lundi 16 octobre 2017

Lundi Librairie : Minuit, Montmartre - Julien Delmaire



En 1909, la bohème montmartroise est sur le déclin, la Belle Epoque ne sera bientôt plus qu'un souvenir. Un soir d'été, alors que les chats amoureux vagabondent au clair de lune, Masseïda, une jeune sénégalaise qui a quitté son pays en quête d'une vie meilleure, erre dans les ruelles mal famées de la Butte à la recherche d'un abri pour la nuit. Elle trouve refuge au cabaret Le Lapin Agile, rendez-vous des artistes et des noctambules. Vénus mercenaires et souteneurs s'y retrouvent en compagnie de Guillaume Apollinaire, Pablo Picasso ou encore, fait plus étrange, le préfet Casimir de Selves incognito. Portée par une soudaine nostalgie, Masseïda entonne un chant de son pays et subjugue de sa voix, de sa danse ce public difficile. Si elle attire la bienveillance des artistes, elle se fait aussi remarquer par les julots proxénètes. Sur les trottoirs de Paris tous les dangers attendent les jeunes femmes seules. Suivant le conseil d'un violoniste, elle décide de se présenter chez le peintre Théophile Alexandre Steinlen, afin de lui proposer ses services en tant que modèle. Le vieil homme, anarchiste suisse naturalisé français, célèbre pour avoir signé l'affiche du Chat Noir en tournée, a croqué tout au long de son existence les scènes de la vie quotidienne des habitants de Montmartre. Il survit aujourd'hui en vendant des caricatures aux journaux satiriques et ne consacre plus ses toiles qu'aux chats. La beauté de Masseïda va le faire changer d'avis. Elle deviendra sa muse et sa confidente.

dimanche 15 octobre 2017

Sunday Street Art : Kashink - rue des Orteaux - Paris 20


Kashink - rue des Orteaux - Paris 20

samedi 14 octobre 2017

Mes Adresses : MaSa, la gastronomie étoilée du chef Hervé Rodriguez - Boulogne-Billancourt



Cuisine d'auteur, élégance d'une partition singulière, les compositions du chef étoilé Hervé Rodriguez racontent des histoires dont le maître mot est plaisir. Coiffé du titre de "manipulateur de saveurs" dont l'acronyme MaSa a donné son nom à l'établissement de Boulogne-Billancourt, ce maître des variations inspirées décline un répertoire très personnel. Au fil des saisons, il cultive l'art des paradoxes avec panache. Chaque jour, il se renouvelle en fonction du marché troussant des assiettes précises aux associations audacieuses, aux équilibres malicieux. Une précision qui sait faire place, à la faveur d'un arrivage, à l'inspiration du moment. Au MaSa, pas de carte, les plats ne figurent pas au menu. Le chef se laisse carte blanche afin de dépasser en douceur les réticences des titres et que la surprise soit absolue. Exigence ramassée, caractère ludique, cette belle table connaît bien des sortilèges. Difficile de ne pas succomber.

vendredi 13 octobre 2017

Expo : Au rapport - François Boisrond - Galerie Louis Carré & Cie - Jusqu'au 21 octobre 2017



De mystérieuses jeunes femmes en cuirasses martiales, coiffées de casques à pointe, de képis, brandissent des instruments de jardinage incongrus. Dans l'arsenal de ses amazones, les taille-haies et les tondeuses à gazon ont remplacé les sabres et les mousquets. Sur les costumes de hussard, l'or des galons répond au bleu marine des étoffes, au vermillon de l'uniforme.  Elles posent armes horticoles à la main. L'une promène une vache, l'autre un âne. Elles semblent ici réunies pour un conciliabule guerrier, là pour un interrogatoire sévère. Ces portraits de femmes en uniformes anciens et modernes interrogent dans leur traitement les compositions de la peinture classique. L'artiste se renouvelle, investit de nouveaux territoires de création porté par l'idée forte d'une évolution plastique que sous-tend une progression technique. Les vingt-cinq tableaux réunis à la galerie Louis Carré & Cie dans une exposition dont le titre, Au rapport, claque comme une injonction militaire, prolongent la réflexion du peintre sur le costume.

