samedi 2 juillet 2016

Paris : Villa d'Alésia, ateliers d'artistes et passé industriel - XIVème



Enfilade de maisons signées, de petits immeubles coquets, d'hôtels particuliers réaménagés, la villa d'Alésia, lieu privilégié et discret, offre une grande variété de façades entre Art Nouveau et Art Déco. Les vastes verrières qui ponctuent la rue marquent la présence d'anciens ateliers d'artistes et d'artisans, dernières traces d'un passé industriel. Ouverte vers 1897, l'ancienne villa Parquet, du nom d'un propriétaire, est devenue villa d'Alésia en 1965. Passage typique du XIVème, cette voie a pour particularité de suivre les sinuosités d'un Y, une rue fourchue moins champêtre que ses voisines villa Hallé, rue des Thermopyles mais au charme certain et à l'architecture exubérante.








Alors que la vie culturelle autour de Montparnasse, entre théâtres et cinémas, est intense, le quartier du Petit-Montrouge, plus connu sous le nom de quartier d'Alésia, se fait discret en matière de festivités. S'il garde le souvenir des guinguettes et des moulins transformés en cabaret de la fin du XVIIIème siècle, début du XIXème, il prête aujourd'hui plus volontiers ses grandes artères aux commerces classiques comme le prêt-à-porter.

Peu concerné par les travaux d'Haussmann sous le Second Empire, le XIVème arrondissement a développé une diversité architecturale pittoresque. Du côté du Petit-Montrouge, nombreuses sont les villas et autres impasses qui font le charme de la ville secrète. Beaucoup de bâtiments construits sur rue dissimulent au regard des parcelles où s'élèvent maisons individuelles et leur jardinets, ateliers d'artistes et autres trésors architecturaux.









Outre l'exploitation des carrières de pierre à bâtir, le Petit-Montrouge a développé au XVIIIème siècle une économie autour de ses usines, fabriques de blanc de baleine et de bougies diaphanes, industrie du cuir verni, raffineries de sucre, usine à gaz de résine ainsi qu'une célèbre distillerie.

De nombreuses pépinières dotées de vastes serres ont laissé quelques noms de rues intéressants. Les artisans venaient compléter cette industrieuse activité. Villa d'Alésia, les ateliers sont nombreux à avoir été préservés. Hautes fenêtres, fresques annonçant l'activité, décors peints ou en mosaïque, grand hangar sous verrière, donnent une singularité lumineuse à cette ruelle calme.













Vaste studio de photographie au numéro 43 le Studio 43, compagnie de théâtre, cabinets d'architecte, artistes-peintres, la villa qui a compté quelques hôtes fameux, prolonge sa vocation artistique. Au 37 bis, verrières zénithales, briques et touches de vert, se trouve l'ancien atelier d'Henri Matisse (1869-1954). Perpétuant l'esprit du lieu, il est devenu un atelier d'art plastique, Terre et Feu, qui dispense des cours de sculpture, de céramique, de peinture, de dessin. Au niveau de l'actuel 31, la rue accueillait une imprimerie fondée en 1894 tenue par des ouvriers sourds et muets.

Le numéro 10 a été l'atelier du peintre expressionniste Francis Gruber (1912-1948) ami d'Aragon et de Giacometti tandis que le 2 bis a été la maison-atelier d'Edouard-Marcel Sandoz (1881-1971) aquarelliste, sculpteur figuriste et animalier qui avait aménagé une ménagerie pour ses modèles vivants. 









Sur la pointe du Y se terminant en impasse, au numéro 11 de la villa d'Alésia, une plaque ornée d'un portrait en médaillon par le sculpteur espagnol Enrique Pérez Comendador est apposée sur la façade d'un bel hôtel particulier. Elle rend hommage au peintre Auguste Leroux (1871-1954) qui y habita et y travailla à partir de 1908 jusqu'à son décès.

Villa d'Alésia - Paris 14
Accessible par le 111 ter rue d'Alésia et le 39 Rue des Plantes

Bibliographie
Le guide du promeneur 14è arrondissement - Michel Dansel - Parigramme
Paris secret et insolite - Rodolphe Trouilleux - Parigramme
Promenade dans toutes les rues de Paris - Félix de Rochegude

Sites référents



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