Ailleurs : Square Agricol Perdiguier et les vestiges du cloître Saint Martial, un espace vert aménagé dans les années 1990 sur l'ancien Jardin botanique d'Esprit Requien

 

Le Square Agricol Perdiguier d'Avignon et ses vestiges du cloître gothique Saint Martial niche entre le Cours Jean Jaurès, le Temple Saint Martial et la rue Henri Fabre. Surnommé "le Petit Jardin", son appellation officielle rend hommage à une personnalité politique de la région, Agricol Perdiguier (1805-1875) compagnon menuisier sous le nom d'Avignonnais la Vertu, écrivain et député. Le site est considéré comme le point de départ de la Via Avenio, à la croisée des chemins entre Rome et Compostelle. Une plaque porte l'inscription "km 0".

L'ancien jardin du prieuré Saint Martial devient Jardin botanique en 1840, à l'instigation du naturaliste et botaniste Esprit Requien (1788-1851). La parcelle est amputée de la moitié de sa surface lors de la percée, entre 1856 et 1857, du Cours Jean Jaurès - alors rue Bonaparte, puis Cours de la République en 1870 à la chute du Second Empire, Cours Pétrarque en 1874 et finalement Cours Jean Jaurès depuis 1925.

Au début des années 1990, la Municipalité aménage le site en jardin public. Œuvre des architectes paysagistes Sébastien Giorgis, Patrice Pierron et Louis Knidel, le Square Agricol Perdiguier est inauguré en 1991. L'îlot vaste de de 4725m2 conserve les vestiges du cloître gothique et se dote de pièces d'eau, parterres de fleurs. Les arbres centenaires valorisés et les collections de plantes méditerranéennes rappellent la vocation scientifique et pédagogique héritée du XIXe siècle. Aire de jeux pour les enfants, restaurant-buvette ouvert aux beaux jours complètent l'expérience.







Le Square Agricol Perdiguier d'Avignon est l'héritier d'une longue histoire qui remonte au Moyen-Âge, celle d'un hôtel particulier devenu cardinalice, livrée, prieuré, collège puis musée. Édifié à l'initiative du sénéchal de Provence Hugues IV des Baux, le palais de la Reine Jeanne est achevé en 1346. Jeanne Iere de Naples, comtesse de Provence (1326-1382), dont c'est la résidence officielle à Avignon, n'y séjourne pourtant qu'une seule fois en 1348 lors d'une épidémie de peste noire. 

Le pape Urbain V (1310-1370) offre la demeure au cardinal Androin de la Roche (vers 1300/10-1369), abbé de l'abbaye de Saint-Seine et de l'abbaye de Cluny, créé cardinal par le pape Innocent VI en 1361. Celui-ci déménage par la suite au sein de la livrée d'Annibal de Ceccano. Les bâtiments, désormais prieural de Saint Martial, sont adaptés aux fonctions de prieuré bénédictin. En 1380, le cardinal archevêque d'Arles, Pierre de Cros (vers 1320-1388), Camerlingue cour pontificale qui administre la justice et le trésor, transforme le prieuré en collège destiné à douze novices bénédictins placés sous la direction d'un recteur. 






L'église de l'ancien prieuré, nationalisée, est désaffectée à la Révolution. À partir de 1840, la propriété accueille le cabinet d'histoire naturelle, fondé par le naturaliste, botaniste et paléontologue Esprit Requien (1788-1851). Le Musée d'histoire naturelle lui rend hommage en devenant Museum Requien à son décès. Le naturaliste Jean-Henri Fabre (1823-1915) dispense des cours publics de chimie au sein de l'église. La Mairie d'Avignon créé les Cours Municipaux de Saint Martial. Jean-Henri Fabre enseigne la botanique et Stéphane Mallarmé (1842-1892), l'anglais. 

En 1881, l'ancienne église est réaffectée au culte et devient Temple protestant. L'édifice est classé au titre des Monuments historiques par arrêté du 23 avril 1911. 

Square Agricol Perdiguier et vestiges du cloître Saint Martial
Cours Jean Jaurès - 84000 Avignon



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie. 

Bibliographie