Ailleurs : Maison Jean Vilar, la mémoire vivante du fondateur du Festival d'Avignon, un lieu d'exposition, de conservation et de recherche

 

La Maison Jean Vilar à Avignon a pour vocation la conservation et la recherche autour des fonds patrimoniaux, documents et archives personnelles de Jean Vilar (1912-1971), créateur du Festival d'Avignon en 1947, directeur du Théâtre National Populaire de 1951 à 1963. Le centre culturel est inauguré le 18 juillet 1979, au sein de l'Hôtel de Crochans, hôtel particulier du XVIIe siècle, classé à l'inventaire des Monuments historiques par arrêté du 4 octobre 1972.

Le parcours permanent "Présence Jean Vilar" s'inscrit dans une scénographie immersive ponctuée d'éléments extraits des archives du Festival d'Avignon et du TNP, costumes, décors. Un fonds dédié aux arts du spectacle, 30 000 livres et revues, 1100 vidéos, affiches et programmes, photographies, complète les collections. Placée sous l'égide de l'Association Jean Vilar, la Ville d'Avignon, le Ministère de la Culture et de la Communication, le Département des Arts et du Spectacle de la Bibliothèque Nationale de France, la Maison Jean Vilar est ouverte à tous les publics, chercheurs comme curieux. À travers sa mission de transmission et de rayonnement, l'institution s'attache à faire vivre une mémoire commune. Elle propose un riche programme évènementiel dédié aux arts de la scène, expositions temporaires, rencontres, ateliers, ainsi qu'une revue trimestrielle.




La Maison Jean Vilar a trouvé refuge au sein d'un site remarquable. L'Hôtel de Crochans voit le jour, à l'initiative de Louis Henri de Guyon, seigneur de Crochans, consulteur du Saint-Office, doyen de la Rote, sur les terrains libérés par la démolition, en 1671, d'une ancienne livrée cardinalice du XIVe siècle. Le nouvel hôtel particulier est édifié dans le style caractéristique du XVIIe siècle. 

Le fils aîné, maître de camp dans les armées royales, poursuit les travaux d'agrandissement et d'embellissement avec notamment la réalisation du portail remarquable par l'architecte et peintre Pierre Mignard II (1640-1725), inauguré le 1er juillet 1680. Le propriétaire s'attache à réunir l'ensemble des parcelles qui constituaient la livrée cardinalice originelle. Entre 1703 et 1735, le jardin est créé sur ces nouveaux terrains. 

À la Révolution, sous l'administration du district d'Avignon et du Conseil général du Vaucluse, l'Assemblée départementale y prend ses quartiers de 1791 à 1793, relayée par les archives et la bibliothèque départementales jusqu'en 1795. Des négociants avignonnais se portent acquéreur de l'Hôtel de Crochans en 1798. L'État rachète la propriété en 1823 pour y établir l'archevêché jusqu'en 1905, date de la loi de la séparation de l'Église et de l'État. L'Hôtel de Crochans fait l'objet d'une restauration d'envergure en 1874.



Au XXe siècle, la bâtisse désormais propriété du département du Vaucluse est vendue à la Mutualité sociale agricole, sécurité sociale du monde agricole, qui l'occupe à partir de 1955. En 1976, la Ville d'Avignon s'en rend propriétaire afin de créer le centre culturel Jean Vilar. Paul Puaux, plus proche collaborateur de Jean Vilar, successeur à la direction du Festival d'Avignon, à la tête duquel il demeure de 1971 à 1979, fonde l'Association jean Vilar reconnue d'intérêt général en 1972.

À la suite de la convention de 1977, signée entre la Ville d'Avignon, le Ministère de la Culture et de la Communication, la Bibliothèque nationale de France, l'Association Jean Vilar, le centre Culturel Jean Vilar devient Maison Jean Vilar. Les aménagements au sein de l'Hôtel de Crochans sont menés par l'architecte Jacques Bosson.

Lieu d'exposition, d'archives et de recherches, espace de rencontres et d'événements variés, elle est inaugurée en 1979. L'Hôtel de Crochans abrite la Maison Jean Vilar, les services administratifs du Festival d'Avignon et le Conseil culturel. Un important chantier de mise aux normes est mené de septembre 2020 à mars 2022.

Maison Jean Vilar 
8 rue de Mons - 84000 Avignon
Tél :  +33 4 90 86 59 64



Caroline Hauer, journaliste depuis le début des années 2000, a vécu à Londres, Berlin et Rome. De retour à Paris, son port d’attache, sa ville de prédilection, elle crée en 2011 un site culturel, prémices d’une nouvelle expérience en ligne. Cette première aventure s'achève en 2015. Elle fonde en 2016 le magazine Paris la douce, webzine dédié à la culture. Directrice de la publication, rédactrice en chef et ponctuellement photographe de la revue, elle signe des articles au sujet de l’art, du patrimoine, de la littérature, du théâtre, de la gastronomie. 

Bibliographie