mercredi 28 août 2013

Paris : La Tower Flower, un immeuble végétalisé des Hauts de Malesherbes - 23, rue Albert Roussel - XVIIème

Tower Flower depuis le jardin Claire Motte - Paris 17


Immeuble végétalisé de 10 étages qui a beaucoup fait parler de lui lors de sa livraison en 2004, la Tower Flower est un symbole fort des aspirations architecturales contemporaines. Situé dans les Hauts de Malesherbes, ZAC d’Asnières, îlot urbain dont le réaménagement a été coordonné par Christian de Portzamparc, cet étonnant édifice est pourvu de terrasses arborées intégrées à sa structure même. Commandé par l’Office Public d’Aménagement et de Construction de Paris, conçu par Edouard François, le bâtiment accueille 30 logements sociaux de l’Office HLM.


Tower Flower depuis le jardin Claire Motte - Paris 17
Tower Flower depuis le jardin Claire Motte - Paris 17
Tower Flower depuis le jardin Claire Motte - Paris 17


L’architecte a voulu retranscrire à travers ce projet le profond désir de nature en ville des urbains en s’inspirant de l’exemple des balcons et jardinières parisiens luxuriants, des balcons comme des paravents naturels, bulles vertes à l’écart de la cité. Imaginé comme une prolongation végétale, une extension verticale du jardin Claire Motte - heureux nom pour un parc. Je sais, il en faut peu pour me faire pouffer - qui s’étend aux pieds des immeubles ultra-modernes, la Tower Flower brouille volontairement les pistes entre nature et béton participant à un environnement naturel bucolique, havre de paix qui était auparavant un enfer de voies ferrées entre autre centre de triage de la SNCF. L'activité était si dense que la zone a du être entièrement dépolluée, hydrocarbures et métaux lourds ayant infiltré les sols.


Tower Flower - détail des balcons
Tower Flower - détail des balcons
Tower Flower - Les pots en Ductal ornés de bambou


Les 380 pots en béton Ductal plus léger que le béton ordinaire afin de ne pas surcharger les balcons ne peuvent être déplacés. Un système d’arrosage automatique recycle l’eau de pluie laissant les habitants libres de contraintes d’entretien. Profusion végétale maîtrisée, les plantes régulent la chaleur et filtrent la luminosité à l’intérieur du bâtiment.

Le bambou Pseudosasa Japonica a été choisi pour sa résistance et sa croissance rapide, son exubérance, son adéquation avec les plantations du parc dans un souci d’harmonie mais également pour le bruissement de ses longues feuilles dans le vent « donnant l’impression à ceux qui vivent là de dormir dans un arbre» confie Edouard François. Cette particularité confère une sonorité spécifique à la Tower Flower.


Tower Flower depuis la rue Stéphane Graffelli - Paris 17
Tower Flower depuis la rue Stéphane Graffelli - détail des balcons


Seules trois façade de l’immeuble bénéficient de plantations régulières. Celle orientée au nord et jamais exposée au soleil reste presque nue exhibant un béton blanc et gris badigeonné dont l’apparence brute pas forcément très heureuse joue le contraste avec la luxuriance de la végétation selon la volonté de l’architecte.


Tower Flower depuis le jardin Claire Motte - Paris 17

Neuf années ont passé depuis la livraison du bâtiment et le vieillissement de l’ensemble reste plutôt correct pour ce type de projet. Les bambous ne se portent pas trop mal malgré quelques pots désertés, certains plants ayant été ratiboisés par des habitants afin de capter plus de lumière. Le béton semble un peu plus présent que sur les premières photographies que j’ai pu voir. Concept intéressant, une bonne idée d’architecte qui se révèle plus ou moins pertinente dans la réalisation - de loin c'est assez joli, de près mon enthousiasme faiblit - la Tower Flower est une curiosité dont la singularité mérite le détour.

Tower Flower
Angle de la rue Albert Roussel et de la rue Stéphane Grappelli - Paris 17
Découvrez le projet sur le site de l’architecte Edouard François : http://www.edouardfrancois.com/project_detail.php?project_id=37





2 commentaires :

Norethrud a dit…

Très chouette article. J'aime beaucoup ce genre de projet même si ça à tendance à vieillir moyennement bien. Il faut tout de même essayer. C'est pour ça que j'adore le quartier de Bibliothèque et son projet de jardins ouverts :)

natieak a dit…

L'immeuble se "noie" dans la nature c'est pas mal!! Par contre ça n'assombrie pas trop les intérieur des appartemants cette végétations abondantes ?

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