La Fondation du doute entretient une vocation de transmission dans un lieu où se pratique l'enseignement depuis le XVIIIe, tour à tour séminaire, école primaire, collège puis, depuis 1975, conservatoire et école d'art. Elle a vu le jour grâce à l'engagement de Ben Vautier, figure de l'école de Nice, plasticien subversif et solaire, ami des artistes, inventeur, brocanteur. Son travail d'avant-garde post-moderne, entre performance et action, installations, peinture et écriture, nourrit des liens intimes avec le lettrisme. Ses inscriptions manuscrites ont porté son propos philosophique, humoristique, poétique, faussement naïf, à travers la planète entière. À la Fondation du doute, c'est l'une de ses oeuvres qui accueillent les visiteurs. La Cour des doutes se caractérise par une installation monumentale, "Le Mur des mots" de Ben, 313 tableaux-écritures déployés sur la façade sur 30 mètres de long et 12 mètres de haut. Cette commande publique de la Ville de Blois et du ministère de la Culture et de la communication a été inaugurée en 1995.
Les collections permanentes de la Fondation du doute célèbrent la diversité et l'ampleur mouvement Fluxus, des pères fondateurs John Cage, Marcel Duchamp, Erik Satie aux disciples Robert Filliou, Yoko Ono, Allan Kaprow, Georges Maciunas... Entre 1958 et 1961, aux États-Unis puis en Europe, John Cage inspiré par la philosophie zen et les ready-made de Marcel Duchamp influence de jeunes artistes épris de liberté. Leur pratique iconoclaste, qualifiée de "non-art" par Georges Maciunas, emprunte aussi bien au Futurisme, qu'au mouvement Dada. Ce groupe d'avant-gardistes s'inscrit dans un rejet des institutions, du marché capitaliste et des arts élitistes ou commerciaux. Ils remettent en question de la notion même d'oeuvre avec humour, provocation, audace. Leur art synthétique mêle intimement vie et création.
À Blois, la Fondation du doute déploie un parcours permanent renouvelé en 2022, constitué des collections personnelles de Ben Vautier, Gino Di Maggio et Caterina Gualco. Carrière d'ingénieur dans l’industrie pétrolière, Di Maggio a développé très tôt une passion pour l'art. Mécène, promoteur des mouvements Fluxus, Gutai et Mono-ha, écrivain, éditeur, il a créé, en 1989, la Fondation Mudima à Milan, première fondation d’art contemporain d'Italie. Caterina Gualco commissaire, collectionneuse, est la fondatrice de la Galerie Unimedia Modern à Gènes.
Sur deux étages et 1000m2, la scénographie évoque en onze chapitres thématiques, les artistes Fluxus. Ils s'inscrivent à rebours de la tradition, explorent les limites des disciplines, abolissent les frontières entre l'art et la vie pour explorer le Mail art, la vidéo, les performances, le Eat art, l'art jeu...



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