L'église Saint Nicolas du Chardonnet, dans le quartier Saint-Victor, marque le cœur du Quartier Latin historique. Fréquentée aux XVIe et XVIIe siècle par des paroissiens distingués, Vincent de Paul, Louise de Marillac, François de Sales, Esprit Fléchier, elle s'affirme depuis 1977, comme le fief du mouvement catholique traditionaliste. Classée à l'inventaire des Monuments Historiques par arrêté du 10 février 1887, l'église Saint Nicolas du Chardonnet a connu de nombreux épisodes de reconstruction et de transformation entre le XIIIe siècle et son achèvement dans les années 1930.
Le plan longitudinal distribue trois vaisseaux et un transept non saillant, une nef à quatre travées, flanquée de bas-côtés simples. L'église s'élève sur deux niveaux. Particularité, le chevet est orienté au Nord depuis le XVIIe siècle à la suite de la reconstruction. Façade Sud-Ouest, se dresse sur trois niveaux, le clocher XVIe siècle, seul élément préservé de l'église du XVe siècle, héritière de celle du XIIIe siècle. Le sanctuaire actuel a été entièrement reconstruit entre 1646 et 1763. La façade Sud principale, à deux niveaux, du XXe siècle, finalisée en 1934, présente un portail à entablement, vantaux décorés de têtes de putti, médaillons et guirlandes. Un fronton cintré surmonte au second niveau la baie en plein cintre.
Une coupole sur pendentifs domine le transept non saillant. Le déambulatoire qui cerne le choeur ouvre sur onze chapelles. À l'intérieur, les élévations sur deux niveaux reposent sur de vastes arcades sur piles, aux pilastres à chapiteaux composites. Les hautes fenêtres cintrées éclairent la nef. L'architecture classique se distingue par l'emploi de marbres de couleurs et l'abondance d'oeuvres importantes. L'église conserve des exemples remarquables de l'art funéraire du XVIIe siècle. Le tombeau de Jérôme Bignon, avocat général au Parlement de Paris et Grand maître de la Bibliothèque du roi Louis XIII, œuvre de François Girardon témoigne de cette opulence ainsi que la chapelle de la famille de Charles Le Brun, dont la concession a été accordée en 1667. Outre les décors peints par Charles Le Brun, il s'y trouve le monument funéraire de sa mère, Julienne Le Bé, par Jean Collignon, ainsi que le tombeau du peintre lui-même et de son épouse par Antoine Coysevox.




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