Paris : Collège de France, institution fondée en 1530, l'un des grands établissements pluridisciplinaires de l'enseignement supérieur, accessible gratuitement à tous, sans condition - Ve arr

 

Le Collège de France, l'un des grands établissements de l'enseignement supérieur, s'illustre aussi bien dans les disciplines scientifiques que littéraires. Place Marcellin Berthelot, dans le Ve arrondissement, il dresse sa massive silhouette néoclassique, incontournable dans le quartier. Fondé en 1530, le Collège de France perpétue sa double vocation, recherche scientifique fondamentale et enseignement. L'institution s'attache à la diffusion des connaissances, au rayonnement du français dans les domaines de la recherche et de la culture. Le nom du Collège de France est indissociable des grandes figures intellectuelles des années 1970, Raymond Aron, Roland Barthes, Georges Duby, Michel Foucault, Claude Lévi Strauss, Jacqueline de Romilly. Aujourd’hui, cinquante professeurs, une centaine de chercheurs œuvrent au sein de cet organisme. Cours, colloques, séminaires au sujet des mathématiques, des sciences de la matière et du vivant, des humanités, d'histoire et des sciences sociales sont accessibles gratuitement, à tous, sans inscription ni condition de diplôme. L'ambitieuse politique numérique du Collège de France organise la large diffusion des captations, à travers podcasts et nouveaux médias. 







En mars 1529, Guillaume Budé (1467-1560), philosophe, humaniste, grand traducteur, helléniste érudit, "maître de librairie" de François Ier suggère au souverain d'instituer un nouveau collège de "lecteurs royaux". Il s'inspire de l'expérience du Collegium Trilingue de Louvain, en Belgique, collège académique indépendant fondé par un groupe d'humanistes proches d'Érasme et dédié à l'enseignement de l'hébreu, du grec et du latin.

Le Corps des Lecteurs royaux, institution indépendante de l'Université de Paris, ouvre ses cours en 1530. Les premiers Lecteurs royaux enseignent les disciplines qui ne sont pas dispensées au sein de l'Université de Paris, à l'instar du grec et de l'hébreu. Par la suite, le Collège royal, prend pour devise "Docet omnia", "Il enseigne tout" et étend ses domaines au droit français, aux mathématiques, au latin, à la médecine. 

Le Collège Royal ne dispose pas alors de bâtiments en propre. Les cours se déroulent au sein de locaux, propriété des collèges de Cambrai et de Tréguet, là où se trouvait "le clos de l’Évêque" au Moyen-Âge. Sous Henri IV, le projet d'un bâtiment réunissant les trois collèges, ainsi que la Bibliothèque royale, est confié à l'architecte Claude Chastillon (1559-1616) mais l'assassinat du roi suspend l'entreprise. 

Sous Louis XIII (1601-1643), la première pierre est posée, élément toujours visible dans l'entrée du Collège de France. Seule l'aile Est est achevée. À défaut de financement, le chantier s'étend jusqu'au XVIIIe siècle. Entre 1773-1780, l'architecte Jean-François Chalgrin (1739-1811) trace les plans du bâtiment principal, cour d'honneur précédée d'une grille et d'un portail, salles de cours, salle des actes. 







En 1831, l'architecte Paul Letarouilly (1795-1855) dirige l'extension vers la rue Saint Jacques, développée autour de deux nouvelles cours. Le Collège royal devient Collège impérial sous l'Empire, avant de prendre sa dénomination actuelle de Collège de France en 1870.

Au XXe siècle, sont développées des annexes d'envergure destinées à accueillir de nouveaux amphithéâtres pour l'enseignement de la chimie, la physique, la biologie ainsi que les laboratoires modernes. Les architectes Albert Guilbert (1866-1949) et Jacques Guilbert (1900-1948) imaginent des bâtiments de béton armé au début des années 1930. Ils sont relayés à la tête du chantier par leur confrère André Leconte (1894-1966). 

Deux immeubles complètent l'ensemble, l'un situé près du Panthéon, l'autre du Ministère de la Recherche. Ce dernier abrite l'Institut des Civilisations inauguré en 2024 au sein d'un bâtiment réhabilité par l'architecte Jacques Moussafir, anciens locaux de l'École Polytechnique, aujourd'hui relocalisée à Sarclay.

Collège de France
11 place Marcellin Berthelot - Paris 5



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.