Expo Ailleurs : Jaume Plensa. Mirage - Carré Sainte-Anne Montpellier - Jusqu'au 1er novembre 2026

Jaume Plensa - Les Invisibles  

 

L'artiste catalan Jaume Plensa investit le Carré Sainte Anne de Montpellier, espace d'exposition dédié à l'art contemporain inauguré à l'été 2025 avec l'installation "Adventice" de JR. Orchestré par Numa Hambursin commissaire et directeur artistique du Carré Sainte Anne, la manifestation "Jaume Plensa. Mirage" offre une pause hors du monde, de sa violence et de sa contemporanéité vibrionnante, un temps suspendu propice à la quête de silence synonyme désormais de beauté.

L'église désacralisée du XIXe siècle, site favorable à la méditation, se caractérise par sa verticalité baignée de lumière. Le sculpteur barcelonais s'en est inspiré pour développer une nouvelle scénographie susceptible d'accueillir "Les Invisibles", œuvre créée en 2018-2019, à l'occasion d'une exposition au Palais de Cristal du musée Reina Sofia de Madrid. Jaume Plensa questionne les liens entre mémoire et territoire, inspiré par les lieux et les gens croisés. Depuis 2004, il travaille en particulier sur les portraits féminins, visages de femmes et de jeunes filles dont les modèles viennent du monde entier. 


Les Invisibles

Numa Hambursin et Jaume Plensa

Les Invisibles

Les Invisibles

Les Invisibles

Séduit par l'architecture du Carré Sainte Anne, les volumes, la luminosité et les couleurs des vitraux, l'élégance des proportions, Jaume Plensa se propose à l'occasion de l'exposition "Jaume Plensa. Mirage" de redonner à l'église une âme perdue dans la désacralisation. La monumentalité de l'installation principale, "Les Invisibles", deux figures en maille d'acier suspendues sous les voûtes de la nef, contraste avec la délicatesse des gisants d'albâtre "Le rêve de Martine", et la finesse des visages féminins sculptés dans le bois, exposés dans l'abside. 

Conçue par modélisation en 3D, l'oeuvre "Les Invisibles - Rui-Rui et Laura", déploie un aérien maillage de filins d'acier qui compose deux visages de femmes. Absorbées dans une méditation pensive, elles se font face, yeux clos, index posé sur les lèvres, invitation au silence, conversation interrompue pour se recentrer sur l'intériorité. Ces suspensions éthérées embrassent la dualité de leur expression plastique, les pleins et les vides, l'absence et la présence, le visible et l'invisible. Elles semblent nous inciter à prendre le temps du silence, le temps de se recueillir dans une prière muette qui met à distance la violence du monde. 


Zvetlana

Zvetlana


Le rêve de Martine

Le rêve de Martine

Jaume Plensa ouvre des espaces de quiétude, loin du tumulte d'une société où la profusion de signes, de bruit, d'images, sature chacun de messages intrusifs. L'identité se dissout dans un grand magma exempt de sens. L'instantanéité nous prive de réflexion au profit de la satisfaction immédiate des pulsions. Les oeuvres de Jaume Plensa demandent le silence afin de retrouver une forme de paix, d'apprécier la fugacité de l'existence, un songe, un mirage dissipé rapidement. Il suggère l'introspection, invite à se connecter à son intériorité, ralentir pour mieux être à l'écoute de soi, de son corps, de sa vibration personnelle.

"Le rêve de Martine", gisant d'albâtre, dort d'un sommeil paisible, posé sur le sol, là où la lumière traversant les vitraux jette des éclats de couleur qui évoluent en fonction de l'heure. La matière singulière se laisse transpercer par ces éclairs chromatiques.  


Les Invisibles

Les Invisibles

Les Invisibles

Les Invisibles

Les Invisibles

Dans l'abside, Jaume Plensa a disposé trois visages de femmes, notamment "Zvetlana", sculptés dans un bois sombre, récupéré dans des poutres d'un ancien bâtiment bruxellois aujourd'hui disparu. L'expressivité organique du bois convoque le vivant et le spirituel 

Jaume Plensa. Mirage
Jusqu'au 1er novembre 2026

Carré Sainte-Anne 
2 rue Philippy - 34000 Montpellier
Tél : +33 4 67 60 82 11
Horaires : Accès libre et gratuit du mardi au dimanche, de 11 h à 13 h et de 14 h à 19 h (jusqu’au 1er septembre) et de 10 h à 13 h et de 14 h à 18 h ensuite



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.