La Chapelle de l'Oratoire édifiée à partir de 1713, n'est consacrée qu'en 1750. Cinq architectes se sont succédés sur le chantier interrompu à de nombreuses reprises. Elle se caractérise par une coupole monumentale et l'originalité de son plan. Au sein d'un bâtiment rectangulaire, deux ellipses concentriques développent leurs courbes. À l'Ouest, un choeur circulaire dessert deux grandes chapelles et quatre plus petites surmontées de tribunes sur des voûtes plates. Au-dessus du maître-autel, grand autel de bois doré provenant de la chapelle des Pénitents blancs, se trouve à la jonction de la voûte une discrète main divine. Des colonnes ioniques scandent les espaces et soutiennent les voûtes. En façade, les pilastres corinthiens jumelés encadrent un vaste portique à archivolte concave en plein cintre. Les deux portes latérales sont surmontées d'un entablement et de tableaux moulurés. La chapelle, classée à l'inventaire des Monuments historiques par arrêté du 2 mai 1912, a fait l'objet d'une restauration d'envergure en 2006.
La congrégation des Oratoriens, communauté religieuse fondée au XVIe siècle par saint Philippe Néri (1515-1595), s'établit à Avignon en 1646. La compagnie obtient l’autorisation d’élever une chapelle en 1648. Leur première église bénie le 25 février 1667 demeure en activité jusqu'en 1753. Grâce au soutien de Domenico de' Marini (1599-1676), archevêque d'Avignon, la communauté de l'Oratoire fonde un séminaire principal saint Grégoire le Grand en 1669.
En 1713, le Père Jean Melchior de Mayne, supérieur de l'Orde de l'Oratoire d'Avignon, lance un projet de chapelle dans le voisinage direct du couvent des Dominicains. L'entreprise sera menée sous la direction du chanoine de l'église Saint Pierre d'Avignon, le Révérent Père Jean Léonard (1690-1749). Les premiers plans anonymes s'inspirent de ceux de la chapelle de l'Hôpital de la Vieille Charité de Marseille, sanctuaire édifié en 1672, par l'architecte Pierre Puget (1620-1694), figure du mouvement baroque français. Le chantier suspendu une première fois en 1719, reprend en 1729 à la suite d'une rallonge de crédit à hauteur d'un millier de livres.
En 1730, le Père Jean Melchior de Mayne fait appel aux services de l'architecte Jean-Ange Brun (1702-1793). Il poursuit les travaux, notamment les élévations, d'après les plans imaginés par Ferdinand Delamonce (1678-1753). Architecte allemand travaillant à Lyon, Paris et en Italie, celui-ci les a dessinés lors de son bref passage à Avignon en 1729. Brun dirige le chantier jusqu'en 1738, date à laquelle il le quitte pour défaut de paiement.
Jean-Baptiste I Péru prend la relève. Puis son fils Jean-Baptiste II Péru prend la relève. Il achève la clef de voûte en juin 1740. À nouveau, le Révérend Père Jean Léonard omet de verser sa rémunération à l'architecte. Ce dernier quitte le chantier en septembre 1747. La chapelle est achevée en 1749, sans maître d'ouvrage, puis consacrée le 3 juillet 1750.
À la Révolution, la congrégation des Oratoriens est dissoute. Dévolue tout d'abord au Club des patriotes, la chapelle est reprise par la municipalité. La Mairie transforme l'ancien sanctuaire en dépôt de poudre, de salpêtre et de munitions. Il est question un temps de raser le bâtiment pour le remplacer par un théâtre. Placée sous la gestion du Ministère de la Guerre, la chapelle de l'Oratoire échappe à la destruction avant d'être rendue au culte en 1825. Elle est alors rattachée à la paroisse de Saint Agricol.
Un temps aumônerie du lycée Frédéric Mistral, la chapelle accueille, depuis la restauration de 2006, des évènements culturels temporaires, spectacles durant le Festival d'Avignon et expositions variées.
Chapelle de l'Oratoire Avignon
32 rue Joseph Vernet - 84000 Avignon
Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.
Bibliographie



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