Paris : Ancienne Brûlerie Saint-Jacques, hôtel particulier du XVIIIe siècle devenu manufacture de café au début du XXe siècle puis résidence étudiante dans les années 1980, au 9 rue de l'Estrapade - Ve arr

 

Le 9 rue de l'Estrapade dans le Ve arrondissement perpétue dans ses volumes, son intéressante couleur jaune et ses détails, le souvenir de ses vocations successives. Cet hôtel particulier du XVIIIe siècle a été reconverti à plusieurs reprises. Imprimerie au début du XXe, il devient brûlerie de café dans les années 1950, activité dont il conserve certains marqueurs. Une belle enseigne placée en saillie représente un torréfacteur à l'oeuvre. Les initiales BSJ, brûlerie Saint Jacques, surmontent toujours la belle grille de fer forgé. Le bâtiment est réhabilité en résidence étudiante depuis les années 1980. Trois corps de logis répondent à un plan en U, autour d'une courette accessible par une brève volée de marches, courette où se trouve un ancien puits. L'ancien hôtel particulier est inscrit à l'inventaire des monuments historiques par arrêté du 23 février 1977. La protection patrimoniale concerne les façades et les toitures. 







À la veille de la Révolution, un certain Claude-Philippe Cusset, bourgeois originaire de Lyon, se fait construire un hôtel particulier au cœur du Quartier Latin, au 9 rue de l'Estrapade. L'immeuble, achevé en 1785, dessine les contours en U d'une cour ombragée, déployée autour d'un puits privatif. 

Le commanditaire choisit un badigeon couleur safran. Cet enduit teinté de pigments naturels évoque ceux employés sur les murs du vieux quartier Saint Jean de sa ville natale. À Lyon, les enduits sont naturellement colorés par l'ajout de sables ocres de la Saône, sables issus de l’érosion des roches calcaires des Monts d’Or ou de galets concassés de la rivière.

Au XXe siècle, l'hôtel particulier embrasse une vocation plus industrielle. L'imprimerie Joseph Charles investit les lieux en 1917. Le peintre et affichiste Léo Dupin (1898-1971) y est embauché comme dessinateur publicitaire en 1926.








Au XXe siècle, l'hôtel particulier embrasse une vocation plus industrielle. L'imprimerie Joseph Charles investit les lieux en 1917. Le peintre et affichiste Léo Dupin (1898-1971) y est embauché comme dessinateur publicitaire en 1926. Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, la bâtisse abrite un temps une manufacture de café, la Brûlerie Saint Jacques qui ferme ses portes dans les années 1970. Le 9 rue de l'Estrapade conserve le souvenir de ces ateliers, leur enseigne, leurs initiales sur la grille de fer forgé. 

Le 9 rue de l'Estrapade est l'un des lieux de tournage du film "La guerre est finie" (1966) réalisé par Alain Resnais, avec Yves Montand.  L'ensemble fait l'objet d'une restauration d'envergure dans les années 1980, y compris un nouveau badigeonnage. À la suite de celle-ci, le bâtiment accueille une résidence d'étudiants. 

Hôtel particulier, ancienne Brûlerie Saint Jacques 
9 rue de l'Estrapade - Paris 5



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie. 

Bibliographie
Façades parisiennes. 1200 immeubles et monuments remarquables de la capitale - Michel Poisson - Éditions Parigramme
La Montagne Sainte-Geneviève et le Quartier Latin - Alexandre Gaddy - Éditions Hoëbeke