La Chapelle Saint Charles de la Croix Saint Simon, dans le quartier de Charonne, XXe arrondissement de Paris, est l'un des derniers vestiges de l'ancien Hôpital de la Croix Saint Simon originel inauguré en 1920. Le sanctuaire est édifié entre 1914 et 1919, sous la houlette des architectes Charles Nicod (1878-1967) et Georges Lambert. Consacré en 1921, il est placé sous le patronage de saint Charles Borromée (1538-1584). À l'origine dans l'enceinte de l'hôpital de la Croix Saint Simon, la Chapelle Saint Charles de la Croix Saint Simon se trouve désormais en bordure du groupe hospitalier Diaconesses-Croix Saint-Simon. Elle dépend de la paroisse Saint Germain de Charonne, à l'instar de l'église Saint-Germain-de-Charonne et de l'église Saint-Cyrille Saint-Méthode.
Marie de Miribel (1872-1959), infirmière, résistante durant la Seconde Guerre Mondiale, femme politique, conseillère de Paris, est la fondatrice de l'Oeuvre de la Croix Saint Simon. Au début des années 1900, la jeune fille de bonne famille engagée dans des causes sociales, s'investit au sein d'une mission diocésaine à Charonne. Frappée par la misère du quartier, où tuberculose et syphilis font des ravages, Marie de Miribel fonde, dès 1907, la Maison de l'Union, un dispensaire. La structure originelle à vocation sociale et sanitaire s'avère rapidement insuffisante. Les fonds réunis auprès de donateurs permettent d'envisager la construction de l'hôpital de la Croix Saint Simon. Le chantier débute en 1912.
Au cœur du complexe, les architectes Charles Nicod et Georges Lambert dessinent les plans de la chapelle Saint Charles de la Croix Simon. Le cardinal Louis-Ernest Dubois (1856-1929), archevêque de Paris à partir de 1920, pose la première pierre en mai 1914. La Première Guerre Mondiale débute en juillet. Le conflit retarde le chantier qui sera même suspendu un temps. La construction s'achève en 1919. Sur la façade figurent les dates 1914-1919. La Chapelle Saint Charles de la Croix Saint Simon est consacrée en 1921.
La façade principale d'inspiration romane évoque l'architecture sacrée du Saintonge et du Haut Poitou. La silhouette de la tour-clocher octogonale se rapproche des structures régionales désignées sous le terme "lanterne des morts". Au tympan du portail d'accès, se déploie un Christ en Gloire, encadré, à gauche, du taureau de saint Luc, à droite, du lion de saint Marc. Sur les tympans des arcades latérales, se trouvent, à droite l'aigle de saint Jean, à gauche l'homme de saint Matthieu.
À l'intérieur, le bâtiment se déploie sur une nef à trois travées. La voûte de la nef en berceau contraste avec les collatéraux voûtés d'ogives. Un déambulatoire borde le choeur. Deux mosaïques, répliques d'oeuvres byzantines, ornent la chapelle. Une statue espagnole du Christ du XVe siècle, une autre de sainte Thérèse et de l'enfant Jésus signée du sculpteur Paul Landowski (1875-1961) complètent le décor. Les salles de la crypte et de la chapelle accueillent réunions, catéchèse et rencontres variées.




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