mercredi 24 septembre 2014

Paris : Le village de la Campagne à Paris, la quiétude bucolique d'un havre fleuri en plein cœur de la ville - XXème



La porte de Bagnolet, sous ses aspects très urbains, réserve quelques jolies surprises à ceux dont la curiosité les pousserait à s’aventurer au-delà du dédale des ruelles du XXème arrondissement. En remontant un peu vers le nord, depuis la place Edith Piaf jusqu’à celle d’Octave Chanute, le flâneur accède à un hameau préservé, ilot verdoyant aux ruelles pavées délimité par le boulevard Mortier, la rue du Capitaine Ferber et la rue Géo Chavez. Quiétude rare, isolée de la ville par sa géographie légèrement surélevée, la Campagne à Paris est l’un de ces jolis quartiers insolites dont la Capitale a le secret. Pavillons de ville abondamment fleuris, calmes allées où prospèrent glycines vénérables, rosiers opulents, passiflores somptueuses, lilas, jardinets arborés, le temps suspend son vol au cours d’un bel après-midi d’été. La Campagne à Paris se compose de trois rues principales, les rues Paul Strauss, Irénée Blanc et Jules Siegfried et quatre venelles parées d’escaliers permettant une ascension de la petite butte n’ayant pris de nom qu’en 1994, la rue Georges Perec, la rue Père Prosper Enfantin et la rue Camille Bombois.













Nous nous trouvons sur les terres de l’ancienne commune de Charonne rattachée à Paris en 1870 et plus exactement sur le site des carrières de gypse du père Roussel, carrières qui furent comblées par les gravats des grands travaux haussmanniens de la place de la République et de l’avenue Gambetta. Jusqu’en 1907, un petit bois naturel se développe sur la colline. Une coopérative menée par le pasteur Sully Lombard, humaniste fortement engagé à travers des actions sociales, rachète le terrain. Le projet prévoit de réaliser un lotissement de 92 pavillons de ville destinés à une population dont les revenus modestes ne leur permettent pas de se loger décemment à Paris. Cette coopérative a pour nom la Campagne à Paris qu’elle donnera à ce nouveau quartier dont le charme bucolique rend un bel hommage à son appellation. Les travaux durent jusqu’en 1928. Ouvriers, fonctionnaires, employés modestes prennent alors possession de ces nouvelles habitations.














Autrefois populaire, ce quartier est aujourd’hui le rêve de nombreux Parisiens aisés mais il n’est accessible qu’aux chanceux qui pourraient découvrir par le bouche à oreilles la vente de l’une de ces habitations hautement convoitées. Il faut montrer patte blanche et séduire le voisinage. Le comité de quartier très actif veille au grain. Bordé de petites maisons de ville classiques des cités ouvrières en briques ou en meulières, ce village insolite offre un spectacle chamarré dans une atmosphère cossue de petit hameau prospère jalousement préservé et entretenu par les riverains. 












Chaque pavillon de deux étages doté d’un jardinet reflète la personnalité de leur propriétaire. Jolies marquise, barrières colorées et dextérité de mains vertes anonymes jouent de leur charme pour séduire voire parfois éblouir. Certains endroits rappellent l’Angleterre, d’autres les régions françaises. Si peu de voitures s’y croisent, nombreux sont les promeneurs ravis de profiter l’espace de quelques heures de ce luxe champêtre en plein cœur du tumulte urbain. L’une des grandes chances du quartier de la Campagne à Paris est la fragilité du terrain. Les anciennes carrières ayant beau avoir été comblées, les sous-sols ne permettent pas la construction d’immeubles modernes dont les fondations risqueraient de s'effondrer. 








Une promenade pleine de charme et de nostalgie, une bouffée d'air frais dans la moiteur étouffante de la ville saturée de bruits et de vapeurs carboniques. Un délice de connaisseurs à ne partager qu'entre initiés pour le plaisir des grands et des petits.

La Campagne à Paris - XXème arrondissement
Métro Porte de Bagnolet
Accès depuis la place Octave Chanute ou la rue du Lieutenant Chauré ou encore la rue du Capitaine Ferber
Délimitée par le boulevard Mortier, la rue du Capitaine Ferber et la rue Géo Chavez
Trois rues principales : les rues Paul Strauss, Irénée Blanc et Jules Siegfried
Quatre venelles parées d’escaliers : la rue Georges Perec, la rue Père Prosper Enfantin et la rue Camille Bombois.

3 commentaires :

Djahann a dit…

Joli quartier ! Dans ces conditions, j'aimerais être parisienne !

Caroline a dit…

Tu remarqueras que le Parisien très heureux d'être citadin ne rêve paradoxalement que de ce genre de quartier à la mode champêtre urbaine.

Bernieshoot a dit…

Reportage qui nous montre l’atmosphère très typique de ces quartiers pavillonnaires parisiens,
J'ai passé ma jeunesse pas très loin de porte de bagnolet et je me retrouve dans ces photos, super

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