Paris : Immeuble Louis-Philippe au 23 rue d'Aumale, témoin de l'esthétique en vogue sous la Monarchie de Juillet - IXe arr

 

L'immeuble au 23 rue d'Aumale, dans le IXe arrondissement de Paris, témoigne de l'éclectisme pré-haussmannien caractéristique de la Monarchie de Juillet (1830-1848). La profusion formelle s'inscrit dans le cadre d'un programme décoratif luxuriant. Le raffinement des motifs ornementaux évoque celui des hôtels particuliers. La façade met en scène une recherche de pittoresque, par des associations audacieuses et une grande finesse d'exécution. Pilastres composites, frises de guirlandes fleuries, mascarons à figure humaine, masques de lion, les détails foisonnent. 




La rue d'Aumale est ouverte par ordonnance du 14 septembre 1846, sous la Monarchie de Juillet. Sa dénomination rend hommage à Henri d'Orléans (1822-1891), duc d'Aumale et cinquième fils du souverain Louis-Philippe. Entre la rue Saint-Georges et la rue de La Rochefoucauld, trois hommes d'affaires, Messieurs Chevreu, Marcel et Pazzis, lotissent cette nouvelle voie, développée sur des terrains de l'ancien domaine de l'Abbaye de Montmartre et les vestiges du jardin associé à un hôtel particulier rue de La Rochefoucauld, un temps propriété du comte de Watteville. 

Son urbanisation se poursuit jusqu'en 1864. M. de Pazzis, l’un des concessionnaires, est tenu d'aménager en 1846, sur sa propriété un passage long de 49,5 mètres et large de 12 mètres, nécessaire au prolongement de la rue des Trois-Frères, aujourd’hui rue Taitbout, à travers la cité des Trois Frères acquise par la comédienne Mlle Mars en 1822. 



Percée entre le quartier de la Nouvelle Athènes et le quartier Saint-Georges, la rue d'Aumale attire artistes et intellectuels, à l'instar du compositeur Richard Wagner (1813-1883), l'historien François-Auguste Mignet (1796-1884), la créatrice de bijoux Suzanne Belperron (1900-1983).

L'homogénéité des gabarits confèrent une cohérence esthétique, à l'ensemble du bâti marqué par une variété formelle, néo-Renaissance, néo-Louis XIII, néo-gothique, rocaille et des proportions résidentielles. La diversité des constructions témoigne d'un vocabulaire plastique inspiré du classicisme et de périodes telles que le XVe, le XVIe, le XVIIe siècles.

Immeuble 23 rue d'Aumale - Paris 9
Métro Saint Georges ligne 12



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.