"La mode du 18e siècle. Un héritage fantasmé" au Palais Galliera décrypte la construction d'un mythe esthétique, source inépuisable d'inspiration. Entre idéalisation et détournement, les archétypes développés à l'aune de la modernité alimentent un imaginaire, définissent une posture. Le XVIIIe siècle marque l'avènement d'une nouvelle idée, un art de se raconter. La libéralisation des codes vestimentaires donne naissance à une grande variété de silhouettes. Le faste des étoffes et de la passementerie, la complexité des mises répondent à un désir qui dépasse les simples codes visuels. Il s'agit de théâtraliser son apparence, de façonner un récit par le biais d'un corps redessiné, redéfinit. La période marque un pivot dans l'évolution de la mode, opulence des étoffes, surabondance de la passementerie, richesse des parures, volumes des coiffures tout autant que simplification au quotidien du vêtement.
Avec l'essor de la presse écrite au XIXe siècle, télévisée au XXe, la culture se démocratise. Les symboles circulent et infusent l'imagerie populaire. Internet et les réseaux sociaux au XXIe siècle parachèvent ce modèle. Les stéréotypes d'un XVIIIe siècle à la féminité spectaculaire s'y diffusent largement. La période devient synonyme d'exubérance, de transgression, parfois réduite à de simples codes visuels, corsets à baleines et buste en V, jupes à paniers et hanches surdimensionnées, perruques poudrées vertigineuses et verticalité.


Enregistrer un commentaire