L'exposition "L'étoffe de l'artiste", au Musée Bourdelle de Paris, jusqu'au 24 janvier 2027, éclaire sous un angle inédit comment la garde-robe est devenue pour les artistes de la fin du XIXe et jusqu'à la moitié du XXe siècle un manifeste. Affirmation d'une identité reconnaissable, choix esthétique, le style se fait signature. Avec l'essor de la presse, peintres et sculpteurs se construisent un personnage médiatique, une image à diffuser, par le biais d'autoportraits, de photographies ou de caricatures. S'inventer une silhouette caractéristique destinée à la postérité relève de la mise en scène de soi. Dans cette posture nouvelle, résolument moderne, se reflète aussi bien la personnalité que l'époque.
Le vêtement revendique un statut celui d'artiste mais nuance l'appartenance : bourgeois ou bohème, avant-garde ou académie, marge ou "establishment", un pays ou une culture. Parfois geste révolutionnaire, l'habit marque des prises de position, empreint d'une dimension politique. Les femmes s'émancipent et jouent avec la fluidité des genres. Les fantaisistes rivalisent d'exubérance.


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