Les Remparts d'Avignon, édifiés au XIVe siècle à l'initiative du pape Innocent VI en remplacement d'une muraille antérieure, témoignent de l'histoire de la ville et de la région. Classés au patrimoine mondial de l'Unesco, à l'instar de tout le centre-ville historique, en 1995, il s'agit de l'une des rares enceintes médiévales en France conservée dans son intégralité. Aujourd'hui, cet héritage fragilisé par les siècles se trouve au centre des enjeux de préservation du patrimoine. En 2025, à la suite d'un effondrement important de créneaux, la ville d'Avignon initie un programme de restauration décennal.
Édifiée au Ier siècle, l'enceinte romaine est considérée comme la première enceinte défensive d'Avignon. Son tracé exact, probablement rectangulaire selon les normes de cette époque, demeure hypothétique en absence d'éléments tangibles. Ces remparts originels posent les bases des futures fortifications. Au XIIe siècle, la ville est ceinte d'une double muraille avec fossés.
En 1226, les troupes du roi de France Louis VIII assiègent Avignon. La cité capitule au bout de trois mois. Les structures défensives sont abattues, les fossés comblés avec interdiction de reconstruction durant cinq ans. Entre 1234 et 1237, un nouveau rempart voit le jour. Il englobe un périmètre plus important, prolongeant le chantier jusqu'en 1248.
Trente-trois grandes tours intégrées à la muraille et un châtelet, scandent les remparts hauts de 8 mètres. À l'origine, poste d'observation, elles permettent également d'héberger les garnisons et de stocker l'armement.e L Châtelet à l'entrée du pont Saint-Bénézet, le célèbre pont d'Avignon, a été reconstruit en 1414. Cinquante-six échauguettes - cinquante-cinq demeurent aujourd'hui - tourelles intermédiaires développées sur un plan carré ou rectangulaire, scandent le chemin de ronde 4km de long, 1,5 mètres de large.
L'enceinte surmontée de créneaux et machicoulis suspend son tracé sur 270 mètres, portion intégrée à la falaise du rocher des Doms. La roche est aménagée dans la continuité du système défensif. Ces aménagements disparaissent en partie au XVIIIe siècle lors de l'aménagement des voies sur les berges du Rhône. En 1974, la création du parking du Palais des Papes, entraîne le percement d'une nouvelle porte à travers le rocher des Doms.
Au pied des remparts, les eaux de la Sorgue et de la Durançole alimentent de larges fossés, profonds de quatre mètres. Les sept entrées de la ville sont précédées d'un pont-levis. Les portes, intégrées à des tours défensives, sont renforcées par des ventaux de bois bardés de fer.
La guerre de Cent Ans (1337-1453), qui oppose le royaume d'Angleterre de la dynastie Plantagenêt et le royaume de France de la dynastie des Valois marque profondément la Provence. Lors des trêves successives, les Compagnies, troupes de mercenaires affiliées aux Anglais, rançonnent et pillent la région. En 1359, les nouveaux remparts d'Avignon ne sont toujours pas achevés. À défaut, les anciennes portes font l'objet d'un renforcement et joue le rôle d'une deuxième ligne de défense.
Au XVe siècle, trois tours semi-circulaires, sur un plan en fer à cheval, entre la Porte du Rhône et la Porte Saint-Dominique et une polygonale s'ajoutent aux infrastructures, adaptation architecturale aux progrès de l'armement notamment la généralisation des canons.
Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.


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