Paris : Petit Palais Musée des Beaux Arts de Paris, une institution municipale d'envergure internationale - VIIe arr

 

Le Petit Palais Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris niche avenue Winston Churchill, entre Champs Élysées et Invalides. Le bâtiment conçu à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1900, à l'instar du Grand Palais et du pont Alexandre III a connu des réaménagements tout en conservant son opulence élégante. Le Petit Palais appartient au réseau des 14 établissements municipaux de Paris Musées dont les collections permanentes sont accessibles gratuitement. Les collections municipales, fruits de donations, legs et une politique d'acquisition ambitieuse, réunissent près de 47 000 oeuvres, peintures, sculptures, dessins, gravures, objets d'arts décoratifs, mobilier. Le corpus couvre une période étendue de l'Antiquité au XIXe siècle. Environ 1 300 pièces sont présentées en permanence.







L'architecte Charles Girault (1851-1932), Grand Prix de Rome 1880, dresse les plans du Grand et du Petit Palais à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1900. À la suite de cet évènement, le Petit Palais fait l'objet d'une réhabilitation. Des travaux menés de l'hiver 1901 au printemps 1902 permettent d'aménager l'édifice en Musée des Beaux-Arts de Paris. La bâtisse se déploie autour d'un jardin semi-circulaire et son péristyle en hémicycle. À l'origine, bureaux et réserves occupent le rez-de-chaussée, tandis que le premier étage, par lequel l'entrée se fait via un escalier monumental, est consacré aux espaces d'exposition. Entre 1903 et 1925, les décors font l'objet d'un soin particulier. Peintures, sculptures, ils célèbrent l'Art et la Ville de Paris à travers toutes les salles d'exposition.

Les collections municipales s'enrichissent progressivement au rythme des legs, des donations et des acquisitions. En 1902, le legs des frères Dutuit à la Ville de Paris comporte 20 000 oeuvres, en particulier des chefs-d’œuvre de l'école hollandaise, Rembrandt et Rubens. Issus d'une famille fortunée de l'industrie cotonnière normande, Eugène Dutuit (1807-1886) et Auguste Dutuit (1812-1902), historiens de l’art, collectionneurs français, consacrent leurs vies à réunir des ensembles prestigieux.







En 1930, Edward Tuck (1842-1938), homme d'affaires, diplomate, mécène et philanthrope, accorde une donation à la Ville de Paris et offre une partie des collections d'objets d'art français du XVIIIe siècle, réunies avec son épouse Julia Stell-Tuck (1850-1928). 

Ambroise Vollard (1866-1939), marchand d'art soutien des avant-gardes modernes, notamment Paul Cézanne, Paul Gauguin, Vincent van Gogh, Henri Matisse, Pablo Picasso, offre une partie de ses collections personnelles à la Ville de Paris. Parmi les oeuvres concédées se trouvent de nombreux portraits, "Portrait d'Ambroise Vollard" (1899) de Paul Cézanne, "Ambroise Vollard au foulard rouge" (1921) d'Auguste Renoir, "Portrait d'Ambroise Vollard au chat" (1924) de Pierre Bonnard. Plus récemment, les icônes orthodoxes léguées par Roger Cabal (1928-1997), industriel et collectionneur, rejoignent les collections en 1998.







Le musée conserve un exceptionnel ensemble d'oeuvres de Gustave Courbet, neuf tableaux, "Portrait de Zélie Courbet" (1842), "Autoportrait au chien noir" (1842-1844), "Les Amants heureux" (1844), "Portrait de Juliette Courbet" (1844), "Pompiers courant à un incendie" (1850-1851), "Les Demoiselles des bords de la Seine (été)" (1856-1857), "Proudhon et ses enfants" (1865), "Le Sommeil" (1866), "Trois Baigneuses" (1865-1869). Antiquités gréco-romaines, objets d'art du Moyen-Âge et de la Renaissance, tapisseries, mobilier complètent un riche panorama pictural, peinture flamande et néerlandaise, peinture française et italienne, sculpture, arts graphiques - gravures et dessins de Rembrandt, Martin Schongauer, Albrecht Dürer, Honoré Fragonard. 

Au nombre des oeuvres les plus remarquables des collections :
"Le Livre des Conquestes et faits d’Alexandre le Grand" (XVe siècle), ouvrage de Jean Wauquelin
"Le Chevalier, la Mort et le Diable" (1513), gravure d’Albrecht Dürer
"L'Enlèvement de Proserpine" (1614-1615), tableau de Paul Rubens
"Portrait de l'artiste en costume oriental" (1631), de Rembrandt
"Jérôme de La Lande" (1767-1768), Jean-Honoré Fragonard
"La mort de Sénèque" (1773) de Jacques-Louis David
"Cheval bai brun à l'écurie ou cheval brun à l'écurie" (1818) de Théodore Géricault
"Marietta" (1843) Jean-Baptiste de Camille Corot
"Automne, portrait de Lydia Cassatt" (1880) de Mary Cassatt
"Les Trois baigneuses" (1879-1882) de Paul Cézanne
"Le Soleil couchant sur la Seine à Lavacourt, effet d’hiver" (1880) de Claude Monet
"Portrait de Madame Allouard-Jouan" (vers 1882) de John Singer Sargent
"La Tapisserie" (1924) de Paul Sérusier
"Conversation à Arcachon" (1926-1930) de Pierre Bonnard







Au début des années 2000, le Petit Palais fait l'objet d'un réaménagement d'envergure dont le budget financé par la Ville de Paris atteindra les 68 millions d'euros. Le chantier, dirigé par le studio d'architecture Chaix & Morel, court de janvier 2001 à juin 2005. Le projet modernise le musée, ses infrastructures et étend les espaces d'exposition de 15 000 à 20 000 m2. Les réserves sont transférées au sous-sol. Le Petit Palais rouvre ses portes au public le 10 décembre 2005. 

Le café-restaurant "Le Jardin du Petit Palais", fête sa réouverture après travaux de restauration du péristyle au printemps 2026.

Petit Palais Musée des Beaux-Arts de Paris
Avenue Winston Churchill - Paris 8
Tél : 01 53 43 40 00
Horaires : Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h (fermeture des caisses à 17h00 et fermeture des salles à partir de 17h45)
Fermé le lundi et certains jours fériés - Le café du musée ferme ses portes à 17h00
Nocturne vendredi et samedi jusqu'à 20h en période d'expositions temporaires
Accès gratuit aux collections permanentes et au jardin
Métro Champs-Élysées - Clemenceau lignes 1, 13



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.