Expo : Robert Badinter. La Justice au coeur - Crypte du Panthéon - Jusqu'au 8 mars 2026

 

L'exposition "Robert Badinter. La Justice au coeur", rend hommage à un homme, ses combats républicains contre la haine et la barbarie, son engagement contre la peine de mort, contre les inégalités. Placée sous le commissariat d'Éric Fottorino, écrivain, journaliste, ancien directeur du Monde, elle honore la mémoire de Robert Badinter (1928-2024) à la suite de son entrée au Panthéon, le 9 octobre 2025, date anniversaire de la loi d'abolition de la peine de mort dont il fut l'artisan, loi promulguée le 9 octobre 1981. La France est alors le 36e état au monde à abolir la peine capitale mais le dernier membre de l'Europe des douze.

Opposition philosophique, conviction inébranlable, le combat de Robert Badinter contre la peine de mort a marqué les esprits tout autant que ses prises de position pour la défense des droits des détenus, la protection des mineurs incarcérés, l'amélioration des conditions de détention, la lutte contre les discriminations avec notamment la fin du délit d'homosexualité établi par le régime de Vichy. Le parcours d'exposition associe l'intime et le politique dans une narration qui revient sur la genèse d'un engagement humaniste, d'une exigence morale quant à la défense de la dignité humaine. Documents, collections et objets personnels, ouvrages, photographies, vidéos ponctuent une scénographie imaginée par l'atelier Scénorama, évocation du bureau de Robert Badinter et de son atmosphère. 






L'exposition "Robert Badinter. La Justice au coeur" se tient dans la crypte du Panthéon jusqu'au 8 mars 2026. Elle retrace la trajectoire de Robert Badinter, fils de déportés, avocat, enseignant, homme politique. Sa carrière le mènera aux plus hautes fonctions de l'État, Garde des Sceaux de 1981 à 1986, président du Conseil Constitutionnel de 1985 à 1996, sénateur de 1995 à 2011, résident du Comité de déontologie parlementaire du Sénat de 2010 à 2011. Au Panthéon où reposent les grands Hommes de la Nation, le cénotaphe symbolique de Robert Badinter - sa sépulture demeure au cimetière parisien de Bagnolet - a été élevé caveau n°7 aux côtés de Gaspard Monge (1746-1818), mathématicien, homme politique, l'abbé Grégoire (1750-1831), prêtre, homme politique, figure de la Révolution française, Nicolas de Condorcet (1743-1794), scientifique, philosophe, esprit des Lumières. 

L'exposition se déploie en trois chapitres placés sous la figure tutélaire de personnalités, d'intellectuels engagés dont le rôle idéologique majeur a marqué l'Histoire : Émile Zola (1840-1902), Victor Hugo (1802-1885), Nicolas de Condorcet (1743-1794) dont Robert Badinter a été, en collaboration avec son épouse, Élisabeth Badinter, le biographe 

Le premier chapitre, sous l'oeil d'Émile Zola, écrivain, journaliste, défenseur de la justice, engagé contre l'antisémitisme et acteur de l'affaire Dreyfus avec son célèbre texte "J'accuse", convoque le souvenir d'une enfance marquée par la Shoah. Robert Badinter nait dans une famille juive laïque d'origine moldave. Son père Simon Badinter (1895-1943), immigré en France en 1919, et sa mère Shiffa Rosenberg devenue Charlotte Badinter se sont rencontrés à Paris. Naturalisés français en janvier 1928, ils accueillent leur fils Robert le 30 mars 1928. Simon Badinter, arrêté par la Gestapo à Lyon, en février 1943, meurt assassiné en déportation au centre d'extermination de Sobibór, ainsi que l'oncle maternel de Robert Badinter, Naphtal Rosenberg (1886-1942) assassiné en déportation à Auschwitz.  






L'étape suivante associe Victor Hugo homme de lettres, politicien au combat pour l'abolition de la peine de mort. L'exposition évoque les grands procès de l'avocat. En 1972, Robert Badinter co-défend Robert Bontems (1936-1972). L'homme est condamné à mort pour complicité dans l'affaire du meurtre d'une infirmière et d'un gardien de la centrale de Clairvaux. Le président Georges Pompidou (1911-1974) lui refuse la grâce. Robert Badinter accompagne son client à l'échafaud le 28 novembre 1972. À la suite de ce verdict, l'avocat s'engage à défendre tous les accusés passibles de la peine de mort qui viendraient à lui. 

En 1977, il co-défend Patrick Henry, accusé d'avoir tué un enfant de sept ans en 1976. Sa plaidoirie contre la peine capitale conduit à une condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité. 

Lors du premier mandat de François Mitterrand (1916-1996) en 1981, Robert Badinter est nommé Ministre de la Justice. C'est en tant que Garde des Sceaux qu'il prononce son célèbre discours pour l'abolition de la peine de mort, devant les députés, à la tribune de l’Assemblée nationale, le 17 septembre 1981 : "Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue." L'exposition présente un émouvant manuscrit préparatoire du discours.

Le dernier pan de l'exposition, placé sous l'égide de Nicolas de Condorcet, homme de science, philosophe, politicien, éclaire le travail de porteur des valeurs humanistes et de réformateur. Il raconte les combats menés par Robert Badinter tout au long de sa carrière, en 1986, la dépénalisation de l'homosexualité, l'humanisation des conditions de détention en prison, la défense des victimes.

Robert Badinter La Justice au coeur
Jusqu'au 8 mars 2026

Crypte du Panthéon 
Place du Panthéon - Paris 5
Horaires : Ouvert tous les jours - Du 1er avril au 30 septembre 10h - 18h30 / Du 1er octobre au 31 mars 10h - 18h/ Les premiers lundis ouvrés de chaque mois ouverture à 12h
Métro Ligne 10 - Station Maubert-Mutualité / Ligne 7 - Station Place Monge



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.