samedi 25 octobre 2014

Paris : Le passage des Soupirs, exquise venelle bucolique - XXème



A quelques encablures de la place Gambetta, quartier populaire très animé, existe l’un de ces nombreux secrets préservés si typiques du XXème, un charmant passage champêtre, insolite ilot de quiétude où les oiseaux et les chats sont rois. Venelle pavée bordée d’habitations, le passage des Soupirs porte un nom énigmatique des plus évocateurs, entre extase et désolation qui laisse planer le mystère. Et si le Pont des Soupirs renvoie à ceux des amants, le romantisme de cette allée verdoyante indiquée à l’état de sentier sur le plan cadastral de la commune de Belleville dressé en 1812, bien avant le rattachement haussmannien de 1860, pourrait bien prêter à quelques émotions tendres.






















En ces derniers jours qui nous séparent de l’automne la vigne vierge flamboie, les pommes d’amour rougissent. Au printemps le lilas et la glycine fleurissent joyeusement. Jardinières entretenues avec tendresse, jardinets dissimulés derrière des claies dont s’échappent ici un saule, là un cerisier ou encore de vigoureux bambous, les riverains ont la main verte. Un peu plus loin entraperçu derrière de hautes canisses, un palmier de taille respectable, arbre tout à fait exotique pour le climat, joue les  premiers rôles chez un particulier. Au n°18, se trouve un jardin communautaire devant lequel un féroce cerbère en mosaïque monte la garde, est pris en charge par l’association le Jardin des Soupirs, jardin partagé où les enfants du quartier viennent découvrir les joies de la botanique.




Pavillons ouvriers datant du XIXème en pierre de meulière, maisons de ville en briques, petits immeubles années 60 et bâtisses modernes éco-conçues cohabitent avec harmonie. L’ensemble à l’architecture disparate trouve un équilibre intéressant entre l’ancien et le récent dans une atmosphère paisible. Le promeneur nez au vent se croirait presque dans un petit village de campagne au charme naturel. Une ancienne fabrique réaménagée conserve son fronton et proclame au n°15 "Manufacture Parisienne de Perles". De quoi se poser de nouvelles questions. A l’autre bout de la venelle dont une volée d’escalier en descente préserve le calme, se trouve la trépidante rue des Pyrénées.























Le temps de se retourner, le passage s'est déjà dissimulé au regard comme un rêve enchanté, Avalon dans les brumes. Mais dans le genre très parisien. De nombreuses interventions de street art ont disparu récemment dont des zèbres malicieux signés Mosko et Associés, cependant il reste une belle mosaïque de J. Gulon. En préparant ce billet, j’ai découvert une légende urbaine amusante qui voudrait qu’en marquant une pause en haut des escaliers, on voit sa montre s’arrêter. Je n’ai pas de montre mais j’aime le mystère supplémentaire, la touche de fantaisie citadine.

Passage des Soupirs
47 bis rue de la Chine - 244 rue des Pyrénées - Paris 20




6 commentaires :

Djahann a dit…

C'est magnifique ! Si je pouvais vivre dans l'une de ces ruelles, j'aimerais devenir parisienne !

Sib a dit…

Encore une belle découverte <3

Petitgris a dit…

J'adore cet endroit ! Très beau billet . Merci :) Bisous

Caroline a dit…

@ Djahann : C'est le vrai Paris des Parisiens. Pas la ville musée somptuaire qui cache aux visiteurs de passage, la nature profonde de la cité.

@ Sib : Heureuse que cela te plaise !

@ Petitgris : Je t'en prie. C'est un bonheur de vous faire découvrir ces pépites parisiennes.

Jessica La Dryada a dit…

" Le temps de se retourner, le passage s'est déjà dissimulé au regard comme un rêve enchanté, Avalon dans les brumes "

Ces paroles résonnent comme un écho en moi , merveilleusement décrit ...

Merci de partager ce passage enfoui ...

Sabrina Penniello a dit…

Encore une jolie balade dont on ne se lasse jamais.
Poésie, sérénité c'est ça aussi Paris. J'ai même envie de dire c'est surtout "ça" Paris. Quand en plus une légende y met son grain d'sel c'est sublime.
Merci encore pour cette belle découverte.
Je retourne profiter de tes jolis clichés sur instagram

Belle journée à toi

Sabrina

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