vendredi 13 septembre 2019

Art : Bassin Takis, oeuvre majeure de l'artiste grec Vassilakis Panayotis Takis, poésie aquatique à La Défense



Le Bassin Takis, oeuvre poétique énigmatique aux portes de la Défense, contraste par sa dimension ludique avec le sérieux des transactions qui se déroulent dans les hautes tours glacées du quartier des affaires. Créée in sitù par l’artiste grec Vassilakis Panayotis Takis (1925-2019), cette installation a vu le jour en 1988. Au pied de la tour Athéna et de l’hôtel Melia, à l’extrémité Nord de l’Esplanade de la Défense, le bassin rectangulaire de 2500m2 déploie le foisonnement d’arborescences aquatiques nées de la main de l’homme. La surface miroitante de l’eau est intégrée à la perspective dans l’axe historique du quartier d’affaires. Ces nymphéas synthétiques, joncs artificiels convoquent les puissances cachées d’un singulier territoire minéral. Le geste artistique révèle et donne sens à un quartier si peu fait pour la nature. Jaillissant de l’eau, les 49 feux multicolores clignotants, Les Signaux, se démultiplient dans le reflet des tours qui grimpent jusqu’au ciel, parois de verre puissamment symboliques. Curieuses floraisons aux formes géométriques montées sur des tiges métalliques, ces sortes de phares intensifient la nuit l’émotion d’un spectacle hypnotique. Hauts de 3,5 à 9 mètres, ils forment un ballet doucement bercé par le vent visible de jour comme de nuit. En 1990, Takis a imaginé à l’extrémité Sud de la Défense un pendant terrien à ces étranges fleurs aquatiques en installant dix-sept nouveaux Signaux intitulés Les Arbres Lumineux.











Vassilakis Panayotis Takis a acquis au long de sa carrière une vaste reconnaissance internationale. Ses œuvres monumentales sont présentes dans de nombreuses métropoles de Paris à Londres ou encore New York. Rien ne prédisposé le jeune Takis à cette destinée artistique. Il grandit dans un faubourg pauvre d’Athènes. En 1941, il a dix-neuf ans, il s’engage dans la Résistance contre l’Occupation allemande qui dure jusqu’en 1944. A la suite de la Seconde Guerre Mondiale, la Guerre civile grecque de 1946 à 1949 n’est guère propice à la poursuite d’une vocation artistique. Pourtant, dès 1946, en autodidacte, Takis réalise ses premières sculptures. 

En 1953, le plasticien quitte son pays et partage son temps entre Londres et Paris. Il voyage à travers l’Europe et les Etats-Unis à la rencontre des plus grands créateurs de son temps. Le travail de Marcel Duchamp le marque durablement. Dans la lignée du ready-made, Takis emprunte au quotidien les objets manufacturés qu’il détourne et intègre à de nouvelles compositions. Très vite, il s’intéresse à l’art cinétique et donne naissance à des séries articulées, animées, telles que les Tableaux vibratifs, les Télésculptures, les Télélumières, des sculptures lumineuses. En 1955, il réalise les premiers Signaux, des cordes de piano vibrant grâce au vent. Selon Takis, ces oeuvres emblématiques de son travail s’inspirent des éléments technologiques de la gare de Calais, du fonctionnement de la signalétique ferroviaire, les radars, les antennes.  












Si les influences classiques transparaissent dans son vocabulaire plastique, Takis prolonge les réflexions engagées par le modernisme. La combinaison éléments naturels et la dimension scientifique de la physique soulignent son intérêt particulier pour les phénomènes magnétiques, la lumière artificielle. 

Se situant toujours dans le courant d'une avant-garde conceptuelle, Takis traduit à travers ses œuvres la profonde fascination qu’exercent sur lui les forces de l’univers et ses énergies inexpliquées. L’artiste pousse ses recherches en ce sens à tel point qu’il va enseigner au prestigieux MIT, Massachussetts Institute of Technology. En 1986, il choisit de retourner en Grèce où il fonde le Centre de recherche pour l’Art et les Sciences d’Athènes. 

Aujourd’hui, le Bassin Takis situé dans la perspective entre Neuilly et l’Arche de la Défense a trouvé une parfaite symétrie de Signaux aux les Arbres Lumineux situés au Sud de l’axe. Et cette oeuvre double intemporelle distille une discrète poésie essentielle.

Sites référents
Le Figaro
Public Art Museum
Paris la Défense
Le Parisien

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