Théâtre : Balle de Match, de et avec Léa Girardet - Théâtre de Belleville - Jusqu'au 27 janvier 2026

Crédit Louis Barsiat 

 

En 1973, la championne de tennis Billie Jean King, 29 ans, milite pour la reconnaissance des athlètes femmes, l'égalité salariale entre les hommes et les femmes, leur traitement équitable. Bobby Riggs, tennisman retraité de 55 ans, a connu la gloire dans les années 1940. Il s'est reconverti en showman et désormais se met en scène dans des matches d'exhibition. D'un machisme décomplexé, il multiplie les provocations affirmant l'infériorité des femmes dans le sport. Il provoque en duel la jeune championne : sa victoire prouvera définitivement la supériorité des hommes. Elle refuse de se donner en spectacle avec ce sale type et repousse tout d'abord la proposition. Riggs défait brutalement l'une de ses rivales, Margaret Court. Billie Jean King décide alors de relever le défi dans l'espoir de faire avancer la cause féministe. À Houston, Texas, le 20 septembre 1973, deux camps s'affrontent sur le court, dans un match hors norme, une "bataille des sexes", devant 30 000 spectateurs et 50 millions de téléspectateurs dans 37 pays. Au Pentagone, une cellule d'investigation des services secrets surveille les actions féministes. Deux agents sont chargés de rédiger des rapports sur l'évènement et ses possibles répercussions dans la société. 



Écriture, mise en scène et jeu, Léa Girardet signe un spectacle, ni documentaire, ni biopic, qui emprunte autant à la réalité historique qu'à la fiction et à l'humour. Pour mieux éclairer cet épisode de l'histoire du sport et du féminisme, elle s'empare d'une figure inspirante, modèle féminin auquel s'identifier. Billy Jean King, joueuse de tennis américaine née en 1943, aujourd'hui 82 ans, a fait carrière entre 1959 et 1983 en simple, jusqu'en 1990 en double. Numéro un mondial en 1966, son palmarès comprend cent-vingt-neuf titres, douze titres du Grand Chelem. Tout au long de son existence, elle s'est engagée en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes, la reconnaissance du sport au féminin. La Compagnie Le Grand Chelem produit ici le troisième volet d'une trilogie sportive, initiée en 2018 avec "Le syndrome du banc de touche" puis "Libre arbitre" en 2022.

Les années 1970, période de tensions sociales et culturelles, sont marquées, aux États-Unis, par la guerre du Vietnam (1955-1975), le scandale du Watergate (1972-1974). La paranoïa étatique pousse les services secrets à développer des outils de surveillances. Au lendemain du mouvement pour les droits civiques (1954-1968) pour l'abolition de la ségrégation et des discriminations, le mouvement de libération des femmes prend de l'ampleur. La deuxième vague du féminisme est portée une nouvelle génération qui cherche à faire inscrire l'égalité des droits entre les sexes dans la Constitution des États-Unis par l'Equal Rights Amendment. Cette proposition d'amendement cependant jamais été ratifiée. 

D'une troublante actualité, les thématiques abordées dans "Balle de match" trouvent un écho vibrant dans les préoccupations actuelles. L'égalité salariale entre les hommes et les femmes n'est toujours pas établie, les acquis féministes à l'instar de l'avortement aux États-Unis sont remis en question par le système patriarcal, la parité se fait attendre et les stéréotypes de genre perdurent. 

Dans cette guerre des sexes sur court, deux archétypes, deux générations s'affrontent, la jeune championne féministe militante et le retraité misogyne "c'était mieux avant". Léa Girardet, en héroïne insoumise, et Julien Storini en macho aux idées rétrogrades, tissent sur scène une belle complicité. Ils nous emportent dans un récit captivant. 

Engagé, "Balle de Match" se fait également critique de la société du spectacle et questionne la récupération des combats par les médias, le dédoublement entre les convictions personnelles et les personnages médiatiques. Le dénouement du match fait partie de l'histoire. 

Balle de Match
Du 5 au 27 janvier 2026 au théâtre de Belleville
Lundi et mardi 19h15 - Dimanche 20h

Écrit et mis en scène par Léa Girardet
Avec Léa Girardet, Julien Storini
Assistante à la mise en scène Clara Mayer
Collaboration artistique et dramaturgie Gaia Singer
Scénographie Aurélie Lemaignen
Lumières Claire Gondrexon
Son Lucas Lelièvre
Costumes Floriane Gaudin
Régie générale et lumière Emma Schler ou Titiane Barthel
Régie son et vidéo Nicolas Maisse ou Théo Lavirotte

Production Le Grand Chelem
Coproduction Le Safran – Scène conventionnée d’Amiens Métropole ; Théâtre André Malraux de Chevilly-Larue ; L’entre-deux – Scène de Lésigny ; PIVO – Théâtre en territoire / Scène conventionnée d’intérêt national Art en territoire ; Le Quai des rêves / Ville de Lamballe-Armor ; L’Orange bleue – Espace culturel d’Eaubonne
Accueil en résidence Le Safran – Scène conventionnée d’Amiens Métropole ; TGP – CDN de Saint-Denis ; STC – Super Théâtre Collectif à Charenton ; Le Hublot à Colombes ; Salle Jacques Brel et Théâtre au Fil de l’eau / Ville de Pantin ; Le Quai des rêves / Ville de Lamballe-Armor ; L’Orange bleue – Espace culturel d’Eaubonne

Théâtre de Belleville
16 passage Piver - Paris 11
reservations@theatredebelleville.com
Tél : 01 48 06 72 34

Théâtre du Fil de l’eau, Pantin le 15 janvier
Théâtre André Malraux, Chevilly-Larue le 17 janvier
Les Bords de Scènes, Athis-Mons le 22 janvier
Théâtre Le Reflet, Vevey (Suisse) les 23 et 24 février
Espace Sarah Bernhardt, Goussainville, avec PIVO – Scène conventionnée le 10 mars
Théâtre Victor-Hugo, Bagneux le 11 mars
Centre culturel Jean-Vilar, Champigny-sur-Marne le 12 mars
Espace culturel Robert-Doisneau, Meudon le 1er avril
TCM, Théâtre de Charleville-Mézières le 28 avril



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.