Ailleurs : Collégiale Saint Agricol d'Avignon, lieu de conservation des reliques du saint patron de la Cité des Papes, architecture aux influences romanes et gothiques

 

La Collégiale Saint Agricol, dans le centre historique d'Avignon, conserve les reliques du saint patron de la ville. La tradition attribue sa fondation à cet évêque au VIIe siècle. Des fouilles archéologiques récentes ont confirmé la présence d'un lieu de culte antérieur et de sépultures paléochrétiennes de la fin du IVe siècle. L'église reconstruite au XIVe siècle associe style roman et gothique. La Collégiale Saint Agricol est classée à l'inventaire des Monuments historiques par arrêté du 11 juin 1980. La protection concerne l'ensemble du bâtiment ainsi que y compris le parvis et son escalier d'accès.







La tradition attribue la fondation de l'église Saint Agricol d'Avignon au VIIe siècle, au patron de la ville, l'évêque Agricol (entre 627 et 630 - 700), évêque d'Avignon de 660 à sa mort. Néanmoins, les découvertes archéologiques du XXe siècle attestent d'un sanctuaire originel, chapelle et nécropole dont les sépultures remontent à la fin du IVe siècle, début du Ve. 

Au VIIe siècle, au lendemain de la bataille de Poitiers en 732, les troupes d’Abd al-Rhamân refluent par la vallée du Rhône vers les côtes méditerranéennes. Afin de protéger la région des ambitions manifestées par Charles Martel, le duc Mauronte, patrice ou gouverneur de Provence, noue un accord avec les Sarrasins. Avignon est occupé par ces derniers qui font subir des dommages aux édifices religieux de la ville. L'église Saint Agricol ravagée est relevée, au Xe siècle, sous l'impulsion de l'évêque Foulques II. Elle devient alors un prieuré.

Au XIVe siècle, le pape Jean XXII (1244-1334) lui accorde sa protection. Il érige l'église Saint Agricol en collégiale le 29 janvier 1321. Elle est dotée d'un chapitre de douze chanoines, deux prêtres, dix chapelains, deux diacres, quatre clercs. La sépulture de saint Agricol, jusque-là conservée au sein de la cathédrale Notre-Dame des Doms, est déplacée. Le pape finance la reconstruction du choeur en 1333, de riches paroissiens, mécènes locaux, l'édification de chapelles latérales. 

Au cours du XVe siècle, la Collégiale Saint Agricol fait l'objet d'embellissement, notamment la révision des voûtes. L'église s'agrandit, allongée d'une travée en 1485 avec l'annexion de la chapelle de l'Aumône de la Fusterie datant de 1392. 

Le chantier se poursuit par l'élévation d'une nouvelle façade ainsi que la construction du parvis et de l'escalier monumental. Imbert Boachon, sculpteur associé au diocèse de Mâcon, intervient en Provence vers 1525-1530 où il travaille pour les élites avignonnaises. À la suite d'une commande de Paul de Doni, seigneur florentin, il réalise le retable dit de l'Ave Maria, conservé aujourd'hui dans la nef latérale. 

Le clocher, développé sur un plan simple de tour carrée, est achevé en 1537. Entre 1737 et 1746, il est rehaussé de deux niveaux sous la direction de l'architecte avignonnais, Joseph Abel Mottard. 

Sous la Révolution, le chapitre de Saint Agricol est supprimé en mars 1791.En 1793, durant quelques mois, l'église devient cathédrale de l'évêque constitutionnel de Vaucluse. Prélat catholique au statut particulier entre 1790 et 1801, il prête serment à la Constitution civile du clergé, élu et salarié par l'État. L'église fermée fin 1793 est occupée par une forge avant d'être rendue au culte en 1795. Elle joue le rôle de cathédrale de 1802 à 1822, le temps des restaurations menées au sein la Cathédrale Notre Dame des Doms, titrée basilique mineure par le pape Pie IX en 1854. 

Le cloître de la Collégiale, vendu en 1796, est rasé en 1853 à l'occasion des travaux d'élargissement de la rue Géline. La Mairie d'Avignon finance la restauration du clocher de 2012 à 2013, puis celle des façades et de la toiture en 2017. 







La Collégiale Saint Agricol se caractérise par son architecture aux dispositifs rares dans la région, arcs-boutants en contre-buté et absides épaulées par des contreforts. Sa façade remarquable du XVe siècle est l'oeuvre conjointe d'Antoine Colin de Lyon, Didier Millot de Toul et Antoine Carteron de Bourges. Au tympan, au-dessus du portail principal, le sculpteur lorrain Bernard Ferrier (?-1510), établi à Avignon en 1488, réputé pour sa réalisation du tombeau d'Antoine de Comis au sein de la Collégiale Saint Didier vers 1496 https://www.parisladouce.com/2026/07/collegiale-saint-didier-avignon.html exécute un haut-relief polychrome, représentation de l'Annonciation. 

À la fin du XIXe siècle, Charles Bezert (1836-1907) sculpte un nouvel archange Gabriel afin de remplacer celui endommagé au cours de la Révolution de 1789. Le trumeau entre les deux portes, destiné à recevoir une Vierge à l'enfant du XVIe siècle, désormais conservée à l'intérieur, pilier droit en face du choeur, demeure vide. Les niches du piédroit également, les statues ayant disparu à la Révolution. Sous les baies désormais murées, figurent trois médaillons sculptés. 

À l'intérieur, dix chapelles édifiées au XVe et XVIe siècles bordent les nefs latérales. Dans le choeur, maître-autel de style baroque, oeuvre de Jean-Baptiste II Péru en 1767, conserve les reliques de saint Magne et saint Agricol. Aux murs de l'abside, se trouvent trois oeuvres d'intérêt, "L'Assomption" (1539), peinture sur bois de Simon de Châlons, "La Pentecôte" (1620) de Guillaume-Ernest Grève et "L'Adoration des Bergers" (vers 1650) de Nicolas Mignard. 

Vers 1525, le sculpteur Imbert Boachon, maître itinérant originaire de Mâcon, réalise le retable architecturé, dit de l'Ave Maria, aujourd'hui présenté dans la nef latérale, ainsi que le monument funéraire des Doni, seigneurs florentins installés à Avignon au XVIe siècle. L'orgue de 1862, classé aux Monuments Historiques, est l'oeuvre des facteurs Charles Spackmann Barker et Verschneider. Au revers de la façade Sud, on découvre une épitaphe avec médaillon sculpté de l'architecte Pierre II Mignard (1640-1725). 

Collégiale Saint Agricol 
23 rue Saint Agricol - 84000 Avignon



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.