Ailleurs : Réouverture du M24 Musée du Sport Automobile au Mans, réinvention d'une institution sarthoise indissociable du circuit des 24 Heures du Mans


Le nouveau M24 Musée du Sport Automobile, inauguré le 27 mai 2026, à la veille des 24 Heures du Mans 2026 - du 10 au 14 juin 2026 - marque l'aboutissement d'un long projet. Parrainée par le pilote de Formule 1 britannique, Lewis Hamilton, l'institution repensée se propose de retranscrire l'épopée des sports mécaniques. Histoire des courses, des hommes, des technologies, performances mécaniques, trajectoires sportive, destins romanesques et parfois tragiques. Le site d'envergure entièrement repensé offre un écrin aux collections de l'Automobile Club de l'Ouest et de l'horloger suisse, Richard Mille. Le M24 se trouve dans le voisinage direct de l'un des trois plus célèbres circuits au monde avec Indianapolis et Monaco, le circuit des 24 Heures du Mans, première course moderne de sport automobile lancée en 1906. Aujourd'hui, elle fête 120 ans de prouesses techniques et humaines, d'émotions et de gloire et le circuit a été élu Monument préféré des Français en 2024.

Pierre Fillon, président de l'Automobile Club de l'Ouest et Fabrice Bourrigaud, directeur patrimoine et culture du M24 nourrissent de grandes ambitions pour le M24 Musée du Sport Automobile. C'est un atout majeur afin que la ville du Mans devienne la capitale mondiale du sport automobile. La mise en scène souligne la dimension artistique des 130 voitures présentées, oeuvres mécaniques, associant design et fonctionnalité. Elle éclaire avec précision l'histoire des exploits réalisés au volant de ces bolides. Pôle d'attractivité sarthois, le M24 a pour objectif de séduire 300 000 visiteurs par an.






Le Musée automobile de la Sarthe, fondé en 1961 à l'initiative de l'Automobile Club de l'Ouest et du Conseil général de la Sarthe a été renommé Musée des 24 Heures - Circuit de la Sarthe en 2009, puis Musée des 24 Heures du Mans depuis 2017. En 1991, les bâtiments originaux de l'institution sont développés sur les plans de l'architecte Stéphane Barbotin. L'établissement avait besoin de se réinventer pour toucher un public renouvelé. 

L'architecte Frédéric Audevart se voit confier l'entreprise. En un temps record de onze mois de travaux, il remodèle les anciens locaux, ajoute une extension et double la surface pour atteindre les 8600m2. Le nouvel écrin se distingue par une identité architecturale dont l'aérodynamie évoque des éléments empruntés aux voitures, références formelles aux ailerons, aux diffuseurs, aux phares. 

Le parcours entièrement repensé revendique une vocation immersive, intégration du numérique, interactivité pour une expérience alternative. La scénographie signée Raphaël Daguet, fondateur de l'agence The Immersers à Nantes, associe les fils rouges historiques et thématiques, capsules temporelles, modules variés qui éclairent la dimension humaine des sports automobile, les pilotes, les équipes, les passionnés, les ambiances, vignettes consacrées à l'expression de la beauté plastique au service de la performance, le design et la technicité. Si l'épopée des 24 Heures du Mans demeure le jalon pivot du parcours, le récit s'élargit à six disciplines Endurance, Indycar, F1, Rallye, Moto, Can-Am.







La première salle évoque l'ambiance du pesage, avec au sol un revêtement reproduction exact en résine de la piste du circuit scannée. Parmi les légendes présentées, l'Audi R18 e-tron Quattro, prototype de voiture d'endurance automobile, issue de l'Audi R18 TDI, quatre fois victorieuse au 24 Heures du Mans dans ses versions successives entre 2012 et 2014. Plus loin, se dévoile la Ferrari 512 BB LM engagée en 1981, modèle de compétition développé à partir de la Ferrari Berlinetta Boxer ou encore la Mercedes Benz CLK LM, qui participe à la course de 1998 ou encore la Bentley Speed 8 gagnante en 2003. 

La Bentley 3 Litre Sport, gagnante de la course des 24 Heures du Mans en 1924, pilotée par le canadien John Duff et l'anglais Frank Clement, marque une étape historique, à laquelle répondra plus loin la Tracta GéPhi Type A #13, traction avant mythique de 1928. Un espace plongé dans la pénombre et animé par des écrans convoque les ambiances de la nuit sur le circuit Mans avec notamment le prototype Peugeot 908 HDI FAP, victorieux en 2009.  

Dans la salle dédiée à la ligne d'arrivée, la Rondeau M379, conçue spécialement pour courir les 24 Heures du Mans, a remporté la course en 1980, pilotée par son concepteur Jean Rondeau et Jean-Pierre Jaussaud. Elle côtoie la Porsche 917 LH n°17 des 24 Heures du Mans 1971, surnommée "la voiture sportive du siècle" repeinte aux couleurs Martini de la n°21, engagée la même année. Les dioramas à échelle 1 évoquent avec panache l'ambiance des courses et les coulisses normalement inaccessibles. La Citroën de Sébastien Loeb représente les voitures de rallye WRC. 







Parmi les 16 monoplaces modernes de Formule 1, se trouvent des mythes de la Scuderia, la Ferrari F2002 dans laquelle Michael Schumacher a remporté son cinquième titre de champion du monde, la Ferrari 312-DB de Jacky Ikkx, au volant de laquelle il signe sa meilleure saison en 1970 en devenant deuxième du championnat ou encore la Ferrari SF-23 pilotée par Charles Leclerc, dans le cadre de la saison 2023 du championnat du monde. Une Renault d'Alain Prost qui conduit au sein de cette écurie entre 1981 et 1983 ou la Mercedes AMG F1 W09 EQ Power de Lewis Hamilton concluent ce chapitre. Le M24 Musée du Sport Automobile consacre ensuite une salle aux plus grands pilotes avec la présentation de memorabilia émouvants. À partir de 2027, des espaces d'exposition temporaire ouvriront.

M24 Musée du Sport Automobile
Place Luigi Chinetti - 72019 Le Mans
Horaires : Ouvert tous les jours de 10h à 18h
Tél : 02 43 72 72 24
Réservation : heritage@lemans.org




Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.