Expo : Byblos, cité millénaire du Liban - Institut du Monde Arabe - Jusqu'au 23 août 2026


L'exposition "Byblos, cité millénaire du Liban", à l'Institut du Monde Arabe jusqu'au 23 août 2026, retrace l'histoire du plus ancien port international, ville toujours habitée aujourd'hui, classée au patrimoine mondial de l'Unesco. La manifestation se penche sur le destin d'un modeste village de pêcheurs fondé il y a 8900.  Devenu port commercial, carrefour des civilisations méditerranéennes à partir de 3200 avant notre ère, Byblos atteint le statut de puissante cité-État à l'Âge de bronze (2300-800 av. JC). Son influence rayonne durant deux-mille ans. "Byblos, cité millénaire du Liban" éclaire l'organisation socio-économique de la cité antique et mène une réflexion sur la continuité, la permanence d'une société constituée sur un territoire occupé par l'être humain sans interruption depuis sa création. La ville de Byblos profite d'une situation géographique propice, établie sur un promontoire qui domine la Méditerranée, aux abords des grandes forêts du Liban, à 40km de Beyrouth. À la jonction des civilisations, mésopotamienne, grecque, égyptienne, la cité portuaire participe de la diffusion de l'alphabet phénicien, des cultures, des langues, des croyances.







L'actualité du conflit au Moyen-Orient a bousculé l'organisation de l'évènement. La manifestation originelle devait ouvrir fin novembre 2024. Au lendemain des attaques du Mossad en septembre 2024, l'exposition est reportée à mars 2026. Depuis février 2026, l'offensive israélo-américaine sur le Liban contre le Hezbollah fait peser une menace aussi bien sur les réserves des musées que sur les cités antiques. Sept citadelles, deux-cent-cinquante tells archéologiques et d'inestimables vestiges disséminés à travers tout le Liban se trouvent dans le champ des bombes qui s'abattent sur le pays. L'Unesco a inscrit en urgence trente-quatre sites au registre de la protection renforcée provisoire 

Dans le cadre des "actions prioritaires de sauvegarde, de sécurisation et de préservation du patrimoine libanais", l'exposition qui se tient à l'IMA fait figure "d'acte de résistance contre l'oubli, contre l'effacement", selon les mots de la commissaire générale de l'exposition, Tania Zaven, archéologue et directrice du site de Byblos. 

L'acheminement difficile et risqué des 361 pièces prêtées par la Direction générale des antiquités du Liban a posé un dilemme au sujet de la protection du patrimoine. La troisième cargaison en direction de la France, comportant notamment les ancres en calcaire vieilles de 5000 ans et des offrandes votives déposées au temple par les marins phéniciens en guise protection contre les éléments, a été escortée hors du Liban par les militaires. Sept objets attendus n'ont pas pu rejoindre la France, parmi lesquels un trône de pierre, une stèle d'époque pharaonique et le grand obélisque d'Abishemou, restés dans les réserves du musée de Beyrouth. À leur emplacement laissé vacant, se trouve un cartel explicatif. 








L'exposition "Byblos, cité millénaire du Liban" ouvre sur l'évocation du port et le métissage des civilisations. L'esthétique des artefacts, trésors royaux comme objets du quotidien, traduit une forte influence égyptienne. La richesse et l'influence de la ville se nourrissent des liens commerciaux étroits noués avec l'Égypte pharaonique, autour notamment du bois de cèdre, à la fois matériau de construction, parfum et résine utilisée dans le cadre de la momification.

La scénographie consacre un chapitre important aux nécropoles royales dans une monstrations inspirante. Les objets issus des tombes des rois de Byblos, Abi-Shemou et Yapi-Shemou-Abi, vaisselle précieuse, parures d'or et d'argent, miroirs, armes d'apparat côtoient les dépôts votifs des temples de la cité du début du deuxième millénaire avant notre ère, en particulier le Temple aux Obélisques, figurines de terre, de métal, haches et poignards en métaux précieux, bijoux. 







Outre les dernières découvertes sur le port antique, l'exposition présente le fruit des fouilles archéologiques menées depuis 2019, en collaboration entre la Direction générale des Antiquités du Liban et le département des Antiquités orientales du Musée du Louvre, sur le site d'une rare nécropole intacte de l'Âge du Bronze Moyen, 1800 avant JC.

Byblos, cité millénaire du Liban 
Jusqu'au 23 août 2026

Institut du Monde Arabe
1 rue des Fossés-Saint-Bernard - Paris 5
Tél : 01 40 51 38 38
Horaires : Du mardi au vendredi de 10h à 18h - Samedi, dimanche et jours fériés de 10h à 19h (Horaires d’été juillet-août : du mardi au vendredi de 11h à 19h, le samedi de 11h à 20h et le dimanche de 11h à 19h)
Tarif plein : 15€, tarif réduit 13€, 7€ pour les 12-25 ans et gratuit pour les moins de 12 ans



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.