jeudi 12 octobre 2017

Music : Anaïs - J'ai retrouvé mon mojo



J'ai retrouvé mon mojo
Et l'envie de plaire
J'ai retrouvé mon mojo
Me présente pas ton frère
J'ai retrouvé mon mojo
Et je sors faire un tour
J'ai retrouvé mon mojo
Et l'envie de faire l'amour

mardi 10 octobre 2017

Cinéma : L'Atelier, de Laurent Cantet - Avec Marina Foïs, Matthieu Lucci, Warda Rammach, Issam Talbi



A La Ciotat, le temps d'un été, Olivia, romancière parisienne à succès, mène un atelier d'écriture organisé par la mission locale avec un groupe de jeunes en insertion professionnelle. Ensemble, ils doivent rédiger un polar. Boubacar, Fadi, Etienne, Malika, Benjamin, Lola, Antoine ont tous leurs motivations : l'envie d'écrire, celle de rendre hommage au passé de la ville frappée par la crise à la suite de la fermeture des chantiers navals il y a vingt-cinq ans, juste être entre potes et s'amuser, ou bien seulement faire ses heures dans le plus grand désintérêt. Les jeunes gens doutent de la sincérité d'Olivia qui représente le monde des privilégiés pour lequel ils éprouvent de la méfiance. Parmi eux, Antoine, sans désirs, sans espoir, est fasciné par la violence qu'il pratique virtuellement à travers des jeux en réseau. Taiseux, solitaire, il pratique le culte du corps et de l'image, se laisse séduire par les discours nationalistes et fréquente les milieux d'extrême droite. Olivia, entre doutes et enthousiasme, conduit les séances de travail alors que s'établissent des rapports de force. Antoine s'oppose systématiquement à ses camarades et alors que les affrontements se font de plus en plus violents, Olivia tente d'éclaircir l'origine de son malaise. 

lundi 9 octobre 2017

Lundi Librairie : Et soudain, la liberté - Evelyne Pisier et Caroline Laurent - Sélection Talents à découvrir Cultura 2017



Dans les années 1940, en Indochine, Mona est la jeune épouse d'André Desforêt un administrateur colonial. Alors que la Seconde Guerre Mondiale se déclare, le haut-fonctionnaire maurrassien convaincu et partisan du régime de Vichy, raciste et antisémite reste indifférent aux incertitudes du monde. Dans l'enclave où vivent les colons blancs, Mona, mère parfaite toujours élégante de la petite Lucie, mène une existence soumise au bon vouloir d'un mari parfois violent mais qu'elle aime passionnément. Ecrasée par cet homme au point de s'en oublier elle-même, elle est la femme trophée idéale d'une société patriarcale ultra-conservatrice. Avec l'invasion japonaise et la montée du Viet Minh, Mona va connaître le drame des camps avec sa petite fille. A la fin de la guerre, André qui demeure haut-fonctionnaire, est muté par le pouvoir gaulliste en Nouvelle-Calédonie. A Nouméa, les paysages de carte postale dissimulent mal la terrible réalité sociale et le racisme. Tandis que Lucie étudie chez les religieuses où elle vit ses premières humiliations, Mona fait la connaissance de Marthe, une bibliothécaire féministe et communiste qui lui fait lire Le Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir. Ce texte joue un rôle de révélateur pour la jeune femme. C'est la naissance d'une conscience, d'un désir d'émancipation. Elle prend un amant, passe son permis. De retour en France divorcée, elle gagne son indépendance dans la douleur et s'engage dans les combats féministes, droit à l'avortement, libération sexuelle, égalité homme-femme, libération nationale des peuples. Lucie, brillante étudiante, devient militante communiste.

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