lundi 15 octobre 2012

Lundi Librairie : Le Père de nos pères - Bernard Werber



Le professeur Adjémian éminent paléontologue est retrouvé mort dans sa baignoire. Alors que la police abandonne les recherches, Lucrèce Nemrod, ancienne délinquante juvénile qui trouve sa rédemption dans le journalisme d’investigation, se lance à la poursuite des assassins. Isidore Kratzenberg, reporter scientifique à la retraite, homme désabusé et farouche pacifiste vivant en ermite dans un château d’eau lui prête main forte. Leur enquête va les mener sur la piste des origines de l’homme et dévoiler le mystère du chaînon manquant. En parallèle du récit contemporain, Bernard Werber nous raconte, en mode subjectif, l’histoire de ce premier être humain qui vivait il y a 3,7 millions d’années à l’est de la savane africaine.


Les différentes théories de l’évolution, de Darwin à Lamarck sont toutes incarnées par un personnage dont l’auteur esquisse brièvement le portrait préférant se concentrer sur l’action plutôt que sur la psychologie. L’astronome défend la thèse de la mutation générée un virus déposé sur Terre par des météorites, le propriétaire d’une boucherie industrielle celle de la super-prédation, l’acteur porno de seconde zone celle de l’hypersexualité, étrange galerie d’excentriques qui n’échappe pas aux stéréotypes à défaut d’analyse plus profonde.

Si l’histoire en elle-même ne manque pas d’intérêt, l’intrigue tourne à la farce ubuesque au troisième tiers du roman. Le Père de nos pères était à la base un scénario rédigé pour le cinéma. Et cela se ressent dans l’écriture, le rythme artificiel alternant scènes d’action pure rondement menées – certains personnages disparaissent d’un coup, en moins de trois lignes - et chapitres d’informations théoriques. Les protagonistes manquent sérieusement de volume ce qui génère un manque complet d’empathie pour leurs aventures personnelles. L’hominidé originel en Afrique est la créature la plus humaine du roman, la plus attachante.

Certaines scènes frôlent le ridicule comme le sauvetage des journalistes par des porcs ou le meurtre de la charcutière tuée par des lémuriens à coup de mangues vertes. Le manque de réalisme  à l’approche du dénouement vient gripper la belle mécanique de ce thriller entre théorie scientifique et fiction rocambolesque. Cela reste un livre à la Werber, facile d’accès, pas déplaisant, au style neutre mais pas forcément l’un de ses meilleurs crus.

Le Père de nos pères – Bernard Werber – Editions Albin Michel - Edition de poche Le livre de poche

2 commentaires :

potzina a dit…

Ah celui-là je l'ai lu il y a un moment et il ne m'a pas laissé un souvenir impérissable (je ne me souviens plus du tout des cochons sauveurs ! ;)) Effectivement, ça n'est pas le meilleur Weber...

Bonne soirée !

Cla a dit…

Je l'ai commandé il n'y a pas longtemps, mon Homme étant un inconditionnel de Werber je compte m'y mettre aussi... mais je ne vais peut-être pas commencer par celui-ci!
Bises

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