lundi 20 août 2012

Lundi Librairie : Une forme de vie - Amélie Nothomb


Dans Une  forme  de  vie, Amélie Nothomb s’interroge sur les relations humaines nouées au travers de la forme manuscrite, l’art perdu de la correspondance, thème cher à l’auteur, donnant un texte à mi-chemin entre roman épistolaire et réflexions personnelles sur la lecture et l’acte d’écriture. Sous sa plume incisive, naît une narratrice presque sa jumelle, un double de papier qui lui permet avec humour et autodérision de s’attaquer aux petits travers et aux grandes faiblesses des écrivains. L’auteur devenu personnage de sa propre fiction y raconte son goût pour les échanges écrits et notamment ceux qu’elle entretient assidument avec ses lecteurs.

Un jour, Amélie, reçoit une curieuse missive de la part d’un GI américain basé en Irak qui lui demande de devenir sa marraine de guerre. Tout d’abord méfiante, l’affabulation étant toujours probable, elle se laisse convaincre par le récit poignant de cet homme, intriguée par ce soldat fervent admirateur de son œuvre.

A travers ses lettres, Melvin Mapple se raconte, raconte la violence de ce monde devenu fou qui est son quotidien.  Une grande partie de son escadron et lui-même ont trouvé un moyen de surmonter l’angoisse vitale, le remord qui les rongent en sombrant dans la boulimie. Le gras est une enveloppe protectrice psychologique qui les éloignent de la bestialité de leur condition et leur obésité un moyen de révolte. Le soldat y voit un parallèle avec l’œuvre de la romancière qui la tient à distance de la réalité. Cette correspondance devient le premier pas dans sa recherche de dignité

Ce roman rédigé dans une veine satirique est une invitation à lire, à écrire, à se réaliser. Amélie Nothomb partage ses réflexions sur le statut de la littérature, son goût des autres tels qu’ils se réinventent par le biais de l’écriture. Le lecteur y retrouve le caractère décalé plein de mordant, élément essentiel de l’univers nothombien. Le style épuré jusqu’à l’ascèse nous emporte dans cette histoire improbable à dévorer d’une seule traite. Une  forme  de  vie  est truffé de rebondissements redoutables qui nous amènent à méditer sur l’imposture et le sens de l’existence. Un roman dans lequel l’émotion se mêle à la drôlerie, les fulgurances philosophiques à la schizophrénie.

Une forme de vie – Amélie Nothomb – Editions Albin Michel - Edition de poche Le livre de poche


7 commentaires :

Charlotte a dit…

Je me suis achetée un bouquin hier, et j'avais franchement hésité avec celui là ... ce sera pour une prochaine :)


Si cela te tente, 3 bons d'achats BIZZBEE à gagner
http://parlonsvernisandco.blogspot.fr/2012/08/120-concours-bizzbee-3-bons-dachats.html

christine a dit…

J'ai entendu une interview d'elle et du livre sur France Inter : cela me semblait bien pour la rentrée.

Alessa a dit…

J'aime beaucoup Amélie Nothomb et j'ai beaucoup aimé cette histoire.

modebea a dit…

Moi qui ne lisait plus Amélie Nothomb depuis déjà longtemps, j'ai envie de ce livre ! Merci pour ce billet !!

ange line a dit…

j'aime beaucoup cette romancière mes préférés : robert des noms propres, hygiène de l'assassin et le journal d'une hirondelle (livre un peu spécial quand même)

Nico a dit…

J'avais été déçu par ce roman. Je l'ai trouvé ennuyeux et finalement pas si pertinent que cela sur le plan des réflexions sur la lecture et la littérature. On a vraiment trop tendance à intellectualiser cette écrivain, qui est parfois inspirée (Hygiène de l'assassin, Mercure, Cosmétique de l'ennemi), mais qui l'est de moins en moins. Une déception de mon point de vue.

Caroline a dit…

@ Nico : Pour avoir eu la chance de rencontrer l'auteur à la sortie du livre en 2010 (dans le cadre de mon activité professionnelle, journaliste donc...) et l'occasion de discuter de ce roman avec elle, je peux t'assurer qu'il s'agit d'un bijou d'humour noir et d'auto-dérision à prendre au 2ème voire au 3ème degré. J'imagine qu'en l'abordant de façon plus littérale, cela doit être moins intéressant.

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