Théâtre : Victor Hugo, mon amour - D'après la correspondance de Victor Hugo et Juliette Drouet - Adaptation Anthéa Sogno - Lucernaire - Jusqu'au 7 juin 2026

Crédit Zoom Anthéa 

Victor Hugo (1802-1885) remarque Juliette Drouet (1806-1883) à l'occasion d'une lecture en 1833, au théâtre de la Porte Saint Martin. Comédienne, elle auditionne pour le rôle de la princesse Négroni dans "Lucrèce Borgia". La rencontre marque le début d'une passion tumultueuse, de notoriété publique, connue d'Adèle Hugo, épouse de l'homme de lettres. Cette histoire d'amour durera jusqu'au décès de Juliette en 1883. Celle-ci sacrifie sa carrière de comédienne, se plie aux exigences de son amant tyrannique. Malgré les infidélités, les trahisons intimes, elle lui consacre toute son existence. Juliette sauve la vie de Victor Hugo durant le coup d'état de Louis-Napoléon Bonaparte en 1852. Elle veille sur la malle où sont conservés les manuscrits notamment celui des "Misérables" et sauve l'oeuvre romanesque. Juliette suit les Hugo dans l'exil à Jersey puis en 1855, à Guernesey. 


Au cours de leur vie, Victor Hugo et Juliette Drouet ont échangé 23 653 lettres. Anthéa Sogno a adapté cette correspondance pour la scène. Leur relation épistolaire se trouve au coeur de leur idylle. Écrits variés, lettres, extraits de pièces, d'articles de presse, Anthé Sogno a sélectionné avec soin des éléments puisés dans ce vaste corpus pour en faire la matière vive des dialogues réinventés. Capturant une tournure de phase, un accent, une formule caractéristique, elle ancre sa démarche dans une volonté d'authenticité sans faire l'impasse sur les événements historiques. 

Le spectacle repris depuis dix-neuf ans, enrichi dans cet opus au Lucernaire de textes notamment au sujet de l'engagement politique, retracer cinquante ans d'amour. Il rend hommage à Juliette, célèbre sa mémoire, sa personnalité flamboyante et son don littéraire. Il rend hommage à cette copiste minutieuse qui s'est attachée à retranscrire toute l'œuvre hugolienne tandis qu'elle menait en parallèle un travail d'inventaire, de conservation et de préservation.

Avec émotion et sensibilité, "Victor Hugo, mon amour" redonne chair à un couple mythique et trace en creux portrait d'une femme amoureuse dévouée à son grand homme, monument des lettres françaises, jusqu'au renoncement, à l'abandon de soi. 

Sur la scène, la chambre reconstituée est à la fois lieu de l'amour et prison dorée où l'attente se prolonge. Dans l'intimité des transports amoureux, les soubresauts de la passion se confrontent au désespoir. Le désir et la tendresse se mêlent de souffrances. L'amour nourrit l'oeuvre, la création artistique puise sa source au coeur de la vie.

Dans une mise en scène élégante de Jacques Décombe, Anthéa Sogno et Yannis Baraban incarnent avec conviction l'intensité de cette relation. Les affres de la passion, les élans, les épreuves, leur idylle connait des sommets et des gouffres. Humour et fougue entretiennent l'illusion de l'intensité. 

Victor Hugo, mon amour 
Jusqu'au 7 juin 2026
Mercredi, jeudi, vendredi, samedi 21h - Dimanche 17h30

D'après la correspondance de Victor Hugo et Juliette Drouet
Adaptation Anthéa Sogno
Mise en scène Jacques Décombe
Avec Anthéa Sogno, Yannis Baraban

Salle Paradis
Le Lucernaire 
53 rue Notre-Dame-des-Champs - Paris 6



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.