vendredi 6 septembre 2019

Paris : Fontaine monumentale du parc de la Butte du Chapeau Rouge et statue d'Eve par Raymond Couvègnes - XIXème



La Fontaine monumentale du parc de la Butte du Chapeau Rouge, située du côté du boulevard d’Algérie, a été réalisée par Léon Azéma (1888-1978), architecte en charge de l’aménagement de ce jardin public qui sera inauguré en 1939. Le buffet d’eau déployé en bassins étagés, gradins de briques rouges rutilants sous le soleil, est surplombé d’une statue signée Raymond Couvègnes (1893-1985). Cette figure dite L’Accueil de Paris, Femme au bain ou encore Eve a été commandée par la Ville au sculpteur le 18 juillet 1938. A cette occasion, l’artiste a repris pour modèle un original dévoilé lors de l’Exposition des Arts et techniques de 1937. Ce grand moulage, probablement en plâtre, décorait alors la porte Delessert au Trocadéro. La réplique en pierre destinée au parc de la Butte du Chapeau Rouge préside désormais aux destinées aquatiques de l’ensemble.











Au début du XXème siècle, une ancienne guinguette à succès plantée sur une colline de la commune du Pré-Saint-Gervais transmet son nom au lieu-dit de la Butte du Chapeau Rouge. A partir de 1910, ce dernier devient le rendez-vous de manifestations pacifiques où syndicats et mouvements politiques de gauche se retrouvent. Le 25 mai 1913, Jean Jaurès y prononce son discours contre la loi des trois ans tendant à allonger d’une année le service militaire. 

Au lendemain de la Grande Guerre, la suppression des fortifications de Paris et la progressive désindustrialisation donne naissance à de nouveaux quartiers d’habitation et d’espaces verts associés. Le futur parc de la Butte du Chapeau Rouge se trouve alors sur la zone non aedificandi de l’ancien mur d’octroi. Léon Azéma, architecte notamment du Palais de Chaillot pour l’Exposition universelle de 1937 en collaboration avec Jacques Carlu et Louis-Hippolyte Boileau, imagine le nouveau jardin dans un style néoclassique caractéristique des années 1930. L’esthétique de la fontaine monumentale en briques rouges illustre le vocabulaire plastique qu’il applique à l’ensemble.


Eve de Raymond Couvègnes - Porte Delessert
Exposition universelle de 1937


Avec ses courbes qui ne sont pas sans faire penser aux œuvres de Maillol, l’Eve exécutée par Raymond Couvègnes trouve naturellement sa place au sommet du buffet d’eau. Le sculpteur entame sa formation à l’école des arts appliqués Bernard Palissy avant d’intègrer les Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Jean-Antoine Injalbert (1845-1933). Là, il développe ses deux techniques fétiches, la taille directe et le moulage en ciment. Couvègnes obtient le Grand prix de Rome en 1927 pour un haut-relief L’invention de la corne d’abondance.  

Au lendemain de la Première Guerre Mondiale, il reçoit de nombreuses commandes officielles. Le sculpteur réalise les décors de nombreuses églises et hôtels de ville dans le Nord de la France. Il signe des monuments commémoratifs en pierre en province comme à Paris où il réalise notamment pour le Palais de la découverte un buste de Pierre Curie, pour le Collège de France des statues de Claude Bernard ou encore pour la Cité universitaire une statue de la Reine Astrid. 







Après la Seconde Guerre Mondiale, Couvègnes dessine des médailles. Engagé par Electricité de France, il est chargé de décorer des centrales électriques et hydrauliques. Jusqu’à la fin de sa vie, il consacre une grande partie de son temps à la transmission et à l’enseignement. 

Fontaine monumentale du parc de la Butte du Chapeau Rouge et Eve de Raymond Couvègnes
Accès 5-11 boulevard d’Algérie - Paris 19

Bibliographie
Paris de fontaine en fontaine - Jacques Barozzi
Guide des statues de Paris - Georges Poisson - Les guides visuels Hazan

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