Paris : Ancien Hôtel Fieubet, aujourd'hui école Massillon, style architectural composite pour un hôtel particulier transformé au gré de ses propriétaires successifs - IVe arr

 

L'École Massillon, établissement scolaire privé qui dispense des classes de la maternelle à la terminale, occupe depuis 1877 l'ancien hôtel Fieubet, hôtel particulier du XVIIe siècle également désigné comme hôtel Combourg ou hôtel Lavalette. Le bâtiment présente une association curieuse de façades de pierre blonde aux lignes classique signées Jules Hardouin Mansart rehaussés d'ajouts sculptés foisonnants sur le quai des Célestins, et à l'angle de la rue du Petit Musc, d'une façade angle pastiche baroque italo-espagnol en couleur, au décor sculpté abondant. L'Hôtel Fieubet fait l'objet d'une inscription à l'inventaire des Monuments historiques par arrêté du 4 mars 1928.


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Au début du XVIIe siècle, Raymond Phélypeaux d'Herbault (1560-1629), homme d'État, diplomate, secrétaire d'État des Affaires étrangères acquiert quai des Célestins, d'anciennes parcelles détachées du domaine de l'hôtel royal Saint-Pol, résidence de Charles V. Il préside à la construction d'un hôtel particulier qui demeure dans sa descendance directe jusqu'en 1664, l'édifice est revendu à un parent pour la somme de 80 000 livres. 

Le nouveau propriétaire, Gaspard III de Fieubet (1626-1694), magistrat, conseiller au Parlement de Toulouse et de Paris, chancelier de la reine Marie-Thérèse, proche de Mme de Montespan fait appel à l'architecte Jules Hardouin Mansart (1646-1708) afin de reconstruire l'hôtel particulier.  Le chantier débute en 1676 et s'achève en 1681. Le peintre Eustache Le Sueur (1616-1655) signe les décors intérieurs. Si de nos jours les façades sur rues ont été altérées, la façade sur cour conserve les lignes classiques imaginées par Mansart. Féru de belles lettres, Fieubet tient au sein de son hôtel particulier un cercle littéraire important fréquenté par Jean de la Fontaine, Mme de Sévigné.  


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L'hôtel Fieubet est revendu à plusieurs acquéreurs dans un bref laps de temps à partir de 1752. La famille Boula de Mareüil, dont le nom apparaît sur la façade de la rue du Petit Musc en demeure propriétaire de 1769 à 1816. En 1876, après de nouveaux changements de main, Jérôme Auriacombe et Antoine Debladis, négociants, propriétaires d'une usine de métallurgie produisant de la tôle de cuivre, dans la Nièvre, se portent acquéreurs de l'hôtel particulier. Ils le louent à un industriel qui en transforme les vastes espaces aristocratiques en raffinerie de sucre. Des ajouts architecturaux complètent le dispositif d'origine.

En 1857, Adrien de Lavalette (1813-1886), financier, fondateur du journal "L'Assemblée nationale" rachète l'hôtel particulier qui se trouve dans un état de délabrement important. Il confie la restauration et la transformation à l'architecte Jules Gros (1832-1913), élève d'Henri Labrouste. Sur les plans, les façades sont entièrement transformées pour répondre à la mode historiciste de l'époque et le goût des pastiches. Le programme décoratif foisonnant s'inspire d'un style hybride. Une tour lanterne est ajoutée. 


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Mais les affaires de Lavalette périclitent alors qu'échoue le projet de la Compagnie de la ligne d'Italie de traversée des Alpes en train. Faute de financement, le chantier est suspendu, l'édifice partiellement transformé. La faillite de Lavalette entraîne la vente aux enchères de l'hôtel particulier. À partir de 1875, des commerces occupent les locaux des différents rez-de-chaussée, les espaces d'habitation demeurent à l'abandon. 

En 1877, l'abbé Nouvelle et ses deux associés rachètent l'ensemble. Co-fondateurs de l'école Massillon rue de Turenne, en 1872, ils investissent l'ancien hôtel particulier afin d'y développer un établissement scolaire privé, placé sous la direction de la Congrégation de l'Oratoire.

École Massillon Hôtel Fieubet 
2 bis quai des Célestins / rue du Petit Musc - Paris 4
Métro Sully-Morland ligne 7



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie. 

Bibliographie
Le Marais secret et insolite - Nicolas Jacquet - Éditions Parigramme