Ailleurs : Vestiges du Pont Saint Bénezet, le célèbre Pont d'Avignon de la comptine enfantine

 

Le Pont d'Avignon, Pont Saint Bénezet, doit sa renommée internationale à une comptine. La chanson originelle est composée par Adolphe Adam (1803-1856), pour "Le Sourd ou l'Auberge pleine" (1853), présenté à l'Opéra-Comique. Elle est reprise en 1876 dans l'opérette "Sur le pont d'Avignon" jouée aux Bouffes Parisiens. Ainsi popularisé, l'air devient ronde enfantine pour traverser les cours d'écoles et les générations.

Si l'ouvrage accueille aujourd'hui, 300 000 visiteurs par an, du Pont Saint Bénezet du XIIe siècle ne demeurent que des vestiges : quatre arches, deux chapelles, Saint Bénezet et Saint Nicolas, et sur la rive côté Villeneuve-lès-Avignon, la Tour Philippe le Bel. La construction originelle, lancée entre les deux rives du Rhône, se compose de vingt-deux arches, formées de quatre voussoirs indépendants. Édifié entre 1177 et 1185, le pont court alors sur 920 mètres de long et 4 de large. Il ne mesure plus que 160 mètres. Son plan en ligne coudée, similaire à celui du pont du Gard, doit lui permettre de résister aux flots tumultueux du Rhône. Au fil des siècles, le pont se fragilise et s'effondre partiellement à plusieurs reprises. Restauré, reconstruit, renforcé, malgré les chantiers multiples et les progrès techniques, sa solidité est mise en péril. Inutilisable à partir des années 1660, il se voit remplacer par les services de traversée sur barges. 






La construction du Pont d'Avignon au XIIe siècle est entourée d'une légende. Bénezet, quinze ans, pâtre du Vivarais, se voit ordonner par des voix célestes de construire un pont. Les édiles d'Avignon ne prennent pas au sérieux le jeune berger qui requiert leur aide. Pour les convaincre de sa mission divine, celui-ci se saisit d'un bloc de pierre, si lourd que des dizaines d'hommes n'auraient pu le soulever, et le déplace sur la rive du fleuve, première pierre de l'ouvrage à venir. 

Selon toute vraisemblance, Bénezet aurait été un moine, fondateur d'un ordre de frères pontifes, dont la mission consistait à quêter afin de réunir les fonds nécessaires à la construction de ponts, œuvre pieuse au Moyen-Âge. Construit entre 1177 et 1185, l'ouvrage est confronté rapidement à la violence des eaux tumultueuses du Rhône. Elles auront raison de sa pérennité. La chapelle Saint Bénezet, édifiée au XIIe siècle sur le pont pour accueillir le tombeau du saint, offre un lieu de recueillement aux pèlerins. En 1670, à la suite de l'abandon du pont, les reliques seront transférées au couvent des Célestins puis dispersées à la Restauration. Aujourd'hui, une partie est conservée à la Collégiale Saint Didier d'Avignon et à la Cathédrale Notre Dame des Doms. 







Dès son ouverture en 1185, le Pont Saint Bénezet, le seul entre Lyon et la Méditerranée, devient une étape incontournable de l'itinéraire de pèlerinage entre l'Italie et l'Espagne, également une voie commerciale. Pourtant l'ouvrage s'avère trop étroit pour permettre la circulation des véhicules sur une double voie. Ainsi les marchandises continuent de traverser le Rhône sur des barges. 

Poste frontière entre l'État pontifical et le Royaume de France, le Pont Saint Bénezet permet le contrôle des flux, personnes et biens. Les autorités avignonnaises établissent un droit de péage, une obole, à partir de 1187. Trente mille usagers le traversent chaque année. Les sommes réunies par cet important trafic peinent pourtant à couvrir les frais d'entretien.  Au cours du XIIIe siècle, le pont endommagé par les crues du Rhône et les guerres est reconstruit à plusieurs reprises notamment en 1234 et 1237. Au XIVe siècle, neuf crues dévastatrices frappent la région. Les réparations sur le Pont Saint Bénezet grèvent les finances publiques. La crue de 1479, d'une rare violence, démolit deux arches qui sont relevées immédiatement. 






En 1603, une première arche s'effondre, suivie de trois autres en 1605. La reconstruction ne sera menée que vers 1628. Le pont rouvre à peine à la circulation quand deux nouvelles arches s'effondrent. En 1669, une crue puissante emporte plusieurs arches à la fois. Ne demeurent alors que les quatre qui nous sont parvenues. 

Un nouvel ouvrage annexe, chantier débute en 1806. Les travaux perturbés par les crues successives, il n'ouvre à la circulation qu'en 1819. L'actuel Pont Daladier en béton date de 1972 et le Pont de l'Europe, 1975. 

Pont d'Avignon Pont Saint Bénezet 
Boulevard du Rhône - 84000 Avignon
Horaires : Le Pont d'Avignon est ouvert tous les jours, toute l’année. Pour profiter pleinement de la visite, les dernières entrées se font 30min avant la fermeture. Du 1er au 4 janvier : 10h–18h / Du 5 janvier au 6 février : 10h–17h / Du 7 au 28 février : 10h–18h / Du 1er mars au 1er novembre : 9h–19h / Du 2 novembre au 18 décembre : 10h–17h / Du 19 au 31 décembre : 10h–18h
La réservation en ligne est recommandée 

Le parcours classique (seul, en couple ou en famille), se fait à l’aide d’un audioguide en 14 langues avec commentaire spécifique pour les enfants en français et en anglais.

Tarifs Pont d’Avignon seul
Tarif normal 5 €
Tarif réduit 4 €
Tarif scolaires 4 €

Tarifs Pont d’Avignon + Palais des Papes 
Tarif normal 17 €
Tarif réduit 13 €
Tarif enfant (8-17 ans) 9,50 €
Tarif scolaires (hors Grand Avignon) 9,50 €
Tarif famille — 2 adultes + 1 enfant (8-17 ans) 43,50 €
Tarif famille — 2 adultes + 2 enfants (8-17 ans) 53 €



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie.