Expo : Extatiques 2021, parcours d'art contemporain à La Défense et dans les jardins de la Seine Musicale - Jusqu'au 3 octobre 2021

 

La quatrième édition du festival, « Les Extatiques », un rendez-vous d’art contemporain très apprécié du grand public, se déploie entre deux lieux emblématiques aussi différents que complémentaires, l’esplanade de la Défense, et les jardins de la Seine Musicale, sur l’île Seguin à Boulogne-Billancourt. Au cœur du plus grand quartier d’affaires d’Europe, cette exposition en plein air d’envergure complète une riche politique culturelle.  Espace d’expression artistique, musée à ciel ouvert, la Défense présente de façon pérenne une cinquantaine d’œuvres. L’art contemporain propulsé librement dans l’espace public, geste audacieux, s’adresse sans filtre à des publics très variés, pas forcément adeptes des sorties au musée ou en galerie. Initiée en 2018, la première édition du festival « Les Extatiques » célébrait les soixante ans du quartier de la Défense. Le succès de l’évènement a permis de pérenniser ce rendez-vous d’expérience hors les murs. Réparties sur les deux sites, les quatorze œuvres du parcours « Les Extatiques 2021 » disséminent des touches de poésie à travers la ville. L’intrusion de l’expression plastique dans le quotidien renouvèle le regard posé sur l’espace urbain. Cette intervention inattendue du sens et de la beauté sensibilise les passants aux grandes problématiques de notre époque, les préoccupations des artistes comme l’écologie. Les œuvres qui ponctuent le parcours célèbrent l’altérité, l’ouverture au monde. Ces créations ont été composée par des figures s’illustrant dans des disciplines très différentes, des plasticiens mais également des chefs, designers ou danseurs. Cette année, Fabrice Bousteau, rédacteur en chef de Beaux-Arts magazine, commissaire d’exposition, a placé le festival sous la thématique de l’extase, la révélation. 


Foutet - Alain Passard

Cyril Lancelin - Cube Sphere Gold

Luka Fineisen - Awakening

Luka Fineisen - Awakening

Tony Cragg - Senders

Tony Cragg - Senders

L'exposition dans l'exposition



Le festival « Les Extatiques » soutient le milieu culturel durement atteint par la crise sanitaire. Artistes émergents et plasticiens confirmés investissent l’espace public. Leur démarche singulière requalifie la géographie sensible de la ville, entre en résonance avec les lieux afin de les percevoir différemment de décaler les perspectives. Intégrer l’art à la ville crée du lien social, noue un dialogue. L’irruption inattendu de la beauté et du sens réenchante le quotidien. 

Ode à la diversité, le parcours ponctué d’œuvres monumentales, sculptures et installations illustre la variété des pratiques, des supports, des disciplines. L’ensemble embrasse les similarités, les différences, souligne les décalages subtils, les paradoxes. De l’abstraction à la figuration, de la réalité à la fiction, de la sobriété au lyrisme, les propositions s’épanouissent sous le regard des passants qu’elles interpellent. La joie pure, le rire et l’humour et les préoccupations politiques ou environnementales, la mémoire et la poésie s’incarnent dans la diversité des œuvres exposées. 

L’art esthétise la ville sous un angle inédit, reflet amplifié d’un contexte culturel et sociétal. Les imaginaires reconquièrent le territoire de la cité dans un grand mouvement de partage et de convivialité. Le foisonnement d’idées et de formes servent la quête de sens, propositions sensibles. Chaque oeuvre du parcours « Les Extatiques 2021 » est éclairée par un cartel explicatif collé directement au sol. Les éléments de la compréhension, démarche de l’artiste, et propos de l’oeuvre, y sont brièvement développés. Open Gallery, la plateforme numérique de Paris la Défense, rassemble toutes ces données et fournit un plan détaillé des deux sites. 

