vendredi 26 avril 2013

Paris : Le Grand Stabile Rouge ou l'Araignée Rouge - oeuvre d'Alexander Calder - place de la Défense - Paris La Défense

Le Grand Stabile Rouge ou l'Araignée Rouge de Calder - La Défense


Le quartier des affaires de la Défense musée à ciel ouvert accessible à tous gratuitement regroupe plus de 70 œuvres imaginées par 50 artistes de 14 nationalités différentes. La politique de commandes publiques auprès de plasticiens contemporains a permis de rassembler une exceptionnelle collection dont la symbiose parfaite avec le travail des architectes et des urbanistes donne à ce site une dimension singulière empreinte de poésie. Les créations apportent un sentiment d’émotion pure, d’humanité sensible à ce décor urbain minéral et glacé lui conférant un équilibre inspirant. Ponctuant les espaces, elles offrent aux promeneurs, aux salariés travaillant dans les grandes tours de verre et de béton ainsi qu’aux riverains des parenthèses enchantées, des moments suspendus de grâce.


Le Grand Stabile Rouge ou l'Araignée Rouge de Calder - La Défense
Le Grand Stabile Rouge ou l'Araignée Rouge de Calder - La Défense


Installé sur la place de la Défense en 1976, année du décès de son créateur, le Grand Stabile Rouge également appelé L’Araignée rouge de l’artiste américain Alexander Calder est une sculpture monumentale qui au fil du temps est devenu l’un des symboles de la Défense. La série des stabile, ensemble de sculptures stables par opposition aux mobiles qui ont fait sa réputation, forment une parenthèse dans l’œuvre de Calder. Ils se réfèrent souvent au monde animal et le talent du plasticien leur octroie un frémissement de vie malgré leur immobilité comme des créatures assoupies.  A leur abord, le spectateur a la sensation très vive qu’ils peuvent à tout moment s’enfuir, s’envoler, s’échapper, bondir.


Le Grand Stabile Rouge ou l'Araignée Rouge de Calder - La Défense
Le Grand Stabile Rouge ou l'Araignée Rouge de Calder - La Défense


Impressionnante installation de 15 mètres de hauteur et pesant 75 tonnes, le Grand Stabile Rouge réalisé à partir de plaques d’acier au carbone peintes en rouge  qui s’articulent entre elles et sont agencées selon différents axes évoque une autre réalisation de l’artiste le Flamingo installé en 1974 sur la Federal Plaza à Chicago. Deux sculptures monumentales dont l’air de famille est indéniable à la fois par leur couleur rouge qui enflamme l’espace d’une présence massive et par la tension dynamique particulière qui semblent les animer.

Ces structures monumentales, Calder les réalise dans un premier temps sous forme de maquettes en tôle fine de quelques centimètres de haut. Un bureau d’étude prend la relève pour préparer les plans d’exécution à échelle de l’œuvre. La fabrication des formes taillées dans le métal est ensuite confiée aux ouvriers chaudronniers spécialisés de l’entreprise Biemont à Tour. L’artiste supervise chaque étape du processus modifiant éventuellement la sculpture afin d’en faciliter la conception.


Le Grand Stabile Rouge ou l'Araignée Rouge de Calder - La Défense
Le Grand Stabile Rouge ou l'Araignée Rouge de Calder - La Défense


L’œuvre d’Alexander Calder appartient au mouvement non figuratif du XXè siècle. Ingénieur de formation, il ne se tourne vers les arts plastiques que dans un second temps. Lorsqu’il s’installe en France en 1927, il fréquente Joan Mirò, Piet Mondrian, Cocteau, Man Ray, Robert Desnos, Fernand Léger, Le Corbusier, développant un langage sculptural entièrement abstrait. Coqueluche du monde artistique et plus particulièrement de la scène parisienne, ses créations sont devenues la signature graphique des années 40/50. Fasciné par le potentiel cinétique de la sculpture, Calder cherche à travers ses créations à atteindre une sorte d’équilibre entre forme, matière et dynamisme naturel.


Le Grand Stabile Rouge de Calder - La Défense


Calder a choisi avec soin l’emplacement de son Grand Stabile dans l’espace public urbain. Cette présence animale et cybernétique au milieu des tours relève d’une mise en scène longuement mûrie. L’Araignée rouge semble à la même échelle que les buildings gigantesques qui l’entourent.  A la fois bien ancrée dans le sol de place, très terrienne en ce sens et constituée de lignes aériennes, d’arêtes effilées qui s’élancent dans le ciel évoquant la gracilité des membres des arachnides, cette œuvre autonome et vivante joue avec le paysage urbain, les courbes du volume renvoyant à la géométrie des bâtiments. La finesse de la suspension s’oppose à la pesanteur du métal, un peu comme si Calder était parvenu à défier les lois de la physique ainsi que celle de la nature en donnant du mouvement à une matière inerte. Mouvement qu’il transcrit en utilisant les oppositions entre plein et vide. L’air devient un matériau à part entière de cette sculpture. Ses formes incorporent l’espace environnant et sa structure volumineuse englobe le spectateur, le kidnappe dans sa propre dynamique. Il doit se déplacer autour, la traverser pour en appréhender toutes les facettes. C’est le passant contournant le Grand Stabile pour l’observer tout à son aise qui l’anime réellement.

Le Grand Stabile Rouge ou L’Araignée rouge - œuvre d’Alexander Calder
Place de la Défense - Paris La Défense


2 commentaires :

Anne-C a dit…

J'aime J'aime!

Caroline a dit…

Redécouvrir la Défense sous un angle différent a été un plaisir.

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