Ailleurs : Cathédrale de Cologne ou Kölner Dom en Allemagne, Hohe Domkirche St. Petrus, un chef-d'oeuvre du gothique germanique édifié entre 1258 et 1880

 

La Cathédrale de Cologne, Kölner Dom en allemand, chef-d’œuvre du gothique germanique, fascine par l'élégance de ses élévations, ses lignes élancées dans un mouvement tutoyant le ciel. Sa beauté, ses dimensions, l'histoire inhabituelle de sa construction lui ont valu une inscription en 1996 sur sa liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Édifiée sur 632 ans, la première pierre est posée le 15 août 1258. Après une interruption de trois siècles qui débute en 1560, le chantier reprend au XIXe siècle, en 1842, et s'achève officiellement le 15 octobre 1880. Influencés par le gothique français, les architectes médiévaux se sont inspirés des cathédrales d'Amiens et de Beauvais. Les plans originels, d'une grande précision, retrouvés au XIXe siècle, ont guidé leurs successeurs qui en font une manifestation importante du style néogothique.

Église catholique au coeur de la ville de Cologne en Allemagne, sa dénomination officielle, Hohe Domkirche St. Petrus, se traduit par Haute église cathédrale Saint-Pierre en français. Cette basilique du haut gothique, à cinq nefs, développée dans des matériaux prestigieux, grès d'Obernkirchen, pierre du Drachenfels et pierre de Caen, se distingue par ses dimensions spectaculaires. Elle détient quelques records liés notamment celui de la plus grande surface de façade d'église au monde, avec 7 000 m2.

D'une superficie d'environ 8 000 mètres carré, sa longueur de 144,58 mètres égale presque celle de la Cathédrale d'Amiens. Elle est associée à une largeur hors œuvre de 61,5 mètres sur la façade Ouest. Le transept saillant est long de 86,25 mètres, le choeur large de 10,60 mètres. Les élévations et la verticalité caractérisent la Cathédrale de Cologne. La nef s'élève à 43,58 mètres, à l'instar de la Cathédrale d'Amiens, pour une largeur de 45,19 mètres. Les collatéraux culminent à 19,80 mètres.

Deux tours surmontées de flèches flanquent la façade, tour Sud haute de 157,22m, tour Nord de 157,38 mètres. La Cathédrale de Cologne détient le record de plus haut bâtiment du monde de 1880 à 1884. Aujourd'hui, elle est la quatrième plus haute église du monde, après la Basilique Notre-Dame-de-la-Paix à Yamoussoukro en Côte d'Ivoire haute de 158 m, l'église d'Ulm - église principale, "cathédrale" par tradition - et sa flèche à 161,53 mètres et la basilique de la Sagrada Família à Barcelone dont la tour centrale culmine à 172,5 mètres.







L'histoire de la Cathédrale de Cologne remonte au IVe siècle avec la construction d'une cathédrale romane qui vient remplacer une modeste église installée au sein d'une maison privée de la ville romaine. La cité du Saint Empire romain germanique (962-1806) connait un essor économique et culturel tandis que l'influence de ses évêques s'amplifie. 

En 1164, selon la tradition, l'archevêque de Cologne, Rainald von Dassel ramène de Milan, en guise de butin de guerre, les ossements des trois Rois mages, reliques présentées à la vénération des fidèles dans un reliquaire en or. La Cathédrale de Cologne originelle s'avère trop exiguë pour accueillir le flux des pèlerins. L'archevêque Engelbert II de Berg envisage la reconstruction d'un lieu de culte monumentale. Son assassinat en 1225 retarde le projet qui est repris en 1247. 

Les autorités ecclésiastiques confient la direction de cette entreprise au maître maçon Maître Gerhard, Meister Gerardus. Il demeure maître d'oeuvre de 1248 à environ 1271 et conçoit le plan originel influencé par celui de la cathédrale d'Amiens. L'archevêque de Cologne, Conrad de Hochstaden (1238–1261), pose la première en 1248. Débute lors la construction du chevet et de la nef. Maître Arnold prend la suite de Maître Gerhard et poursuit vers 1294–1301, les travaux du chœur. Il est consacré le 27 septembre 1322. La cathédrale est dès lors ouverte dès à la célébration des offices.







Le premier portail dit de saint Pierre et la tour Sud sont achevés en 1380. C'est vers 1300-1350 que sont dessinés les plans sur parchemin qui guideront les architectes du XIXe siècle. Le choeur et le transept Sud voit le jour de 1308 à 1331 sous la direction de Maître Jean de Cologne - Johannes von Köln - relayé un temps par son frère Rutger. Bartholomäus von Hamm finalise la nef Sud et débute le chantier de la façade.

Maître Michael intervient sur les plans originaux poursuit la construction entre 1353 et 1390. Andreas von Everdingen, septième maitre d'œuvre de la cathédrale de Cologne, lui succède vers 1395 et élève le deuxième niveau de la tour Sud. Nikolaus van Bueren, huitième en poste, opère de 1425 jusqu'à son décès en 1445. En 1437, il accroche les cloches de la tour Sud, haute alors de 59 mètres. 

