mercredi 23 juillet 2014

Paris : Les Rochers dans le ciel de Didier Marcel - Installation à découvrir à l'arrêt Avenue de France T3a - XIIIème



De drôles de phénomènes s’observent le long du prolongement de la ligne de tramway T3a. Des pirogues naviguent dans les cieux Monochrome for Paris de Nancy Rubins, des réverbères se griment en étoiles roses, Twisted Lamppost Star de Mark Handforth, les Fourmis virtuelles de Peter Kogler vagabondent sur le béton. A l’arrêt Avenue de France à quelques encablures de la BNF, perchés sur des mâts d’acier, cinq rochers se prennent pour des nuages, assumant leur lourdes silhouettes faussement calcaire dans le bleu d’un horizon en pleine mutation, pied de nez au gigantisme des turbulentes grues. Les Rochers dans le ciel est une installation imaginée par le plasticien français Didier Marcel en réponse à une commande publique. Sur le terre-plein situé entre l’avenue de France et le boulevard Jean-Simon se dressent à 7 mètres de hauteur cinq moulages en silicone de rochers de calcaire dont l’aspect volontairement factif du matériau joue entre ombre et lumière, plein et vide, estompant la frontière entre sol et horizon.


Les Rochers dans le ciel de Didier Marcel - Paris 13
Les Rochers dans le ciel de Didier Marcel - Paris 13

Les Rochers dans le ciel de Didier Marcel - Paris 13


Lors d’un trajet sur une route de Bourge, en 2000, Didier Marcel est frappé par la beauté des nuages bas se déplaçant sur la plaine. La photographique prise ce jour-là lui inspire alors la série Rochers dans le ciel. A partir d’éléments anodins appartenant à l’imaginaire et à l’inconscient de tous, l’artiste prolonge une réflexion sur l’environnement, sur la nature contrôlée et modifiée à l’aune de la main humaine afin de la transposer en un élément architectural. La roche compacte, que l’esprit associe à une masse pesante, transcendée par la vision de l’artiste devient nuage impalpable, aérien, troublante illusion d’optique défiant le phénomène d’attraction terreste. L’œuvre à la fois familière et infiniment différente incite aux interrogations, pose la question du vrai et du faux, du naturel et de l’artificiel.  « L’art est toujours un écart produit entre une chose réelle et sa traduction. »


Les Rochers dans le ciel de Didier Marcel - Paris 13
Les Rochers dans le ciel de Didier Marcel - Paris 13


L’extraction de sujets concret du quotidien et leur métamorphose permet d’accéder à une nouvelle réalité artificielle qui n’est pas sans souligner l’ironie du processus. La nature devenue artificielle permet d’appréhender l’espace d’une façon singulière presque dérangeante dans sa saisissante facticité monumentale. L’élément plastique évolue à la frontière du surréalisme, jouant sur l’ambigüité du moulage d’après nature. Les rochers flottant dans le ciel remettent en cause notre relation à la nature et à ses artefacts, restructurant le paysage, le transformant en un champ expérimental. L’homme apposant sa main, sa volonté, sa créativité sur la nature altère la réalité et l’environnement dans lequel il évolue. L’objet façonné développe alors sa propre logique dans une forme de naturalisme brut et spectaculaire. Emprunter au réel ses formes, ses textures afin de recomposer un espace purement artificiel. Conceptuel, non ?

Les Rochers dans le ciel de Didier Marcel
Arrêt du T3a avenue de France
Terre-plein croisement avenue de France et boulevard Général Jean-Simon - Paris 13

2 commentaires :

gourmand et bio a dit…

Conceptuel certainement,
mais cela m'apparaît nettement
moins poétique
que chez Magritte, mon copain
et aussi moins esthétique...
Je pense que la ville a besoin
de vert, de tons pastels,
de lignes qui s'entremêlent
pour faire rêver
plutôt que de rochers
si haut perchés
prêts à tomber...

Bises la belle !

Caroline a dit…

Mais ils sont aériens presque plus des nuages que des rochers. :)

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