mercredi 19 novembre 2014

Art : La Fontaine Coq, une oeuvre de Joan Gardy-Artigas - Place de la Heunière - Vitry-sur-Seine



Située place de la Heunière à Vitry-sur-Seine, juste en face de la Maison de la Vie Associative, la sculpture-fontaine créée par Joan Gardy-Artigas dont je vais vous parler aujourd’hui a été retrouvée renversée le 3 novembre dernier. Erosion ou vandalisme, la Mairie penche pour la première explication, les boulons qui maintenaient la Fontaine Coq sur son socle depuis 1971 présentant des traces d’usure importante. Le volatile aurait-il tenté de s’envoler défiant sa nature et la pesanteur du bronze ? Reprenant la symbolique forte du coq, l’artiste a déconstruit la silhouette de l’animal pour lui redonner forme, une forme jaillissante dont le mouvement suggéré est amplifié par le ruissellement de l’eau sur les courbes et les tranchants de la sculpture. Des éléments identifiables, aspérités figuratives, surgissent de la matière, tels qu’un ergot menaçant, une crête et peut-être des ailes déployées. Les riverains regrettent cette présence familière et frémissante qui ornait la place depuis plus de quarante ans.








Joan Gardy-Artigas, de son vrai nom Joan Llorensi i Gardy, est le fils prodigue de l’un des plus grands céramistes espagnols Josep Llorens Artigas. Né à Boulogne-Billancourt en 1938, il a suivi une formation à l’Ecole du Louvre puis aux Beaux-Arts de Paris. Céramiste comme son père mais également sculpteur, il a réalisé de nombreuses œuvres d’art publiques, mosaïques et fontaines marquées par la flamboyance des couleurs au centre de son travail. C’est Alberto Giacometti en 1959 qui lui suggère d’ouvrir son propre atelier de céramique à Paris. Joan Gardy-Artigas se lie alors avec Marc Chagall, Georges Braque et Pablo Picasso. A partir de 1960, en parallèle, il donne une place importante à sa création personnelle affirmant un vocabulaire plastique à travers la sculpture. Alors que son père Josep Llorens i Artigas travaille en étroite collaboration avec Joan Miro dans la réalisation de murs de céramique, il se joint à eux afin de poursuivre de grands projets comme la façade de l’Unesco à Paris. Après cette expérience, Miro le persuade de retourner en Catalogne afin de s'installer à El Raco Gallifa, petite ville située près de Barcelone où se trouve les plus importants ateliers de céramique espagnols. Il succède tout naturellement à son père auprès de Joan Miro.






Pendant vingt ans, l’œuvre de Miro et les céramiques de Joan Gardy-Artigas sont intimement liées. A l’Université d’Harvard se trouve notamment un mur intitulé Derrière le miroir, la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence possède aussi son mur réalisé à quatre mains ainsi que l’aéroport de Barcelone ou encore la Kunsthaus à Zurich. En 1982, une fontaine haute de 22 mètres, intitulée La femme et l’oiseau, vient orner le parc Joan Miro à Barcelone. La ville de Londres fait appel à ses services en 1990 afin de créer une fontaine composée de carreaux de faïence située entre Primrose Street et Appold Street.

La Fontaine-Coq de Joan Gardy-Artigas
Place de la Heunière - Vitry-sur-Seine



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