Paris : 24 rue Eugène Flachat, un hôtel particulier signé Georges Louis Bayard , un édifice sous influence du rationalisme structurel théorisé par Viollet-le-Duc - XVIIème

 


Au 24 rue Eugène Flachat se tient un hôtel particulier d’influence rationaliste et historiciste, édifié en 1882 sous la direction de l’architecte Georges Louis Bayard (1873-1904). Ce dernier est intervenu à plusieurs reprises dans le quartier, notamment lors de travaux au numéro 8 de la même voie. Il signe en 1891 le numéro 9 dans un style très différent. L’hôtel particulier du 24 rue Eugène Flachat s’inspire du rationalisme constructif théorisé par Eugène Viollet-le-Duc (1814-1879). La façade de pierre blanche, d’une grande sobriété, se déploie sur trois niveaux surmontés d’un rang de lucarnes à la base du toit. Les éléments de décor empruntent à la mode du XIXème siècle d’un Moyen-Âge fantasmé. Le linteau de la porte d’entrée se pare d’un relief sculpté. Il représente deux cimiers affrontés sur fond de rinceau, arabesques végétales. Deux têtes sculptées, un homme et une femme sont placés de part et d’autre de la porte en consoles d’angle. La façade est rythmée par deux médaillons. Le cartouche du rez-de-chaussée a été coupé à l’occasion du percement d’une petite fenêtre. Le trumeau central présente une frise sous corniche.







A ses débuts en 1893, Georges Louis Bayard fréquente l’atelier de Paul Rafflet à Tours, puis celui de Gustave Raulin (1837-1910). Durant cette période, il travaille à la restauration du cloître de la Psalette. Admis à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris en 1894, disciple d’Emile Vaudremer (1829-1914), auteur du Lycée Buffon, de l’église Notre-Dame d’Auteuil, Saint-Pierre de Montrouge, ou encore de la prison de la Santé, Georges Louis Bayard expose au Salon des artistes en 1895. Sa première agence parisienne ouvre dans le VIème arrondissement au 21 rue du Dragon puis déménage au 99 rue de Vaugirard. Ses travaux illustrent l’influence majeure des théories de Viollet-le-Duc à la fin du XIXème siècle.

Le rationalisme structurel de ce dernier prône une ville lisible dont l’urbanisme répondrait à un schéma d’ensemble fluide, ponctué de repères évidents. L’édifice, épicentre de ce concept, s’inscrit dans une organisation structurelle qui répond au principe dynamique de déploiement. L’usage des poutres métalliques et du béton lui confère solidité tout en assurant la fonction. L’indifférence relative à la forme finale se traduit dans les faits par une austérité des lignes droites. 







L’architecte a pour ambition de réconcilier le dynamisme de la nature avec l’ordre des raisons humaines. L’arrangement des différentes parties suit l’idée de la croissance naturelle. La théorie logique constructive devient concept opératoire. Elle tend vers une structure qui échappe à la statique. La confrontation de l’idéal à la réalité du terrain engendre une réflexion sur la fonctionnalité et le coût de la main d’oeuvre. Un décalage certain se manifeste entre l’exécution et les aspirations originelles.

Les bâtiments, dispositifs spatiaux marqués par une morphologie, des volumes et des effets de lumière, se confrontent à la perception visuelle de l’objet architectural, la présence humaine, la frontalité du regard et les déplacements.  Le canevas de symboles reconnaissables simplifie la lecture du bâtiment. La façade rend lisible l’intérieur. 

24 rue Eugène Flachat - Paris 17

Bibliographie
Dictionnaire historique des rues de Paris - Jacques Hillairet - Editions de Minuit
Le guide du promeneur 17è arrondissement - Rodolphe Trouilleux - Parigramme

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