A la Défense, la promenade débute au niveau du bassin Takis et court jusqu’à la fontaine Agam juste avant le parvis. Alain Passard chef triplement étoilé de l’Arpège, brandit dans un geste artistique ludique un « Fouet » monumental, cet ustensile qui prolonge la main de l’artisan. Le « Cube Sphere Gold » de Cyril Lancelin assemble des sphères dorées en une figure géométrique simple dont la dimension architecturale résonne avec l’esprit des lieux. La colonne totémique de Tony Cragg, « Senders » possède la minéralité d’une stalagmite, concrétion à la blancheur aveuglante, fluidité de la forme. 


Johan Creten - Why does strange fruits always look so sweet ?

Johan Creten - Why does strange fruits always look so sweet ?

Jean-François Fourtou - La maison couchée

Jean-François Fourtou - La maison couchée

Ghyslain Bertholon - Rezilientia

Daniel Arsham - Bronze eroded bust of Zeus

Daniel Arsham - Bronze eroded bust of Zeus

Daniel Arsham - Bronze eroded bust of Zeus

L’installation imaginée par Luka Fineisen, « Awakening » explore les imaginaires ludiques de l’enfance, hésitant entre la boule à neige et la bataille de polochon. Turbulences joyeuses, des plumes, animées par une soufflerie programmée de façon aléatoire, voltigent dans un coffre de plexiglas posé à l’horizontal. « L’exposition Dans L’exposition - L’extase » reproduit œuvres classiques et photographies réunies autour des thèmes de la danse, de l’extase et présentées dans d’anciens panneaux publicitaires Decaux. La sculpture en céramique de Johan Creten « Why Does Strange Fruit Always Look So Sweet ? » inquiète autant qu’elle fascine. Deux pieds humains bleus émergent d’un cocon rutilant, parcouru de protubérances aux formes organiques comme la prolifération d’un champignon. L’imbrication des organismes, association étrange, donne naissance à un nouvel être hybride qui suscite l’étonnement autant que le malaise.

« La Maison Couchée » de Jean-François Fourtou reprend à échelle la forme d’un pavillon préfabriqué typique des banlieues modestes. La bicoque renversée sur le côté prend des allures de jouet monumental poussé par un bambin gigantesque. « Rezilientia » de Ghyslain Bertholon représente une souche d’arbre abattu par la main de l’homme dans laquelle est plantée la hache mortifère. Le manche en bois de l’objet dont jaillissent bourgeons et surgeons semble reprendre vie. L’oeuvre questionne les rapports que l’homme entretient avec la nature, l’exploitation des ressources naturelles, la destruction des écosystèmes programmée par l’avidité sans âme mais également la possible résilience de l’environnement. 

Avec « Bronze Eroded Bust Of Zeus », Daniel Arsham détourne un marbre antique romain du IIème siècle. La sculpture originale, drastiquement restaurée au XVIIème siècle mais dont il ne demeure que la tête et une partie du buste appartient aux collections du Musée du Louvre. Elle est désignée sous l’appelation « Le Jupiter de Versailles ». Le moulage de bronze réalisé par Daniel Arshal interroge l’histoire de l’art, l’héritage et la filiation, la réappropriation et le processus évolutif. Chaque année, l’une des œuvres exposées dans le parcours « Les Extatiques » rejoint les collections permanentes de Paris la Défense. La rédaction parie sur cette dernière ! Et vous ?

Les Extatiques
Jusqu’au 3 octobre 2021
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Paris la Défense

1/ Alain Passard - Fouet

2/ Cyril Lancelin - Cube Sphere Gold

3/ Luka Fineisen - Awakening

4/ Tony Cragg - Senders

5/ L’exposition Dans L’exposition - L’extase

6/ Johan Creten - Why Does Strange Fruit Always Look So Sweet ?

7/ Jean-François Fourtou - La Maison Couchée

8/ Ghyslain Bertholon - Rezilientia

9/ Daniel Arsham - Bronze Eroded Bust Of Zeus





La Seine Musicale 

1/ Zadok Ben-David - Early Spring

2/ Lilian Bourgeat - Pupitre

3/ Jean-Bernard Métais - Chambres Sensorielles 

4/ Stéphane Thidet - Pour Tes Beaux Yeux

5/ Nils-Udo - Fleur, Terre, Osier, Branches

6/ Noël Dolla - Le Chemin De L’île De Soi