mercredi 4 septembre 2013

Paris : Le robinier du square René-Viviani, plus vieil arbre de Paris, sentinelle insolite, témoin du temps qui passe - Vème

Le plus vieil arbre de Paris - Un robinier square René-Viviani - Paris 5


Au cœur du quartier Latin, haut lieu touristique de Paris, le square René-Viviani du nom d’un avocat et homme politique français, député socialiste cofondateur en 1904 du journal l’Humanité avec Jean Jaurès, offre depuis le quai de Montebello une vue imprenable sur Notre-Dame. Au fond du jardin se dresse l’Eglise Saint-Julien-le-Pauvre, parmi l'une des doyennes de Paris. Mais la star incontestée du lieu est un étrange arbre penché recensé comme le plus vieil arbre connu et identifié de la Capitale. Ce robinier ou faux-acacia  a été planté en 1601 par Jean Robin arboriste du roi Henri IV, directeur du Jardin des Apothicaires devenu depuis le Jardin des Plantes. Il fête cette année ses 412 ans. 


Le plus vieil arbre de Paris et la vue sur Notre-Dame - Square René-Viviani
Le robinier plusieurs fois centenaire du square René-Viviani
Déjeuner au soleil au pied du robinier du square René-Viviani


Au début du XVème siècle, John Tradescant l’Ancien naturaliste anglais en relation avec la Virginia Company établie aux Etats-Unis offre à son ami Jean Robin un certain nombre de graines de robinier, une variété en provenance des Appalaches, région située au sud-est de l’Amérique du Nord. Intéressé par les vertus curatives de cet arbre ainsi que par la qualité de son bois quasiment imputrescible, le royal jardinier introduit délibérément cette nouvelle espèce dans l’écosystème parisien.

A la même époque, un autre spécimen est planté sur l’île de la Cité à l’actuel emplacement de la place Dauphine. Cet arbre ne survit pas aussi longtemps que celui du square René-Viviani mais suffisamment pour produire des boutures dont l’une est placée en 1636 par Vespasien Robin, fils de Jean et botaniste également, au Jardin des Plantes. Le robinier a depuis disparu mais l’on trouve encore des rejets à l’endroit où il s’élevait qui est marqué par une stèle.


Les arches de béton partiellement recouvertes de lierre
Les arches de béton partiellement recouvertes de lierre
Ciment injecté dans le tronc
Cime du robinier du square René-Viviani - Plein été


Si le robinier du square René-Viviani a survécu aussi longtemps en ville, c’est que l’espèce est particulièrement adaptée au milieu urbain car résistante à la pollution. Classé comme arbre remarquable pour sa longévité, ce spécimen géant - en 2011, il mesurait plus de 11 mètres de hauteur pour un tronc d’une circonférence de 3m85 - a du mal à supporter son propre poids. Le tronc a été consolidé avec du ciment injecté directement dans l’écorce et étayé par des arches de béton.

Les contrôles réguliers dont il fait l’objet le maintienne dans une bonne santé même s’il aurait du disparaître depuis longtemps. La présence d’un abondant lierre grimpant pourrait étonner tant la Ville est aux petits soins pour cet arbre vénérable. En réalité, le lierre, considéré à tort comme un parasite, ne se nourrit pas sur son hôte. Son système racinaire subvient à ses propres besoins. Ses crochets n’ont qu’une fonction grimpante et ne pénètrent pas plus loin que l’écorce. Cependant, il peut étouffer la plante sur laquelle il se développe en la privant de lumière et rompre les rameaux les plus fragiles par son poids. Conservé pour des raisons esthétiques - il dissimule une partie des arches de béton qui soutienne la relique végétale - ce lierre est régulièrement taillé par les jardiniers municipaux afin d’éviter une prolifération nocive à l’antique robinier.

Témoin du temps qui passe, le plus vieil arbre de Paris n'en finit pas de conter fleurette à Notre-Dame. A l'occasion d'une promenade dans le quartier, n'hésitez pas à rendre visite à cette sentinelle insolite qui ne manque pas de charme.

Square René-Viviani - Quai de Montebello en face de Notre Dame - Paris 5


Feuillage du robinier du square René-Viviani

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