « L’Arbre de Vie », dans la galerie « Où le Songe devient réalité ».











Ferdinand Cheval conservait la pierre qui ne trouvait pas de place dans la construction dans la niche de ce qu’il appelait le « Musée antidéluvien ». Jean-Michel Othoniel a placé derrière la grille protectrice de ce reliquaire un mur de briques dorées et rutilantes, trésor mythique dans la lignée de la série Oracles. 

L’espace muséographique dédié aux événements temporaires accueille jusqu’en novembre un ensemble d’aquarelles préparatoires et de lithographies qui éclaire le processus créatif initié par Jean-Michel Othoniel. Deux installations, Grotta Azzurra et Precious Stonewall complètent le propos. Un film de 1986 évoque les liens particuliers noués par l’artiste avec le lieu, celui de l’enfance et du rêve. 

Le rêve de l’eau - Jean-Michel Othoniel
Jusqu’au 6 novembre 2022

Palais idéal du facteur Cheval - Hauterives
8 rue du Palais - CS 10008
26390 Hauterives - Drôme
Tél : +33 (0)4 75 68 81 19

Horaires 
Janvier 9:30 - 16:30
Février > Mars 9:30 - 17:30
Avril > Juin 9:30 - 18:30
Juillet > Août 9:00 - 18:30
Septembre 9:30 - 18:30
Octobre > Novembre 9:30 - 17:30
Décembre 9:30 - 16:30

Galerie Perrotin Marais
76 rue de Turenne - Paris 3
Horaires : Du mardi au samedi de 10h à 18h - Fermé lundi et dimanche
Entrée libre

Galerie Perrotin Matignon
2bis avenue Matignon - Paris 8
Horaires : Du mardi au samedi de 11h à 19h - Fermé lundi et dimanche
Entrée libre