Trigo, le blé en portugais, comptoir à sandwichs franco-brésilien, a ouvert au cours de l'été 2024, sous l'impulsion de deux associées Aghata Le Lay et Dani Bogoricin. Brésiliennes à Paris, amies de longue date, elles y partagent leur passion pour les nourritures amènes, entre énergie communicative et sens du partage. Recettes du marché, héritages familiaux, influences du monde, la cheffe Aghata Le Lay y propose une carte resserrée, gage de fraîcheur et de qualité, deux entrées, quatre sandwichs, un plat du jour, deux desserts. L'emblématique sandwich brésilien, le Bauru - 11,50 euros - rosbif en chiffonnade, tomates confites, cornichons, mozzarella, tient le haut de l'affiche. Une expérience, un récit, une histoire humaine, les recettes inspirées des traditions culinaires brésiliennes retrouvent des inflexions inventives dans les produits français sélectionnés avec soin au gré des saisons. Généreuses déclinaisons, les sandwichs sont composés sur des pains Union Boulangerie, buns dodus et croques dorés, avec des viandes d'origine française quand ils ne visent pas les options végétariennes. Établissement souriant, Trigo se caractérise par son atmosphère particulière de convivialité qui favorise les échanges naturels et chaleureux entre les clients.
Aghata Le Lay, Brésilienne mariée à un Français né au Brésil, a exercé durant vingt ans dans le domaine de la publicité à Sao Paulo. À son arrivée en France en 2018, elle envisage une reconversion. Férue de gastronomie, gourmande avant même de cuisiner, elle intègre l'école hôtelière de Paris Médéric. Diplômée en 2019, elle trouve rapidement un poste chez White Hippo, restaurant, bar à tapas fusion latino-coréenne. Au lendemain de la crise sanitaire, jeune maman d'une petite fille, Aghata s'interroge sur la façon d'équilibrer vie professionnelle et vie de famille. Avec son amie Dani Bogoricin, qui réside toujours au Brésil, elle noue un partenariat par-delà l'Atlantique afin de fonder une entreprise à leur image, affable, généreuse, bienveillante. Trigo est né.
Les associées confient l'architecture d'intérieur de leur échoppe, située à deux pas du square Montholon, au cabinet Pietra Weiss. Gabriel Casadei Pietraroia et Gabriela Weiss Deleu imaginent un décor vert émeraude Amazonie, carrelages, néons, chaises hautes et . Des plantes exotiques et des affiches colorées en hommage aux beautés du patrimoine brésilien réchauffent ces influences industrielles. La cheffe oeuvre devant les clients derrière un long comptoir nickelé à la façon des diners populaires en Amérique Latine. Elle assemble les sandwichs, dresse les assiettes et raconte sa cuisine avec entrain.
Le Bauru, la vedette à la carte, a sa propre légende savoureuse. La recette aurait été composée, en 1934, par Casimiro Pinto Neto (1914-1983), étudiant de la faculté de droit de Sao Paulo. Surnommé Bauru, d'après sa ville natale, le jeune homme fréquente le bar Ponto Chic. Un jour, il passe une commande spéciale, un nouveau sandwich, pain français sans mie, rosbif, tranches de tomates et de concombre, sel, origan et fromage. La recette remporte un franc succès auprès des clients du lieu qui surnomment le sandwich le Casemiro. À force de commandes sur l'air "d'un sandwich comme celui de Bauru", la réputation du casse-croûte de Casemiro devient un classique de la street food brésilienne. Et conserve pour nom le Bauru. Chez Trigo, Aghata Le Lay perpétue le patrimoine et modernise les compositions avec panache.
Le classique sandwich poulet rôti - 11,50 euros - est revisité mayo aux oignons caramélisés, carottes aigres-douces, pousses d'épinard. L'indétrônable egg bacon bun dialogue avec la recette de saison, cet hiver bun au boeuf bourguignon, propose des variations thématiques de haute gourmandise.
Les entrées hésitent gentiment entre la soupe de saison - 5 euros - avec une partition hivernal butternut, oignons, curry et lait de coco et la salade d'hiver - 5 euros - butternut et carottes au miel et sésame, orzo, comté, pousses d'épinard, mélange de graines, vinaigrette.
Le plat du jour s'inscrit dans l'authenticité, les souvenirs des petits plats des grands-mères brésiliennes, ce jour-là travers de porc, sauce barbecue, jus réduit et carottes glacées - 16,5 euros.
Le dessert minute, crème crumble mascarpone - 5 euros - graines de chia, compotée de fruits de saison, ce jour-là pommes et poires, crumble, se monte dans l'instant et l'onctuosité des associations gourmandes. Le cake du jour, banana bread - 5 euros
Chez Trigo, les formules malines rendent les prix encore plus doux, entrée plat ou plat dessert, 20 euros ou formule sandwich entrée ou dessert 15 euros. Une pépite à découvrir de toute urgence.
Trigo
9 rue Papillon - Paris 9
Horaires : Du lundi au vendredi de 12h à 14h30 sur place ou à emporter
Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.



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