Son successeur Konrad Kuene van der Hallen intervient sur les parties des bas-côtés latéraux de la nef Nord. Il dirige la destruction de l'atrium Nord-Ouest de l'ancienne cathédrale romane et les fondations ainsi que le socle de la tour Nord. Il meurt en 1469. Johann Kuene van Franckenberg prend la suite. Il oeuvre sur la façade Sud et mène la construction jusqu'en 1473. Faute de financement, le chantier est suspendu. Il ne reprend qu'au XVIe siècle avec la construction de la tour Nord. Une grande partie de la nef centrale et des quatre nefs latérales est achevée. Laurenz Cronenberg est le dernier responsable du chantier avant son arrêt définitif en 1560. Le gothique, passé de mode, peine à séduire les mécènes et investisseurs. Le monument demeure inachevé jusqu'au XIXe siècle. 







Sous l'impulsion de Frédéric-Guillaume IV de Prusse, la reprise du chantier est envisagée dès 1833 avec la nomination d'Ernst Friedrich Zwirner en tant qu'architecte principal. Il s'inspire des plans médiévaux du XIVe siècle. L'empereur pose une première pierre symbolique le 4 septembre 1842. Façades, voûtes et tours sont finalisés jusqu'en 1863. En 1861, l'architecte Karl Eduard Voelckel prend le relais à la tête du chantier de construction des grandes tours. En 1880, l'architecte Richard Voigtel les parachève avec les flèches jumelles qui culminent à 157 mètres. La construction de la Cathédrale de Cologne s'achève officiellement le 15 octobre 1880 après 632 ans et 2 mois.

Durant la Seconde Guerre Mondiale, la ville de Cologne est bombardée à 262 reprises, au cours de raids aériens menés essentiellement par la RAF, Royal Air Force, dès mai 1940 et jusqu'en mars 1945. La Cathédrale de Cologne, du fait de son architecture frappante, devient un point de repère pour les pilotes alliés. Cette particularité lui vaut d'être partiellement préservée. La voûte est néanmoins détruite et les dégâts matériels importants. L'ensemble fera l'objet d'une restauration d'envergure dès 1950.







La Cathédrale de Cologne se caractérise par son foisonnement esthétique. De nombreuses oeuvres et artefacts complètent un programme décoratif sculpté et peint d'une grande richesse, notamment des écrans peints entre 1332 et 1340 et quatorze statues au somment de piliers, réalisées entre 1270 et 1290. Les verrières remarquables, vitraux en verre polychrome, forment le plus important cycle de ce type dans toute l'Europe du XIVe siècle. Les stalles en chêne sculpté de style gothique tardif réalisées vers 1308–1311, comportent 104 sièges, dont deux réservés en permanence, l'un au pape, le second à l'empereur. Considéré comme le plus grand de toutes les églises chrétiennes, le maître-autel, consacré en 1322, dispose d'une table d'autel monolithe de calcaire noir majestueux.  

La Châsse des Rois mages, reliquaire du XIIe siècle, les "trois rois de Cologne", se trouve dans le choeur au sein de l’Autel des Rois Mages (1180-1225), plus grand autel reliquaire d'Europe. Il lui est associé l Retable des patrons de Cologne, en allemand "Altar der Stadtpatrone", dit aussi le retable des rois mages "Dreikönigsaltar". Ce retable triptyque peint par Stefan Lochner, commande en 1435 du Conseil municipal pour la chapelle de l'Hôtel de ville, chapelle Sainte-Marie-de-Jérusalem, est achevé avant 1445.

Le Retable des Clarisses, peint vers 1345-1360, retable polyptique conservé à l'origine dans l'église Sainte-Claire du couvent des Clarisses de Cologne, a rejoint l'autel de Sainte Claire au sein la cathédrale en 1811. La Croix de Géron en allemand « Gerokreuz », dans la chapelle du Saint Sacrement, est le plus ancien des crucifix de grandes dimensions - haut de 33 mètres - conservé en Europe au nord des Alpes. Considéré comme l'une des premières représentations du Christ souffrant, "Christus dolens", il date de la fin du Xe siècle, selon datation par dendrochronologie. Le Retable d'Agilolphus, en hommage à l'évêque Agilolphe du VIIe siècle, retable polyptyque dans le style d'Anvers date d'environ 1520. La statue de saint Christophe, sculpture monumentale de tuf, a été exécutée dans l'atelier de Meister Tilman, vers 1470. 

Au sein de la Cathédrale de Cologne se trouve un ensemble de tombes remarquables, sépultures de douze archevêques, de 976 à 1612.

Tradition moderne pittoresque, de nombreuses personnalités ont été invitées à apposer leur signature sur la façade de la Cathédrale de Cologne, parmi lesquelles Paul von Hindenburg, John F. Kennedy, Nikita Khrouchtchev, Charles de Gaulle, Harold Macmillan ainsi que des figures des arts, lettres et spectacles. 

Cathédrale de Cologne - Hohe Domkirche St. Petrus
Domkloster 4 - 50667 Köln (Cologne) - Allemagne
Horaires : Du lundi au dimanche de 6h à 20h



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.